Une lumière au milieu d’un tunnel très sombre



Il est possible que la situation soit lentement en train de se retourner pour la monnaie unique. Après un avoir touché deux fois le fond mercredi à 1,2660, la monnaie unique a grimpé progressivement. Ces difficultés ahurissantes que de nombreuses banques européennes ont eu pour obtenir un financement en dollar en fin d'année dernière se sont assouplies dans une certaine mesure, avec les swaps de devises à 3 mois sur l’EUR/USD désormais réduits à -85pb, depuis près de presque -160pb à la fin du mois de novembre. Les traders ont un record de positions courtes sur la monnaie unique, tandis que les gestionnaires de fonds, les fonds souverains et les investisseurs particuliers ont évité l'euro et / ou ont réduit leur exposition depuis des mois. En tant que tel, il existe un potentiel de reprise énorme basé simplement sur un effluve de bonnes nouvelles. L’EUR/CHF progresse lentement vers le niveau de 1,20 que la BNS a juré de défendre vigoureusement. Les rendements obligataires italiens et espagnols ont baissé très fortement au cours des dernières semaines, et les adjudications d'hier se sont bien passées. Le pacte fiscal semble avoir plus de mordant que ce que beaucoup soupçonnaient quand il avait été annoncé le mois dernier. Le Royaume-Uni et la Suisse pourraient bien être en train de rentrer en récession, ce qui rend les investisseurs plus réticents pour y placer leur argent ; ces derniers jours, l’EUR/GBP a commencé à augmenter. Peut-être que l'euro va défier les pessimistes et atteindre sous peu le niveau de 1,30.

Commentaire

Draghi mérite des éloges.

Le Président de la BCE Mario Draghi continue de gagner des éloges mérités, à la fois de la part du marché des changes et des marchés obligataires pour son initiative audacieuse de mener une opération principale de refinancement à long terme illimitée sur 3 ans. A juste titre, Draghi prétend qu'il a contribué à désengorger une partie de la plomberie financière qui menaçait de dévaster de nombreuses banques européennes qui, autrement, se voyaient refuser l'accès à la liquidité par le reste de la planète. Cependant, son affirmation sur le fait que les fonds empruntés auprès de la BCE ne sont pas redéposés est contraire à la preuve qui suggère que la majeure partie de ceux-ci sont, pour l'instant au moins, de retour à la BCE. Ce qui a également fournit à l'euro une impulsion mineure était sa suggestion sur le fait qu'il y avait des signes de reprise, bien que le contexte soit encore très incertain. Par ailleurs, Draghi a de nouveau applaudi les progrès réalisés en Italie et en Espagne concernant l'austérité budgétaire et les réformes structurelles, précisant que les marchés étaient déjà soutenus par les mesures prises. Le Président de la BCE a également exprimé ses encouragements sur la question du pacte fiscal, il espère qu'il sera signé d'ici la fin du mois. Draghi est clairement différent de Trichet. Son approche est rafraîchissante, approfondie et courageuse. Compte tenu de la sclérose économique de l'Europe, il doit l’être.

Davantage d’assouplissement quantitatif de la part de la FED est toujours d’actualité.

Malgré les signes récents montrant que l'économie américaine est en fait assez robuste, il est clair qu'un certain nombre de responsables de la Fed veulent garder fermement sur la table la possibilité de réaliser d'autres assouplissements quantitatifs. La colombe de la Fed, la Président de la Fed de Chicago Charles Evans, n'est pas convaincu que l'économie soit dans le vert, affirmant que la récente amélioration est modeste et que des ajustements « substantiels » sont toujours requis. Certains autres hauts responsables de la Fed, comme le Président de la Fed de New York McDonough et le Président de la Fed de Boston Rosengren, sont également disposés à un examen plus approfondi des mesures d'assouplissement quantitatif. En revanche, le faucon Charles Plosser continue de faire de grands discours sur le risque d'une inflation plus élevée, tandis que Lacker, le Président de la Fed de Richmond, est plus inquiet sur le fait que le programme d’assouplissement quantitatif de la Fed compromette leur indépendance. D'intérêt, Plosser ne votera pas sur la politique de la Fed cette année, tandis que les deux présidents de la Fed qui voteront en 2012, Sandra Pianalto et Dennis Lockhart, semblent tous deux être enclins à soutenir davantage d’achats d'actifs. Il pourrait être soutenu que les investisseurs en dollars sont beaucoup trop optimistes et qu’un troisième assouplissement quantitatif ne sera pas nécessaire et / ou mis en œuvre.

Des problèmes pour la livre sterling.

Beaucoup de grands détaillants du Royaume-Uni ont reçu les comptes-rendus sur les ventes de Noël ces derniers jours et, pour la plupart, ils confirment ce que la plupart soupçonnaient déjà, à savoir que le consommateur britannique reste extrêmement hésitant. Tesco a subi une baisse de ses ventes de 2,3% au Royaume-Uni au cours des six semaines terminées le 7 janvier, soit une baisse bien pire que prévu - le cours des actions de Tesco a chuté de plus de 13% à un moment donné hier. La semaine dernière, Visa a rapporté que les ventes de détail au Royaume-Uni ont baissé de 1% au cours du mois, un résultat très médiocre pour le mois le plus critique de l'année pour les détaillants. Par ailleurs, la production industrielle a chuté d’encore 0,6% en novembre, après une baisse de 1% le mois précédent. Même si la production a bondi de 1% en décembre, pour tout le 4ème trimestre la production serait encore de 1% plus faible qu’en T3, ce qui pourrait couper jusqu'à 0,2 points de pourcentage de PIB. En raison de la météo incroyablement douce, la production de services d’utilité publique a fortement baissé en novembre (de plus de 2%), une issue probablement répétée le mois dernier puisque le temps a de nouveau été remarquablement chaud. La révélation (sans surprise) du fait que les ventes des fêtes ont été médiocres ne fait aucune faveur à la livre. Le cable est tombé en dessous de 1,53 pendant un temps hier alors qu’il y a une semaine, il menaçait le niveau de 1,57. La livre sterling a également sous-performée l’euro – l’EUR/GBP est maintenant bien au-dessus de 0,83. Avec le chancelier admettant aux députés que 10 milliards de GBP supplémentaires pourraient être nécessaires pour le FMI en dépit de la situation fiscale désespérée du Royaume-Uni, il n'est guère étonnant que la devise soit sous pression.


L’inflation chinoise baisse encore.

La baisse de l'inflation chinoise le mois dernier (de 4,2% en glissement annuel à 4,1%) peut avoir été modeste, mais elle représente le cinquième mois consécutif où la croissance des prix a ralenti. Par ailleurs, nous pouvons être assez confiants sur le fait qu'il y aura davantage à venir, en se basant sur les effets de la forte augmentation de l'année dernière, le fléchissement récent des prix alimentaires et l'assouplissement des conditions domestiques. Les prix alimentaires sont toujours en augmentation de 9,1% en glissement annuel, mais ils sont en forte baisse depuis les augmentations à deux chiffres observées dans le milieu de l'année dernière. Un fait également intéressant durant la nuit fut le nouvel affaiblissement de la croissance des ventes automobiles, jusqu'à 4,6% en glissement annuel en décembre. Une partie de l'explication de la baisse de la demande est due à la fin des subventions, mais néanmoins, elle réaffirme qu'il y a une certaine modération de la consommation et des dépenses des entreprises. Les espoirs d'une nouvelle action politique, soit sur les taux d'intérêt ou sur les réserves obligatoires des banques, reste très vifs. Toutefois, dans le même temps, tout relâchement est susceptible d'être progressif. Le ralentissement du crédit, en particulier pour le secteur immobilier, a été un objectif clé de la politique l'année dernière et à ce jour, les mesures prises se sont avérées efficaces. Le yuan reste modestement faible jusqu'à présent cette année, bien qu'il soit intéressant de noter que la disparité entre les taux on-shore et off-shore (aussi ample que 2% vers la fin de l'année dernière) s'est rétrécie lors des dernières sessions.

Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist


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