Les données de l’inflation chinoise dissipent les espoirs de baisse des taux
Dans un grand espoir que les responsables politiques chinois autorisent un nouvel assouplissement des conditions financières, l'inflation en glissement annuel pour janvier est passée à 4,5%, contre 4,1% le dernier mois de 2011 et bien au-dessus des attentes. Au cours du seul mois de janvier, les prix étaient en hausse de 1,5%, ce qui représente la plus forte hausse mensuelle depuis 2008. Une partie de l'explication pour cette hausse du taux de croissance des prix réside dans la distorsion de la nouvelle année chinoise, laquelle déclenche souvent une forte augmentation des dépenses. Même ainsi, ce qui inquiétera davantage les décideurs politiques est que les dépenses de consommation sont encore très fortes, en dépit d'un régime d’austérité ferme pour les dix-huit derniers mois. La croissance des salaires en Chine reste élevée - l'an dernier le revenu disponible réel a augmenté d'environ 10% (en contraste avec la baisse des revenus réels dans la plupart des grandes économies avancées !). En outre, le gouvernement est en train d’élever le salaire minimum de 13% par an jusqu'en 2015. Bien que la croissance des salaires soit toujours un problème, le ralentissement du taux de croissance des prix des biens à la sortie d'usine satisferont les responsables politiques. En janvier, l'inflation des prix à la production a faibli de seulement 0,7% en glissement annuel, depuis les 1,7% du mois précédent. Cette évolution suggère que nous pourrions voir l'inflation à la consommation ralentir dans les prochains mois. Pour l'instant cependant, Pékin reste prudent quant à un assouplissement trop rapide de la politique monétaire, en dépit d'une baisse marquée des prix immobiliers. Les baisses de taux d'intérêt sont définitivement hors l'ordre du jour pour l'instant et les réserves obligatoires des banques seront réduites au fil du temps, mais seulement progressivement. A juste titre, les autorités chinoises ont toujours peur d’un retour potentiel de l'inflation.
Commentaire
La saga grecque continuera au-delà de l’accord.
Encore une fois hier, les marchés divergeaient vis-à-vis de la Grèce entre la fascination et la frustration, mais même si les rumeurs positives que nous avons entendu se concrétisent (l’accord sur l'austérité et le partage du fardeau avec la BCE), il est difficile de voir la Grèce disparaitre de la une des journaux. Il y eu un point intéressant dans le FT Allemand qui suggérait que seuls 30 milliards d’EUR du second programme d’aide de 130 milliards d’EUR seront débloqués, le reste étant soumis à un vote parlementaire en Allemagne. Ceci est en partie une histoire, mais en partie seulement. Souvenez-vous que l'UE et le FMI ont toujours payé l’aide à la Grèce en plusieurs versements. Jusqu'à présent, six ont été payés, avec le plus important d'entre eux étant le versement initial de 20 milliards d’EUR en mai 2010. Ainsi, 30 milliards d’EUR représenterait le plus grand paiement unique à ce jour, avec les tranches ultérieures dépendant de la capacité de la Grèce à satisfaire aux mesures d'austérité et autres énoncées par l'UE et le FMI. Mais le fait que l'Allemagne veuille imposer des contrôles plus soutenus sur les dépenses restantes rendront une fois de plus le processus encore plus douloureux pour assurer le financement futur de la Grèce. Le paiement de la fin novembre (8 milliards d’EUR) a été retardé pendant des semaines; celui-ci semble aller vers un aboutissement et, si la position de l'Allemagne se révèle être comme suggérée hier dans le FT Allemand, les décaissements futurs pourraient s’avérer être encore une plus longue affaire. Si un accord est conclu aujourd'hui (un grand « si », comme d'habitude) et que les histoires sur les dépréciations de la BCE s’avèrent être vraies, alors il ne fait aucun doute que les marchés pousseront un soupir de soulagement collectif. Mais ne vous attendez pas à ce que ce soit la fin de l'odyssée de la Grèce, puisque le pays continue à vivre au jour le jour de l’aide de l'UE et du FMI.
La BCE va gagner du temps aujourd’hui.
Lorsque la BCE se réunira aujourd’hui, il est probable que la politique monétaire soit une question secondaire par rapport à la liquidité des banques et, très probablement, par rapport au sort des avoirs de la BCE sur la dette grecque. Les deux premières questions sont liées, bien que la BCE ait déjà tenu à séparer l’apport de liquidité de la politique monétaire, le fait est que l’adjudication à 3 ans de décembre a permis aux taux d'intérêt overnight de chuter sensiblement. Les taux overnight sont actuellement tradés à environ 60pb en deçà du taux refi de 1%, une remise similaire à celle en vigueur dans la première partie de 2010, lorsque l’accord de rachat à 1 an de la BCE était encore en cours. Pourtant, en termes de coûts de financement pour le système bancaire cela importe moins aujourd'hui, étant donné que plus de banques se procurent des fonds auprès de la BCE plutôt que sur le marché, cet argent étant rémunéré à la moyenne des taux refi en vigueur. Ce qui aura davantage d’intérêt sera la position de la BCE sur ses avoirs substantiels en obligations grecques (autour de 40 milliards d’EUR), compte tenu des négociations d'hier et des commentaires du Wall Street Journal sur le fait que la BCE cherche peut-être à transférer ses avoirs au FESF. Si cela arrive, nul doute que certains pourront critiquer violemment la BCE pour avoir changé sa position d’alors de ne pas participer à un quelconque accord de restructuration. Mais, comme nous l'écrivions la semaine dernière dans notre blog (‘La BCE va devoir céder sur la Grèce’), la BCE est en train de prendre la bonne décision et Draghi adopte une approche plus pragmatique que son prédécesseur. Cela est essentiel pour une banque centrale et une union monétaire qui traversent toutes deux une crise pour laquelle elles n’étaient pas équipées pour y faire face. Les marchés sont susceptibles d'accueillir positivement cette approche. Concernant l'économie, la BCE est susceptible de réitérer sa position du mois dernier, à savoir que tandis que des risques subsistent, il y a des signes de stabilisation globale. Cela devrait supporter sa décision de maintenir les taux stables et d’attendre le résultat de la seconde opération de refinancement à 3 ans à la fin du mois. Le succès ou l'échec de celle-ci sera crucial dans la détermination de la mesure dans laquelle le ton plus optimiste des marchés perdurera jusqu'à la fin du trimestre en cours.
Probablement plus d’assouplissement quantitatif de la part de la BoE.
Avant la BCE, la Banque d'Angleterre annoncera les résultats de sa dernière réunion politique. Ceci est crucial pour deux raisons. Tout d'abord, c'est un mois pendent lequel aura lieu le rapport sur l'inflation et historiquement, les annonces politiques ont été plus fortement concentrées au cours de ces mois (février, mai, août et décembre). Deuxièmement, son programme d'assouplissement quantitatif annoncé en octobre l'année dernière a pris fin et la Banque doit se poser la question de savoir si elle doit continuer. Nous pensons que cela est plus probable qu'improbable, mais seulement pour 50 milliards de livres sterling d'achats d'obligations tout au plus. La Banque se concentre sur l'achat d'obligations du gouvernement du Royaume-Uni et cela rend le programme plus limité, en contraste avec les programmes d’injections de liquidités de la FED ou de la BCE. Cela dit, la faiblesse récente de l'économie (en baisse de 0,2% au dernier trimestre de l'an dernier) combinée à certains meilleurs indicateurs concernant les prévisions d'inflation suggèrent que la Banque prévoit un assouplissement modeste de la politique. Il est également intéressant de noter que tandis que les marchés EUR ont bénéficié de davantage d'injections de liquidités substantielles de la BCE, ce ne fut pas le cas pour les marchés sterling et cela a été évident sur les marchés monétaires. Nous ne prévoyons pas de nouvelles initiatives de la Banque d'Angleterre sur cet aspect, mais c'est un point important à garder à l'esprit, d'autant plus que les banques britanniques ont leur propre remboursement à faire cette année (140 milliards de GBP de financement à court terme arrivent à échéance cette année).
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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