Sarkozy se prépare pour la confrontation avec Merkel au sujet de l'union fiscale
En surface, le discours du président français Sarkozy de la nuit dernière a semblé suggérer qu'il approuvait la vision d'Angela Merkel sur la façon dont l'union fiscale en Europe sera façonnée. Sarkozy a déclaré que les pays de la zone euro doivent préparer leurs budgets nationaux d'une manière commune, faire face à de sévères sanctions automatiques pour avoir enfreint les règles fiscales et prendre des mesures pour réduire les écarts compétitifs. Il a également soutenu les changements du traité de l'UE et la proposition pour que l'Europe passe à la majorité qualifiée, afin de faciliter les décisions plus rapidement. Cependant, ce que Sarkozy n'a pas dit sur l'union fiscale était plus critique encore. Comme l'indique clairement son ministre du Budget hier (voir ci-dessous), la France est profondément troublée par l'idée que la CE aura le pouvoir d’à la fois examiner les budgets nationaux et le pouvoir d’y mettre un véto. Toujours maître de la nuance, la France soutient supposément des sanctions automatiques plus sévères pour ceux qui briseraient les règles budgétaires, mais elle veut dans le même temps la discrétion des autorités nationales concernant leur mise en œuvre. À un certain niveau, ce dernier débat est rendu superflu, car la plupart des membres de l'eurozone ne sont pas près de satisfaire aux règles budgétaires pour encore un temps considérable et l'imposition de sanctions financières dans l'intervalle rendrait donc leur situation encore plus précaire. Merkel sera apparemment à Paris lundi pour examiner cette question avec Nicolas Sarkozy, quatre jours seulement avant le prochain Sommet de l'UE, mais Mme Merkel est vraiment très peu susceptible de fléchir. Pour Sarkozy, il y a d'énormes obstacles politiques pour accepter la vision d'Angela Merkel. L'issue de la réunion de lundi nous en dira beaucoup sur l’avenir de la monnaie unique à court terme.
Commentaire
La candeur de King doit être applaudie.
Il est si rafraîchissant d'entendre un gouverneur de banque centrale parler franchement et honnêtement sur les énormes défis financiers qui nous font face. En remettant son rapport hier sur la stabilité financière, le gouverneur de la BOE Mervyn King a suggéré que: 1) La spirale qui fait face aux banques ressemble à une crise systémique; 2) La crise de l'euro est une crise de solvabilité, pas de liquidité; 3) Les perspectives pour la stabilité financière au Royaume-Uni ont empiré matériellement; 4) La Banque et le gouvernement britannique font des plans d'urgence; 5) Les banques britanniques sont mieux capitalisées que les banques européennes; 6) Les banques britanniques devraient accroître leurs efforts pour stimuler le capital, limiter les dividendes et les bonus; 7) Les banques britanniques devraient déclarer leur prêts bruts par rapport au capital d'ici 2013. Un résumé plus concis de la situation du Royaume-Uni serait difficile à trouver. Bien que les banques britanniques soient dans une meilleure position que leurs homologues européens, si la crise de l'Europe sombre dans le chaos, alors il ne s’agirait évidemment pas d’une défense particulièrement solide, d'où la suggestion que les ratios de capital soient soulevés. King rend également beaucoup plus difficile pour les grandes banques britanniques de payer des dividendes ou des bonus, en déclarant explicitement qu'il est tellement plus important de reconstruire les capitaux. Enfin, étant donné son affirmation selon laquelle la crise de l'Europe est un problème de solvabilité et non pas de liquidité, Mervyn ne devraient pas s'attendre à de trop nombreuses cartes de vœux de la part des dirigeants européens ce Noël.
La résistance parisienne à la pression de Berlin sur l’union fiscale.
L'élan apparemment imparable vers une union fiscale complète de style allemand, avec des sanctions judiciaires et des contrôles des projets de budgets nationaux par la CE ont été compromis par la France. Hier, la ministre du Budget Pécresse a déclaré après une réunion du cabinet que la France voulait une « plus grande discipline budgétaire, mais une discipline budgétaire exercée par les Etats, avec une réelle participation des parlements nationaux ». La France continue de soutenir que Bruxelles ne devrait pas avoir le pouvoir de forcer les membres individuels de la zone euro à adopter une discipline budgétaire et/ou d'imposer des sanctions automatiques pour avoir enfreint les règles convenues, arguant que les gouvernements élus doivent conserver cette responsabilité. La France est particulièrement sensible à la suggestion que ces fonctions devraient être intégrées dans un nouveau traité de l'UE. Sur cette question essentielle, celle que l'Allemagne considère comme un impératif pour la préservation de l'euro, il existe des différences bien évidemment encore très importantes entre Paris et Berlin. L'Allemagne a obtenu ce qu’elle voulait sur un certain nombre de questions majeures récemment, mais cependant, sur celle qui menace de saper la souveraineté nationale que les français protègent d’incroyablement près, il sera extrêmement difficile pour Sarkozy de céder.
Un coup double pour l'aussie.
Deux développements d'hier ont eu un impact négatif sur l'aussie. Premièrement, il devient beaucoup plus clair que l'économie chinoise, dont l'Australie dépend grandement, se ralentit. L'indice PMI manufacturier produit par la Fédération chinoise de la logistique et des achats est tombé à 49 le mois dernier, bien en deçà des attentes et le pire niveau depuis début 2009. Un rapport indépendant de directeurs d'achats publié par HSBC et Markit Economics a également enregistré son plus bas niveau depuis mars 2009. Les prix de l'immobilier chinois semblent également être en baisse, une tendance qui devrait s'intensifier dans les mois à venir - un rapport de SouFun, le propriétaire du site immobilier le plus important, a affirmé que le prix moyen d'une maison avait baissé pour le troisième mois consécutif en novembre. Sans surprise, Pékin reconnaît que l'économie est plus vulnérable. La réduction de 50 points de base des réserves obligatoires des banques mercredi est probablement la première des nombreuses mesures politiques à prendre dans les prochains mois, y compris les réductions des taux d'intérêt et l'assouplissement budgétaire. Deuxièmement, il est également clair que le ralentissement de l'économie australienne est plus important que prévu. Une enquête menée par PWC et l'Australian Industry Group a montré que la fabrication s’est contractée pour le cinquième mois consécutif en novembre. Les ventes au détail pour octobre ont été plus faibles que prévues et les approbations de logements sont en chute libre (d’encore 10,7% en octobre, après une baisse de 14% le mois précédent). Il y a un sentiment croissant que la RBA puisse être susceptible de poursuivre l’abaissement du taux de trésorerie du mois dernier avec une réduction supplémentaire de 25pb lors de sa réunion de la semaine prochaine. Enfin, certaines spéculations montent sur le fait que S&P pourrait déclasser les notes de crédit de quatre grandes banques locales dans le cadre de son examen global de la notation des banques internationales. Dans ce contexte national et international difficile, il ne serait pas surprenant que l'aussie redonne quelques profits supplémentaires à court terme.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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