
Envoyé par
schmurtz
Le post de Forex Boy me donne l'occasion (depuis le temps que je lis les posts de ce forum) de me présenter à mon tour et de participer à ces échanges somme toute chaleureux et d'en rassurer (je l'espère) certains.
Au passage, merci Edellion pour ce site... inattendu dans un univers où le "job" consiste à empocher l'argent de ceux qui, en fait, font le même que nous...
Je me reconnais tout à fait à travers ce que tu viens d'écrire, Forex Boy.
Pour ma part, j'ai 46 ans. Apprenti forex trader depuis un peu plus de 2 ans.
Je ne compte plus les fois où je me suis fait éjecter du marché avec de petits comptes réels et démos. Sentiment d'injustice, d'impuissance, de colère, de dépit. Je crois que je suis passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel.
J'ai tout arrêté. Mais je suis revenu. Chaque fois. Moi aussi je n'étais pas destiné à m'intéresser au domaine de l'argent. J'étais créatif dans la communication. Rien à voir... « j'aurais voulu être un artiste »… ;-)
L'argent se paie au prix fort. Je l'ai douloureusement appris. Mais Dieu que c'est bon d'en avoir :-))
Maintenant, j'en suis à un stade où le trading est presque exclusivement psychologique. J'éprouve encore des difficultés à coordonner la pensée analytique et l'action pragmatique du trader valeureux qui arrête de "se prendre la tête" et qui AGIT. La fameuse "paralysie" face au risque. Le doute. La peur de l’échec. Ha ! L’échec !... La volonté d'avoir raison. Ha ! L’orgueil !... L'impatience que succite la facilité apparente de ce travail : je clique et hop j'empoche. Quoi de plus simple au fond ? Ha ! La cupidité !... Le trading est notre miroir, c’est un écran noir ou en couleur où on se fait son cinéma.
J’allais oublier la crainte de la vaguelette (oups, je suis mouillé) insignifiante face à ces vagues (parfois scélérates, il faut bien le dire) qui font la fortune des meilleurs ! (confère GBPUSD d’hier… superbe vague de 400 pips ! Je gonffffle et je m’effondrrrre ! Un grand classique d’émotion humaine).
Bref. Si j'avais réussi à attraper tous les mouvements que je comprenais et/ou que je pressentais, aujourd'hui je ne me ferais plus de souci pour mon avenir.
Le trading est une activité résolument contre-nature. Comment gérer l'incertitude. Et l’incertitude nous ramène à nos peurs fondamentales. Immanquablement. A mes yeux, le trading est comparable à un saut à l'élastique financier. Je dois lâcher prise sur une réalité qui je ne contrôle pas. Calculer les risques de collision avec le sol afin de m’éjecter à temps si besoin est. Mais au fait, de combien est la longueur de l’élastique ? C'est aussi un rodéo. Je dois chevaucher la bête, sentir son humeur, ses émotions, sa force, ses hésitations et ne jamais oublier que c'est elle qui décide. Pas moi. Et là, moi, j'ai du mal à l'accepter.
Je n’oublie pas cependant qu’un nombre important de grands traders se sont initialement ruinés, parfois plusieurs fois, qu’ils ont mis plusieurs années (2, 3 voire 10 ans) à se révéler à eux-mêmes, qu’ils ont souvent horreur du risque, qu’ils s’imposent un entraînement intensif, qu’ils font de vraies pauses et qu’ils savent rester humbles et disent « Merci ».
Moi aussi, j’ai flotté, à demi-mort moralement avec l’envie de tout envoyer promener. D’ailleurs, il m’est arrivé de le faire. Mais j’essaie de ne pas oublier que perdre des batailles n’est pas perdre la guerre. Alors je suis revenu car même s’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, je me dis « Pourquoi pas moi ? »
Et puis de toute façon, comme le chante Polnareff, « On ira tous au paradis », qu’on se le dise.
Bon courage à nous tous et merci à ceux qui, aguerris, ont la gentillesse et la simplicité de partager un peu de leur savoir-faire…
A bientôt pour d’autres échanges…
Cordialement,
Schmurtz