La Grèce : principale zone d'ombre de ce début d'année




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Marchés actions :
Cette semaine, la tendance des marchés a été essentiellement haussière après une chute rapide en début de semaine. Les opérateurs sont restés très attentifs à l'évolution des négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers privés, tout en surveillant la macro économie américaine et asiatique. Les deux plus grosses économies mondiales ont donné des signes encourageants de reprise économique, tandis que l'Europe a mis en place des traités lui assurant plus de stabilité dans le futur.



Sur le front européen, le dossier grec est toujours au centre des attentions : les marchés attendent que le pays réussisse à trouver un accord avec les membres du secteur privé sur la décote de sa dette. Bien que les différents participants aux discussions aient assuré à de multiples reprises que les négociations seraient rapidement achevées, le pays n'a toujours pas trouvé un accord tangible. La Grèce est à quelques semaines de la date limite pour le paiement de ses dettes et la manière dont elles seront restructurées n'est toujours pas claire. Pour l'instant, Charles Dallara et le gouvernement négocient sur un accord qui comprendrait une réduction de 50% de la valeur nominale des créances, un coupon inférieur à 4% sur les nouvelles obligations dont 15% de la valeur serait garanti en euro. Si ce scénario est le plus probable, ce n'est pas le seul possible, car l'accord doit aussi satisfaire l'Allemagne, le principal créancier européen de la Grèce. La portée des discussions en Grèce va en réalité au-delà de la simple restructuration. Elles constituent depuis toujours un débat sur la manière de rétablir l'économie grecque. Or, là où l'Allemagne est convaincu qu'il faut passer par une cure inouïe d'austérité, le FMI est persuadé que cette méthode « tuera » la Grèce et que seule une réduction massive de la dette grecque pourra sauver le pays, une solution que l'Allemagne n'est pas prête d'accepter. Ceci explique le patinage des discussions et l'angoisse des marchés. Par ailleurs, les nouvelles macro-économiques européennes ne sont pas excellentes : la croissance française ne devrait pas excéder les 0,5% en 2012, faisant échapper le pays de peu à la récession, tandis que des Etats comme l'Espagne commencent à demander de l'aide aux institutions européennes afin de respecter leurs objectifs de réduction de déficit. Ces mauvaises nouvelles ont ralenti la progression des marchés mais d'autres évènements ont fait oublier aux opérateurs ces points noirs.



Un évènement majeur a eu lieu cette semaine : le sommet européen entre tous les ministres des finances qui ont finalisé les accords ébauchés en décembre dernier. Les pays de l'Union Européenne ont accepté des contrôles budgétaires plus sévères et l'apport d'un fonds de sauvetage permanent de 500 milliards d'euros pour une durée d'un an (le FESF). De plus, les dirigeants européens ont désormais bien compris les problèmes de l'Europe et sont en train d'apprendre de leurs erreurs plutôt que d'espérer que les turbulences s'en iront d'elles même. Cela signifie une plus grande compréhension et surtout plus d'actions coordonnées dans le futur. Cette prise de conscience générale est fortement appréciée des marchés qui se sont ancrés dans une solide tendance haussière une bonne partie de la semaine. Par ailleurs, la Chine envisage d'accroître ses investissements dans les fonds de sauvetage européen (le FESF et MES) afin d'aider à la lutte contre la crise de la dette. Tout renforcement du pare-feu sera bien accueilli par les marchés qui estiment depuis longtemps que 500 milliards ou même 1000 milliards d'euros ne seront pas suffisants si plusieurs grandes économies telles que l'Espagne et l'Italie venaient à faire défaut. Ensuite, si certains chiffres macro-économiques se sont avérés décevants, d'autres ont agréablement surpris les investisseurs, comme l'expansion de l'activité manufacturière allemande le mois dernier. Cette publication va de pair avec l'annonce de l'agence de notation Standard & Poor's qui a déclaré que l'Europe ne devrait plus être en récession en 2013, en affichant une croissance de 1%. Dans ce contexte, les marchés européens ont bien progressé sur la semaine : le CAC40 a pris 2,25%, le Dax30 2,62%, le Footsie 1,57% et l'Euro Stoxx 50 2,24%.



Outre-Atlantique les indices ont évolué en ordre dispersé cette semaine rythmés par des indicateurs économiques jugés décevants. Le Dow Jones des 30 valeurs vedettes a terminé par trois fois à la baisse. En rythme hebdomadaire, l'indice reste toutefois en territoire positif avec un gain de 0,36% à 12705,41 points avant la dernière séance de la semaine, décisive avec la publication des non farm payrolls (variation de l'emploi non agricole) et du taux de chômage sur le mois de janvier. Ces chiffres seront surveillés attentivement par les opérateurs. Du côté de l'indice technologique Nasdaq, la tendance est beaucoup plus positive avec une variation de près de 1,38% sur la semaine à 2859,68 points et quatre séances consécutives à la hausse. Les performances des valeurs technologiques sont très positives, le marché ayant terminé le mois de janvier sur sa meilleure progression depuis 2001 avec une hausse de plus de 8%. Cette tendance s'explique par la force des valeurs technologiques qui affichent des bilans financiers remarquables et des rentabilités au-dessus de la moyenne. L'intégration de Facebook dans les prochaines semaines démontre clairement l'engouement du grand public pour ces valeurs à fort rendement. Les valorisations restent globalement abordables avec un ratio PER de 13,6 fois les bénéfices. La bulle technologique des années 2000 semble bien loin et ces valeurs sont prisées notamment dans un cadre de diversification de portefeuille. L'indice élargie S&P 500 reste également bien orienté avec une performance de 0,70% depuis le début de la semaine à 1325,54 points. Malgré des incertitudes économiques, le S&P 500 semble s'orienter vers une tendance haussière avec la présence d'un signal technique pouvant augurer de bonnes perspectives pour les semaines à venir. En effet, la moyenne mobile à 50 jours vient de croiser à la hausse la moyenne mobile à 200 jours, l'objectif des 1400 points à court terme pourrait être atteint. La hausse des indice a été limitée par la publication de quelques indicateurs décevants : la croissance du PIB est ressortie inférieure aux prévisions des analystes à 2,8% contre 3,2% d'espéré. Ce ralentissement s'est accompagné d'une enquête ADP mitigée faisant état de plus de 170 000 créations de postes pour le mois de janvier, un chiffre inférieur aux 185 000 créations attendues à l'origine. En revanche,* l'activité manufacturière est toujours aussi robuste : l'ISM manufacturier atteint les 54,1 points, un chiffre meilleur que les 53,9 points du mois dernier. Ainsi sur la semaine, le Nasdaq Composite a avancé de 1,94% et le S&P 500 a pris 0,54%. Seul le Dow Jones affiche une variation négative de 0,23%.



Enfin coté asiatique,* les marchés ont évolué au gré des nouvelles américaines et européennes. Les actions chinoises ont tout de même bien progressé après que le premier ministre Wen Jiabao ait proposé plus de soutien aux PMEs. Les opérateurs ont aussi spéculé sur le fait que le gouvernement aidera les banques à obtenir davantage de capitaux. La croissance de l'activité manufacturière en début d'année a aussi montré que la deuxième plus grosse économie mondiale avait bien résisté aux baisses des exportations vers l'Europe (exportations amoindries par la crise). Dans ce contexte le Nikkei225 perd 0,11% sur la semaine tandis que le Hang Seng avance de 1,25%.



Forex :


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Sur le marché des changes,* l'euro et le dollar ont évolué sans véritable tendance et sont restées relativement stables par rapport à la majorité des devises.* L'incertitude entourant la dette grecque est à l'origine de cette inertie générale sur le marché des devises. Côté taux, on assiste à une détente importante des taux Euribor, signe d'un allègement des pressions sur le marché interbancaire. Outre-Atlantique, les investisseurs se préparent à la publication des chiffres de l'emploi de ce vendredi après une série d'annonces économiques en demi-teinte.



Au sein de la zone euro, les investisseurs sont restés prudents face au dossier grec qui évolue lentement et dont les réponses arrivent tardivement. Jusqu'à présent un seul élément de réponse est parvenu à la suite des négociations de cette semaine. On sait désormais que les créanciers privés se sont accordés sur une décote de plus de 70% de leurs créances grecques et sur un taux à 3,6% pour les obligations à 30 ans. Cependant, le marché semblait déjà avoir anticipé ces données. Un point d'interrogation subsiste toujours quant au rôle des acteurs du secteur public dont la BCE qui refuse catégoriquement une décote sur la dette grecque qu'elle détient en portefeuille. Les discussions se poursuivront dès lundi prochain lors d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe afin d'aborder les options disponibles pour la Grèce. En attendant, plusieurs incertitudes planent sur l'activité économique au sein de la zone euro qui montre d'importants signes de récession.* Mardi, les publications du taux de chômage en zone euro sont venues geler la confiance des investisseurs. En effet, la zone euro affiche un triste record : son taux de chômage a atteint 10,4%, son plus haut depuis juin 1998. Surtout, les publications ont mis en lumière les divergences économiques au sein de la zone euro. Alors que l'Espagne et la Grèce affichent un niveau de chômage sans précédent avec respectivement 23% et 20%, l'Allemagne connaît son niveau le plus faible depuis la réunification en 1990 avec un taux à 6,7%. Dans ce contexte de méfiance, la paire EUR/CHF est venue à plusieurs reprises tester les 1,20 franc suisse, point d'ancrage défendu par la Banque nationale suisse. Par ailleurs, la Belgique est la première économie de la zone euro à rentrer officiellement en récession après deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Les inquiétudes se tournent vers le Portugal qui pourrait rentrer en récession dès le premier trimestre. A ce titre, les taux portugais à deux ans se sont envolés à plus de 21% et constituent un niveau inédit, signe de tension autour du Portugal.



La bonne nouvelle vient du côté des taux d'intérêt qui se détendent de manière importante. En effet, le niveau de l'Euribor 3 mois a atteint les 1,10%, soit son niveau le plus bas depuis 11 mois. L'ensemble de la courbe des taux est orienté à la baisse. Cette baisse des taux courts allège les pressions sur le marché interbancaire et permet d'écarter tout problème de liquidité des banques. Cette situation contraste avec le sentiment mitigé au sein de la zone euro et permet d'éviter un effondrement de la monnaie unique. L'euro a pu ainsi se maintenir autour des 1,3150 dollar tout au long de la semaine. Cette détente sur le marché interbancaire trouve son origine sur la première opération de LTRO à 3 ans lancée par la BCE. Une deuxième opération aura lieu le 29 février prochain et aura pour but de relancer le crédit.



Outre-Atlantique, les indicateurs économiques sont ressortis en demi-teinte. L'indice de confiance des consommateurs est ressorti à 61,1 contre 64,5 attendu et le secteur immobilier a affiché un résultat en baisse avec un recul de 3,67% des prix des maisons sur un an. Seul motif de satisfaction : l'indice ISM manufacturier a atteint son niveau le plus haut depuis juin à 55,5 contre 53,1 attendu. Les chiffres du cabinet ADP ont déçu avec 170 000 emplois créés dans le secteur privé contre 325 000 le mois passé. Les traders sont dans l'attente des chiffres de l'emploi non-agricole dont les résultats avaient été spectaculaires le mois dernier. Bien que le rythme de la reprise économique reste instable, les perspectives concernant la prochaine publication sont globalement positives. Le consensus prévoit 150 000 créations d'emplois et un taux de chômage inchangé à 8,5%.



Sur la semaine, la devise des dix-sept se maintient face à l'ensemble de ses contreparties et s'échange autour des 1,3170$, aux alentours des 100,50 yen, des 0,83£ et des 1,2320 dollar australien. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index cote 78,95 points contre 79,15 la semaine dernière. La paire AUD/USD reste orientée à la hausse et se négocie à 1,07$. L'USD/CAD se stabilise autour de sa parité à 0,9988 dollar canadien. Enfin, l'USD/JPY se traite autour des 76,23 yens.



Matières Premières :



Sur le front des matières premières, le pétrole évolue de manière dispersé. A New-York, le Light Sweet Crude perd 2,90% en rythme hebdomadaire à 96,80$ le baril sous l'effet de la hausse importante des stocks de brut aux États-Unis selon les données du Département américain de l'Energie (DoE). A Londres, le Brent de la mer du Nord gagne 1,40% sur la semaine à 112,40$ le baril profitant des tensions persistantes en Iran et au Soudan. D'une manière plus générale, nous assistons actuellement à un ralentissement de la demande de produits pétroliers alors que la production de brut ne cesse de croître avec le retour à la normale de la production en Libye. Selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la production devrait atteindre 260 000 barils par jour.



De son côté, les métaux précieux restent orientés à la hausse. Le métal jaune gagne 1,78% en rythme hebdomadaire et s'échange aux encablures des 1 760$ l'once. Considéré comme valeur refuge par excellence, l'or subit depuis un peu plus d'un mois de larges pressions haussières, signe que les opérateurs restent relativement pessimistes quant à la résolution de la crise budgétaire en zone euro et la reprise de l'économie américaine. Même tendance pour l'argent-métal qui gagne 3,24% sur la semaine à 34,20$ l'once.

Annonces:
































































































































































































































































































Heure Pays
Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 6 février 2012
12h00 Commandes d'entreprises (GM) Décembre 1.0% -4.8% 5
16h00 Indice Purchasing Managers Ivey Janvier 57.0 63.5 4
Mardi 7 février 2012
12h00 Production industrielle (GM) Décembre 0.0% -0.6% 5
14h30 Permis de construire (GM) Décembre -3.6% 4
16h00 Indice IBD/TIPP : Optimisme dans l'économie Février 48.1 47.5 3
Mercredi 8 février 2012
00h50 Total Comptes courants Décembre ¥340.1B ¥138.5B 5
00h50 Balance commerciale - Base BDP Décembre -¥135.0B -¥585.1B 4
07h45 Taux de chômage Janvier 3.1% 3.1% 5
08h00 Balance commerciale Décembre 14.4B 16.2B 3
08h30 Banque de France : Sentiment dans les affaires Janvier 96 3
08h45 Déficit budgétaire (en euros) Décembre -97.2B 3
14h15 Mises en chantier Janvier 191.5K 200.2K 4
Jeudi 9 février 2012
00h50 Japon masse monétaire M3 (GA) Janvier 2.6% 2.6% 4
00h50 Commandes Machines (GM) Décembre -5.0% 14.8% 5
02h30 Indice des prix à la production (GA) Janvier 0.7% 1.7% 5
02h30 Indice des prix à la consommation (GA) Janvier 4.0% 4.1% 5
10h30 Production industrielle (GM) Décembre 0.2% -0.7% 5
10h30 Production Industrielle manufacturière (GM) Décembre 0.3% -0.2% 4
10h30 Balance commerciale des visibles GBP/Mln Décembre -£8600 -£8644 3
13h00 BOE- Cible achat actifs Février 325B 275B 5
13h00 ANNONCE TAUX BOE 9 Février 0.5% 0.5% 5
13h45 Annonce Taux d'intérêt de la BCE 9 Février 1.0% 1.0% 5
14h30 Indice prix des logements neufs (GM) Décembre 0.3% 4
14h30 Nouvelles demandes d'allocations-chômage 4 Février 5
16h00 Stocks Commerce en gros Décembre 0.5% 0.1% 5
Vendredi 10 février 2012
00h50 CGPI domestique (GA) Janvier 0.8% 1.3% 4
08h00 Indice des Prix à la Consommation (GM) Janvier -0.4% -0.4% 5
08h45 Production industrielle (GM) Décembre -0.8% 1.1% 4
09h15 Indice des Prix à la Consommation (GM) Janvier -0.3% -0.2% 4
10h00 Production industrielle (GM) Décembre -0.5% 0.3% 4
10h30 Indice des prix à la production (GM) Janvier 0.1% -0.2% 5
14h30 Balance commerciale Décembre -$48.5B -$47.8B 4
15h55 Indice de confiance de l'Université du Michigan Février 74.0 75.0 5
Degré de pertinence pour les marchés :





5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne







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