L'or ne résiste pas à la chute généralisée des marchés
Marchés Actions
Aujourd'hui sur les marchés actions, les indices ont évolué en territoire négatif largement impactés par des statistiques économiques moroses et le dossier épineux des dettes souveraines européennes. La baisse de l'euro sous les 1,30 dollar, une première depuis janvier dernier, démontre l'anxiété des opérateurs sur la capacité de l'Europe à se sortir de ce marasme économique. Preuve de cette incertitude, les propos peu rassurants d'Angela Merkel devant le Bundestag. Après avoir déjà rappelé hier avec fermeté la position de l'Allemagne quant à une éventuelle augmentation du Mécanisme européen de Stabilité (MES), la chancelière allemande a récidivé ce jour en affirmant qu'une sortie de crise de la zone euro pourrait prendre plusieurs années.
L'économie européenne s'essouffle, en atteste les chiffres décevants publiés par Eurostat sur la production industrielle. Cette dernière est ressortie en baisse de 0,1% sur le mois d'octobre alors que les analystes attendaient un chiffre plutôt stable. Les mauvaises statistiques en Grande Bretagne sont venues ajouter un peu plus de nuages à un ciel déjà bien orageux. Le Royaume-Uni a établi un nouveau record de dix-sept ans avec un nombre de chômeurs à 2,64 millions soit un taux de chômage de 8,3%. Dans ce contexte, les indices ont tous sans exception terminé en nette baisse. A Paris, dans des volumes faibles, sous les 3 milliards d'euros, l'indice parisien est repassé sous le seuil des 3000 points terminant la journée sur un repli de 3,33% à 2976,17 points. Du côté des valeurs, les bancaires ont été chahutées. Société Générale, BNP PARIBAS et Crédit Agricole ont abandonné respectivement 7,99% à 16,30€, 7,36% à 27,87€ et 6,71% à 4,22€. D'un point de vue technique, la pression baissière sur le CAC 40 s'est intensifiée, le franchissement à la baisse des 3000 points est un signal négatif à l'égard des marchés. Le premier support situé autour des 2985 points a été franchi, l'indice parisien semble désormais se diriger vers les 2950 points. En cas de retour sur ce niveau, une baisse plus prononcée pourrait propulser le CAC 40 vers la zone des 2840-2898 points en retour du gap du 28 novembre dernier.
Ailleurs en Europe, la tendance est identique. A Francfort, le Dax des 30 valeurs vedettes revient sous les 5690 points à 5684,19 points, en repli de 1,56%. A Londres, le Footsie 100 enfonce les 5400 points terminant la séance en baisse de 2,03% à 5378,48 points. Du côté des indices paneuropéens, l'Eurostoxx 50 affiche une perte de 2,17% à 2211,82 points. Outre-Atlantique, dans le sillage des marchés européens, les indices creusent leurs pertes. D'une manière générale, la situation européenne pèse sur les marchés américains, de plus en plus sous pression. Le statut quo de la FED hier soir sur le maintien du taux directeur à 0,25% a ajouté un peu de morosité sur le marché actions. Un assouplissement monétaire aurait pu redonner un second souffle à des marchés en manque d'oxygène. Ce soir, Le Dow Jones Industrial Average perd 1,10% à 11823,29 points tandis que le Nasdaq des valeurs technologiques cède 1,97% à 2528,52 points. Le S&P 500, plus large, recule de 1,26% à 1210,28 points.
Forex
L'euro continue de plonger comme si rien ne pouvait arrêter sa chute. La paire EUR/USD* s'échange autour de ses plus bas depuis janvier 2011 à 1,2960$. Le dernier point bas de la monnaie unique face au billet vert avait été atteint le 7 janvier 2011 à 1,2907$. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse qui semblait inéluctable et qui pourrait bien se poursuivre. Tout d'abord, le dernier sommet européen n'a pas été à la hauteur des attentes des investisseurs qui se lassent des promesses des différentes rencontres des dirigeants européens. En effet, ce énième sommet européen a encore une nouvelle fois débouché sur une déclaration d'intention sans véritable application concrète. Ensuite, ce sont les menaces de dégradation des notes souveraines des pays la zone euro qui exacerbent les tensions sur les spreads. La hausse des rendements des obligations a pour effet d'augmenter le coût de financement de la dette des pays en difficulté. Par ailleurs, les déclarations d'Angela Merkel n'ont pas rassuré les marchés lorsque la Chancelière s'est prononcée contre une augmentation de la capacité financière du futur Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Autre élément qui est défavorable à la monnaie unique*: la réduction du différentiel de taux entre la BCE et les autres banques centrales en particulier avec la FED. Dans ce contexte, la devise des dix-sept chute face à l'ensemble de* ses contreparties. La paire EUR/JPY s'échange autour des 101,10 yen et l'EUR/GBP aux alentours des 0,84£. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index poursuit sa hausse et cote 80,73 points contre 80 hier soir. L'AUD/USD dit «*aussie*» repasse sous sa parité à 0,9890$ et l'USD/CAD dit «* loonie*» prend de la hauteur pour se négocier contre 1,0406 dollar canadien. Enfin, l'USD/JPY reste stable aux environs des 78 yens.
Au chapitre des matières premières, les métaux précieux continuent de chuter sous l'effet de la hausse du billet vert. Le métal jaune perd plus 3,60% à 1570$ l'once et l'argent-métal recule violemment de 6,90% à 28,60$ l'once. De son côté, le pétrole s'effondre également. A New York, le Light Sweet Crude perd 4,68% à 95,80$ le baril et à Londres, le Brent de la mer du Nord cède 3,67% à 105,20$ le baril.
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