Bonjour à tous,
Comme je n'ai pas peur du ridicule, et que mes conneries vous font marrer, je vais vous raconter un truc dingue et véridique qui m'est arrivé il y a de cela quelques semaines.
Mes proches qui me connaissent bien, savent que je suis un habitué des R.E.C.T.P.A. (Réactions-en-chaines-qu'on-ne-trouve-pas ailleurs...) Phénomènes improbables dus, je ne sais pas, peut-être à un micro-climat ou bien à quelques esprits farceurs errants dans ma maison, bref, le mystère est encore entier et l'origine toujours inconnue.
La journée avait bien commencé, le marché était en place depuis l'ouverture de Londres et j'avais déjà réussi à piéger quelques pips imprudents.
Des nouvelles importantes allaient tomber dans les cinq minutes et je me préparais à positionner un Sell-stop pour récolter quelques pips de plus tout en buvant un café brulant comme je les aime.
Pour vous situer l'univers dans lequel je trade, je dois vous dire que, par moments, je me prends pour un bricoleur génial :
J'ai réussi, tenez-vous bien, à faire tenir sur la même tablette fixée au meuble vertical de l'ordi, le clavier, la souris, le pot de crayons, le verre qui contient les petites cuillères pour le café, le pot de sucres en verre, les post-it, la calculette enfin tout ce qui m'est indispensable et superflu.
Cette tablette a été vissée (à ma façon avec le plus grand soin.)
Figaro, mon chat, dormait tranquillement sur une chaise à un mètre de moi. Cet imbécile de matou m'aide beaucoup dans les moments de stress. Je le prends sur mes genoux et contre quelques carresses, il me redonne en échange le calme que j'ai tendance à perdre quelquefois.
Tranquille et calme était ma maison,trop calme... j'entendais juste le sifflement intermittent du fer à vapeur que ma femme utilisait dans la chambre à coté.
Oui, trop calme... Car, au moment ou j'allait régler mon stoploss la souris dans la main droite et le café dans l'autre,
Ce con de chat sauta de sa chaise pour m'atterrir non pas sur les genoux mais un peu plus haut, juste à l'endroit ou tout homme y calfeutre sa fierté (!)
AHOOOOO !!!!
Surpris par l'intrusion, je fais un mouvement brusque et renverse le café sur le chat qui bondit en gueulant sur ma fameuse tablette. Sous le
poids du crétin poilu, les quatre vis cèdent et mon invention s'écroule entrainant avec elle, le pot de sucre qui explose au contact du carrelage, les crayons qui se répandent et roulent sur le sol, le clavier, les post-it, et une tonne de choses indispensables et indescriptibles.
"Bordel de M...de !!!" Fais-je à mon tour, "connard de chat !!!"
Alertée et paniquée par le bruit effroyable et les deux hurlements, ma femme laisse son ouvrage et se précipite en courant, ne prenant pas garde au crayons jonchants le sol. Ce qui devait arriver, bien sur, arriva. Elle entrepris une glissade suivie d'un salto arrière digne de Surya Bonaly, qui la fit atterrir lourdement sur la partie la plus charnue de son anatomie.
Immédiatement, elle participa elle aussi au concours de hurlements organisé par le chat qui lui, avait déjà disparu en lâche, pour se réfugier certainement sous le lit.
"M...de !!!" criait ma femme. ( oui, on utilise beaucoup ce mot chez nous )
"Je me suis cassé le cul ! Je me suis cassé le cul avec tes conneries !"
Elle était à présent allongée, penchée sur le coté, se frottant les fesses avec vigueur et c'est à ce moment que je vis qu'à chaque endroit que sa main salvatrice visitait, une trace rougeatre apparaissait. Son superbe pantalon, payé une fortune la semaine précédente, était en train de se maculer du sang coulant de sa main qui, dans la chute, avait écrasé un bout de verre du sucrier.
"ARRETE !!!" Criais-je
_ "Arrête quoi ?"
"Arrête de te frotter !"
_" Arrêter de me frotter ! Ca va pas non ? J'ai quand même le droit de me frotter quand même !"
Un grand moment de solitude suivit ce dialogue improbable... Et c'est au moment ou je me levais pour porter secours à ma compagne d'infortune, que mon regard croisa l'écran rescapé du séisme. Une chose attira mon attention et me glaça instantanément le sang : Une petite ligne verte était apparue sur le graphique à la place de la fenêtre d'ordre...
Un Buy immédiat avait été lancé à la place du Sell-stop prévu, ceci sans aucun stoploss, et à trente secondes des news...
"Ma souris ! " hurlais-je "ou est ma p....n de souris"
Je ne vous raconte pas le regard effaré de ma femme à ce moment là, voyant son mari bien aimé chercher sa souris alors qu'elle, la pauvre, était encore allongée dans un amoncellement de débrits, s'étant appercue qu'elle perdait du sang, sans compter la douleur qui lui taraudait un endroit dont elle n'est pas peu fière.
_ "mais t'es dingue toi !" me cria-t-elle
"Attend une minute, je t'expliquerai!" bredouillais-je
Je retrouvais bientôt ma jolie souris, la posais sur le bout de planche qui restait de mon montage et cherchais à faire bouger la flêche sur mon écran afin de couper l'ordre.
A ce moment, comme prévu, la ligne de prix fut prise de soubresauts et commença à descendre à la vitesse grand V, les
news étaient parues...
Je raclais nerveusement la souris sur le bout de tablette mais la flêche restait immobile.
" M.... ! Qu'est-ce qui se passe ?!"...
"Pu...n ! Veut pas bouger !"....
"Le clavier !"
Je ramasse le clavier sans fil tombé à mes pieds, et m'apperçoit que le problème vient du manque de piles qui ont été éjectées dans la chute. Pas de piles
donc pas de communication entre clavier, souris et pc.
" Les piles ! Les piles !" Je crie.
Ma femme ne dit plus rien, ne fait plus rien, je ne sais même pas si elle respire encore. Elle a la bouche ouverte. Je sens tout de même son regard lourd, si lourd, peser sur moi.
Toute ma vie défile devant mes yeux, j'ai comme un avant gout de la mort.
Que fais-je ? Suis-je un monstre ? Que dois-je faire ? Aller au secours de ma femme ou sauver mon compte ?
Tant pis ! La raison sentimentale l'emporte (ou la peur des représailles) et je décide de venir en aide à la femme de ma vie. De rage, je coupe le moniteur d'un coup de poing, je ne veux pas voir le pétage de mon compte en direct-live...
Je m'agenouille tel le chevalier servant près de ma femme, susurrant un hésitant: "Euhh... Excuse moi... T'as mal ???"
Elle, la bouche toujours ouverte, les yeux exorbités, est comme figée. Elle réussit quand même à me sortir un :
_" mais t'es complètement taré comme mec !"
Je réponds :" ouai, c'est vrai, je t'expliquerai. Ca va ? T'as pas trop mal ?"
Je l'aide à se relever, la douleur s'est un peu estompée, et je la conduis vers la salle de bains, face à la chambre, avec l'intention de désinfecter la
plaie qu'elle a à la main. Je lui dois bien ça tout de même.
Et là, Misère !!!!!! Que voit-on ?!!!
Une épaisse fumée sort par la porte ouverte de la chambre. Je lâche encore ma femme et me précipite.
Horreur !!! Retour vers l'enfer !
Le fer lâché précipitamment, a profité de notre petit intermède acrobatique, pour passer à travers une de mes plus belles chemises et commence à attaquer rageusement la table.
Je crie : "Ca crâme ! vite ! De l'eau !"
Je débranche le fer et sors en trombe de la chambre en bousculant ma femme qui manque de peu le vase perché sur le guéridon du couloir et faillit à nouveau retrouver la froideur du carrelage.
Je prends le vase rescapé, arrache les fleurs, les jette à terre, reviens dans la chambre et arrose copieusement la table à repasser et tout ce qui s'y trouve, évidemment au dessous et à coté.
En fait, ce geste démesuré n'était pas nécessaire vu qu'il n'y avait pas de flammes.
Ce geste, je le regretterai même plus tard car, la cendre accumulée à
l'endroit ou le fer avait fait son oeuvre, se transforma en bouillie noirâtre qui fut aspergée sur une bonne partie des vêtements propres et fraichement repassés.
Ma femme se tenait dans l'entrebaillement de la porte, la bouche ouverte à nouveau. La couleur de son visage avait des reflets verdâtres.
Nos regards se croisèrent et je lui dit, sans ciller, droit dans les yeux, cette grande et belle phrase rassurante que toute femme aime à entendre :
" Ca y est ! C'est fini ! Ne t'inquiette pas ma Chérie... Je Maitrise !"
Epilogue
La vie normale a refait sont apparition depuis, dans notre calme maison.
La coupure fut désinfectée et nulle cicatrice n'est visible dans la main de ma femme.
L'énorme bleu lui décorant les fesses, a disparu lui aussi, après être passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel.
L'imbécile de chat, à l'heure ou je vous conte cette anecdote, est endormi sur sa chaise à deux mètres de moi sans aucune trace de brûlure.
Une nouvelle tablette a remplacé l'autre, explosée. Un superbe sucrier en métal y trône sur la droite.
Le pantalon, ma chemise et la table à repasser ont terminé à la poubelle.
La semelle du fer a été remplacée.
...
Ah oui ! Le trade ! J'oubliais !
Après avoir récupéré les piles du clavier dans le capharnaum, je rallumais le moniteur et quelle ne fut pas ma surprise en constatant que la courbe, après être descendue comme je l'avais prévu, avait décidé de s'inverser violemment faisant grimper mon compte de 47 pips.
Je coupais immédiatement cette position gagnante !
Assez d'adrénaline pour aujourd'hui !
Stendhal
P.S : Toutes les nuits, une question me turlupine pourtant l'esprit : Est-ce moi ou bien le chat qui a passé l'ordre d'a-CHAT ?......
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Répondre avec citation

eh oui le trading peut s'avérer être très sportif, ces péripéties nous démontrent jusqu'à quel point il nous est nécessaire de maîtriser le stress dans la situation...