L’austérité efficace au Royaume-Uni
Comme nous arrivons en fin d’année, les prix immobiliers au Royaume Uni subissent un contrôle réel approprié alors que l’austérité et la crise de la dette européenne se combinent pour une réduction des dépenses sur tout, mais pas sur l’essentiel. Selon le site immobilier Rightmove, les prix de vente ont baissé de 2,7% ce mois-ci, après un déclin de 3,01% en novembre. Durant le second semestre, les prix immobiliers moyens ont chuté de 6%. Cela aurait été bien pire s’il n’y avait pas la résistance des prix à Londres, en baisse de moins de 1% depuis le milieu de l’année bien qu’ils aient chuté de 3,4% ces deux derniers mois. De leur côté, les détaillants ont généralement confirmé que le climat ‘représentait un challenge’ ce qui signifie, en d’autres termes, un climat tout à fait lamentable. La City sera effrayée par le dossier dans le Sunday Telegraph stipulant que la RBS pourrait diviser par deux sa branche banque d’investissement. La RBS a déjà annoncé la suppression de 30 000 emplois depuis le début de la crise financière mondiale en 2008. A l’approche de 2012, le Royaume Uni est dans une situation identique à celles des autres pays Européens – au bord de la récession.
Commentaire
Plus de contraintes en Espagne.
Le nouveau Premier Ministre espagnol Rajoy a réaffirmé l’énormité de la tâche à laquelle il doit faire face lors d’un discours de grande envergure pour poser les bases de sa gouvernance qui débutera mercredi. Affirmant que les perspectives pour l’Espagne ‘’ne pourraient être plus sombres’’, et que le pays a risqué ‘’de se retrouver sur le carreau’’, Rajoy a dit qu’il se chargerait d’augmenter les retraites, de modifier en profondeur les lois du travail, de révolutionner le service public et de mettre en place un budget pour mars. Avec une dette publique qui atteint 79% du PIB pour cette fin d’année, Rajoy a suggéré que le déficit budgétaire devait être réduit d’au moins 16,5 milliards d’EUR l’année prochaine afin d’arriver à la cible de 4,4% pour 2012. Apparemment, des initiatives fiscales urgentes vont être mises en place d’ici la fin de l’année. De plus, Rajoy désire une modification constitutionnelle autorisant des budgets équilibrés ainsi que son approbation par le parlement le plus vite possible. Les agences de notation sont de plus en plus impatientes. Fitch a placé l’Espagne sous surveillance pour une possible dégradation vendredi. C’est une situation inévitable pour Rajoy. Le taux de chômage est incroyablement haut à 23%, les prix immobiliers plongent, les finances des gouvernements régionaux sont un vrai bazar et sans aucun contrôle, et les mauvaises dettes continuent de croitre. Bien que ce fût une autre journée décente hier pour les rendements obligataires espagnols, la cinquième économie européenne reste en soins intensifs.
Cela devient plus difficile en Chine.
Les décideurs politiques en Chine sont confrontés à une myriade de défis au cours de cette saison festive. Tout d’abord, ils essaient de contenir ce qui est devenu une fuite constante des capitaux depuis la fin du troisième trimestre. Avec les investisseurs étrangers rapatriant des capitaux au rythme le plus important en 11 ans, la devise a été sous une pression soutenue, ce qui nécessite des ventes de dollars continues des stocks monstrueux de réserves de change de la banque centrale afin de maintenir le yuan relativement stable. S’ils sont laissés à eux-mêmes, les responsables politiques pourraient en effet être préparés pour permettre à la devise se déprécier légèrement étant donné la force du dollar, le resserrement du déficit commercial et la diminution de l'appétit international pour le yuan. Cependant, la devise chinoise reste un sujet politique international brulant, surtout maintenant que la campagne présidentielle de 2012 est en cours aux États-Unis. Deuxièmement, il est clair que les prix des logements répondent aux conditions de crédit plus strictes imposées cette année. Pendant la nuit, le gouvernement a produit des statistiques qui montrent que 49 des 70 plus grandes villes de Chine ont enregistré une baisse des prix des logements le mois dernier, après un déclin similaire pour la moitié de ces villes en octobre. Ce qui fut particulièrement efficace pour alléger le marché du logement a été l'obligation de relever les dépôts requis sur les hypothèques, ainsi que les restrictions sur les achats de maisons dans 40 des plus grandes villes du pays. Les promoteurs chinois ont été durement touchés, avec des ventes en forte baisse au second semestre de cette année. Enfin, et sans surprise, la montagne de dettes de la Chine est probablement beaucoup plus importante que les informations officielles ne l’ont laissé entendre. Selon certaines recherches effectuées par Bloomberg, 231 entreprises locales de financement du gouvernement qui ont vendu des obligations avaient une dette de quatre milliards de yuans (environ 630 milliards d’USD) encore très récemment. Toutefois, le National Audit Office a prétendu en Juin que l'encours total de ces types d'entités (il y en avait 6576) était de cinq milliards de yuans. En d'autres termes, 231 des 6576 entités (3,5%) représentaient 75% de la dette, ce qui semble incongru. Ce sont les autorités locales qui entreprennent la plupart des investissements d’infrastructures en Chine. Les régulateurs et les responsables bancaires séniors émettent désormais des avertissements plus importants sur l'état des finances publiques locales et sur le risque systémique que cela pose. Pour l'instant, les décideurs politiques semblent relativement détendus en ce qui concerne la baisse des prix immobiliers - en fait, ils paraissent l'accueillir positivement. Et la question de la devise est gérable, compte tenu de la montagne de réserves. Toutefois, si les investisseurs étrangers continuent de quitter la Chine au rythme qu'ils ont entrepris récemment, alors cela resserrera nettement la politique monétaire à un moment où les conditions financières sont déjà assez restrictives. Cela accentuera également le problème des créances douteuses. La Chine doit être surveillée de près dans les prochains mois.
Le nouveau monstre de l’UE.
En l’état actuel des choses, les principaux gagnants du sommet européen du début du mois semblent être les avocats, les traducteurs et les fabricants de table autour desquelles 26 ou 27 personnes peuvent discuter. Il ne devrait pas recevoir un très bon accueil. En effet, il arrive à un moment où les agences de notation sont de plus en plus frustrées, mais où elles sont aussi sensibles au processus politique et à comment il va avoir un impact sur les perspectives budgétaires à long terme. En tant que telle, l’évolution suggère que les choses vont empirer sur ce front. En ce moment, le chemin que l’UE a choisi de suivre est celui de la mise en place d’un certain nombre d’institutions parallèles, travaillant au sein ou aux côtés des institutions européennes déjà existantes, afin de contrôler les nouvelles règles fiscales. La France semble pousser de toutes ses forces dans cette direction, en d’autres termes vers un nouvel accord intergouvernemental qui ne requiert pas un tout nouveau traité européen. Cela me rappelle un signe dans sacristie que j’ai vu il y a des années. Au-dessus d’un portrait de jésus on pouvait lire les mots suivants ‘’Dieu a tant aimé le monde qu’il n’a pas envoyé de commission’’. Bien sûr, cela ne concerne pas la religion; c’est simplement que les commissions n’offrent pas un processus décisionnel rationalisé. De plus, pour la plupart, elles n’émettent pas des décisions radicales ou impopulaires (mais toujours nécessaires), d’autant plus si les responsables doivent rendre des comptes devant un électorat national. Il est à noter qu’en ce qui concerne la dégradation des Etats-Unis plus tôt dans l’année et les récents avertissements de S&P à l’Europe, le processus politique a été un point déterminant pour le changement de perspectives, ou de risque. Mais en Europe cela reste une réponse valable et le traité de stabilité fiscale est orienté avec plusieurs couches institutionnelles et de surveillance. De plus, ce sont les institutions déjà surchargées et mal équipées qui ont contribué à l’approche fragmentaire de résolution de la crise actuelle. En plus de n’avoir pas pu dessiner une union fiscale, le sommet de l’UE a créé un monstre politique et institutionnel qui plaira aux avocats et aux traducteurs, mais pas aux marchés.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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