Ce qui se trame pour les Etats-Unis
L'agence de notation Fitch a de nouveau mis en garde les Etats-Unis sur le fait que son triple A de crédit n'était pas conforme à son fardeau de dette en hausse, mais elle a suggéré qu'aucune décision ne serait prise avant 2013. Fitch a déjà marqué une perspective négative sur la dette souveraine des Etats-Unis, mais l'avertissement est assez léger dans de telles circonstances, notamment parce que S&P a déjà dépouillé les Etats-Unis de son premier rang en août. Naturellement, la crise de la zone euro a pris le haut de l’affiche pour une grande partie de la seconde moitié de cette année, mais la situation des Etats-Unis ne devrait pas être ignorée. Cela dit, le statut de réserve du dollar, le faible niveau des rendements du Trésor et l’arrivée de la prochaine élection américaine engendreront très probablement l'assurance du fait que la question de la viabilité de la dette aux États-Unis ne sera pas abordée en 2012. L'Europe devrait agir en avertissant sévèrement les Etats-Unis au sujet de l’ignorance de la viabilité de la dette, mais selon toute probabilité, ce ne sera pas le cas.
Commentaire
La taille ne compte pas pour la BCE.
La BCE a avancé hier 489 milliards d’EUR aux institutions financières européennes pour la première partie de son plan de refinancement sur trois ans, mais ce qui est bien plus important que le montant de l’opération est de savoir ce que vont faire les banques de cet argent. La dichotomie entre la taille et l’utilisation explique pourquoi l’euro lutte pour maintenir sa réaction positive initiale aux nouvelles. Un des facteurs derrière cette souscription plus qu’inattendue (deux fois ce qui était prévu) est l’assouplissement des règles de garantie annoncées plus tôt dans le mois, la BCE semble décidément désormais peu exigeante quant à ce qu’elle accepte. Le nombre de banques participant était très important – presque trois fois le nombre d’enchérisseurs de la souscription à un 1 an observée vers la fin octobre. Mais savoir où va passer tout cet argent est de loin la question la plus importante. Certains membres de l’élite politique européenne voudraient qu’il soit investi dans la dette de la zone euro, ramenant ainsi les rendements à des niveaux beaucoup plus viables. Toutefois les actionnaires ont aussi leur mot à dire, avec toutes ces banques creusant leur propre tombe. De plus, des données de l’ABE montrent que les banques ont déchargé aux alentours de 65 milliards d’EUR d’obligations souveraines durant les neuf premiers mois de cette année. Est-ce qu’une libéralisation de presque 1 milliard d’EUR (moyenne pour les banques participantes) sera suffisante pour les faire changer d’avis et pour qu’elles deviennent des acheteurs nets ? Certains vont l’espérer mais il y aura toutes les raisons du monde d’accuser les banques de répéter les erreurs financières de 2007 lorsqu’elles ont chargé sur la dette des sub-primes. Dans les prochains jours, un point clé pour comprendre ou l’argent ira sera l’observation des rendements obligataires et des données quotidiennes de prêts et d’emprunts de la BCE.
Entre la peste et le choléra.
Les rendements du Gilt anglais ont réussi à tomber jusqu’à un record à la baisse hier, mais cette ‘bonne’ nouvelle a un coût élevé car l’austérité fiscale, associée à un déclin des revenus réels et à un chômage en hausse, continue de peser fortement sur le consommateur. Selon la toute dernière enquête de Gfk NOP, la confiance des consommateurs a chuté au niveau le plus bas depuis février 2009. De plus, les consommateurs sont très prudents concernant leur situation financière, suggérant que le fait de dépenser restera circonspect pour encore quelque temps. Cependant, ce qui est plus positif est que le programme de consolidation fiscale du Chancelier reste essentiellement sur la bonne voie, avec les derniers chiffres de l’emprunt public en dessous des attentes. Pour l’exercice fiscal en cours, le besoin d’emprunt net du secteur public était en baisse de plus de 15 milliards de GBP par rapport à l’année précédente. Donc, la politique fiscale fait son travail pour ce qui est d’essayer de protéger la notation de crédit anglaise et pour contribuer à la baisse des coûts de l’emprunt, mais au prix de saborder la dépense. Malheureusement, l’austérité est un mal nécessaire.
Les choses se corsent en Chine.
Les pressions qui pèsent actuellement sur l’économie chinoise ne sont que trop évidentes sur les performances des marchés boursiers, avec les indices principaux baissant de deux chiffres en termes de pourcentage au courant de ce mois par rapport aux gains à Hong Kong, au japon et sur la plupart des places boursières asiatiques. Les derniers commentaires du Premier Ministre Wen ont offert un peu de réconfort aux marchés, permettant au yuan de se renforcer à peine par rapport au dollar, mais dans son ensemble la Chine fait face à des vents contraires qui vont probablement se renforcer comme nous entrerons dans la nouvelle année. Wen a reconnu que la croissance solide a été accompagnée par le fait que la Chine ‘’faisait face à beaucoup de situations nouvelles ainsi que de nouveaux problèmes’’. Nous avons largement écrit sur ce sujet ces dernières semaines, mais l’on peut également inclure le rapide retournement du marché immobilier domestique, avec des prix chutant dans plusieurs villes, laissant de nombreux projets inachevés. Les autorités ont aussi dû faire face à une pression à la baisse considérable sur le yuan alors que les fonds étaient rapatriés hors de Chine par les investisseurs préoccupés par la détérioration des conditions domestiques. La Chine a longtemps voulu rééquilibrer son économie de sorte qu’elle soit moins dépendante de l’investissement et des exportations, s’orientant vers une économie basée sur la demande domestique. Mais ce n’est pas une transition aisée à faire dans ces conditions, d’autant plus que la demande globale est en déclin. De plus, tout indique que la Chine souffre maintenant des conséquences du surinvestissement de ces dernières années, ce qui pourrait bien saper davantage cette aspiration de rééquilibrage. Un prochain assouplissement politique de la part de la Chine peut être attendu pour l’année prochaine, et même avant le Nouvel An chinois vers la fin janvier.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
Analyse du broker FxPro
Informations sur le courtier FxPro
Avertissement: Ce matériel est considéré comme un support de communication marketing et ne contient pas et ne doit pas être interprété comme contenant des conseils en investissement, une recommandation d'investissement, ou comme une offre ou une sollicitation pour n’importe quelle transaction sur instruments financiers. Les performances passées ne garantissent pas et ne prédisent pas les résultats à venir. FxPro ne tient pas compte de vos objectifs d’investissement personnels ou de votre situation financière et n'assume aucune responsabilité concernant l'exactitude ou l'exhaustivité des informations fournies, ni concernant toute perte découlant de l'investissement basé sur une recommandation, prévision ou autre information fournie par un employé de FxPro, un tiers, ou autre. Ce matériel n'a pas été préparé en conformité avec les exigences légales de promotion de l'indépendance de la recherche en investissements, et il n'est soumis à aucune interdiction prohibant l'exécution de transactions avant la diffusion de la recherche en investissements. Toutes les expressions d'opinion peuvent être modifiées sans préavis. Toutes les opinions exprimées peuvent être personnelles à l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions de FxPro. Cette communication ne doit pas être reproduite ou redistribuée sans autorisation préalable de FxPro.
![]() |
|


LinkBack URL
About LinkBacks


Répondre avec citation