La crise s'accélère : l'Allemagne suscite l'inquiétude
Marchés actions :
Cette semaine, les marchés ont évolué sur un trend baissier en dents de scie. Les dernières statistiques économiques et évènements politiques ont secoué les marchés toute la semaine. Le pessimisme s'est emparé des places boursières puisque l'économie mondiale semble en plein ralentissement et la crise qui frappe la zone euro est plus forte que jamais.
Entre dissidences entre pays, dégradation de la dette obligataire et changements de gouvernement, la crise de la dette souveraine atteint les économies les plus solides. Désormais, l'Espagne fait partie des pays menacés par la crise. Le changement de gouvernement et la victoire du parti de droite en début de semaine n'ont pas vraiment rassuré les investisseurs. Le parti est pourtant susceptible de mettre en place une politique de rigueur très forte qui devrait permettre à l'Espagne de lutter contre ses problèmes de dettes. Entre temps, plusieurs états de la zone euro ont vu la note de leur dette être remise en question par les agences de notations Moody's, Fitch et Standard & Poor's. Le Portugal et la Hongrie ont été dégradés tandis que la France risque de perdre son triple A si la crise européenne s'aggrave. Plus inquiétant encore, l'économie la plus solide de la zone, l'Allemagne, commence à être touchée. Cette dernière n'a pas réussi à vendre toutes ses obligations lors de la dernière émission. Seulement 65% des obligations ont trouvé un acheteur, ce qui laisse penser à une baisse de confiance des investisseurs dans la dette allemande. Enfin, la conférence de presse à la suite du mini-sommet européen n'a pas convaincu les places boursières. Là où tout le monde attendait des mesures afin d'endiguer la crise telles que les « euro bonds » ou le rachat de la dette sur le marché secondaire par la BCE, le trio A. Merkel, N. Sarkozy et M. Monti est resté évasif. En résumé, les pays sont prêts à s'entraider et à conserver l'euro, mais les « euro bonds » sont toujours rejetées par l'Allemagne. La BCE en tant qu'institution indépendante agira quant à elle comme elle l'entend. Par conséquent, rien n'a été promis et rien n'a changé en Europe. Les marchés attendront avec impatience d'abord le 29 novembre, date à laquelle la Grèce doit officiellement accepter le plan de sauvetage et la réunion du 9 décembre qui est censée apporter des nouvelles clés à la crise.
Outre-Atlantique, les doutes refont surface sur l'économie américaine. Entre statistiques décevantes et problèmes de dettes, les Etats-Unis ne parviennent toujours pas à relancer leur économie. En début de semaine, les investisseurs ont été déçus d'apprendre que les démocrates et les républicains n'avaient pas réussi à s'accorder sur les mesures d'austérité à prendre afin de réduire la dette de 15 000 milliards de dollars du pays. Le « super comité » américain qui avait été formé juste après le relèvement du plafond de la dette américaine afin de trouver une solution à la dette a publié un rapport mettant en évidence son échec. Pour l'instant, les agences de notation ont laissé la note de la dette du pays inchangée : les obligations américaines conservent leur AAA chez Moody's et leur AA+ chez Standard & Poor's. Seule Fitch qui attendait les résultats du comité a déclaré qu'elle modifiera éventuellement la note des Etats Unis. Par ailleurs, les statistiques n'ont pas été très bonnes cette semaine. Contrairement aux fois précédentes, le pays semble en perte de vitesse : les nouvelles demandes d'allocations-chômage s'affichent à 393 000 nouvelles demandes contre 390 000 attendu par les analystes. Plus grave, la consommation des ménages est en baisse : contre 0,6% pour le mois précédent, elle n'atteint que 0,1% pour le mois de novembre. Ces mauvaises statistiques ont pesé sur les cours qui ont évolué sur une tendance baissière ces derniers jours.
Enfin coté asiatique, le continent qui fait office de moteur pour la croissance mondiale donne des signes d'affaiblissement. Cette semaine, c'est surtout la Chine qui a été surveillée de près. Le moteur de la croissance mondiale commence à ressentir l'affaiblissement de ses partenaires économiques américains et européens. En effet, l'indice PMI manufacturier de la Chine est ressorti inférieur au mois précédent : celui-ci est passé en-dessous du seuil symbolique des 50 pour s'afficher à 48.0. De même, la croissance chinoise est en baisse par rapport à l'année précédente : pour l'instant, elle atteint 9,1% pour l'année 2011 contre 10,4% fin 2010.
Dans ce contexte, sur la semaine, le CAC40 est en baisse de 6,71%, le Dax30 à -7,04% et l'EuroStoxx50 à -7,30%. Le Footsie100 affiche de meilleures performances avec seulement -4,88%. Coté américain, le Nasdaq Composite perd 4,94%, le S&P500 est en retrait de 4,36% et le Dow Jones Industrial Average est baisse de 4,47% en variations hebdomadaires.
Forex :
Sur le marché des devises, la semaine a notamment été marquée par un enlisement de la crise européenne qui a accéléré la chute de l'euro. L'aversion au risque s'est nettement accrue après la menace d'une dégradation de la note souveraine française et les difficultés allemandes. Les difficultés des pays périphériques s'étendent vers le cœur de la zone euro et les craintes d'un ralentissement économique mondiale poussent les investisseurs à se détourner des devises dîtes risquées.
Alors que les rendements des obligations européennes atteignaient des sommets la semaine dernière, d'autres signes sont venus nourrir les inquiétudes des investisseurs montrant que la contagion est en marche. La crise n'est plus seulement une crise des pays « périphériques » mais également une crise des pays « centraux ». En effet, ce sont d'abord l'envolée des taux à 10 ans italiens au-dessus des 7% et ceux de l'Espagne autour des 6,8% qui ont ravivé les tensions sur les marchés. Cette flambée des taux a atteint la France dont les rendements à 10 ans ont touché les 3,64% alors qu'ils étaient autour des 2,64% il y a deux mois. Lundi, l'agence de notation financière Moody
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