Un manque de visibilité économique et politique laisse les marchés patiner




Marchés actions :


La crise de la dette souveraine serait-elle vouée à se répandre ? Malgré les efforts extraordinaires des pays de la zone euro, rien ne semble pouvoir ralentir la crise de la dette, qui lentement mais surement commence à ronger les économies les plus solides telles que la France et l'Italie. Comme depuis le début du mois, les marchés ont essentiellement suivi l'actualité macro-économique européenne, inquiets quant aux évolutions possibles de la zone euro. Plus qu'économiques, les turbulences de la zone euro ont été d'ordre politique cette semaine puisque pas moins de deux gouvernements ont été « dissous » pour laisser place à de nouveaux intervenants. Ainsi, les remous politiques ont été nombreux en Italie et en Grèce. D'une part, Papandréou est définitivement sorti de la scène internationale en ayant accepté de laisser sa place à Lucas Papademos, ex vice président de la Banque Centrale Européenne. Cette nomination a partiellement rassuré les marchés, puisque le nouveau premier ministre est plus expérimenté économiquement parlant que son prédécesseur et sera plus à même de guider le pays sur la bonne voie. Par ailleurs, cette nomination signifie aussi la formation d'un « gouvernement d'unité nationale » grec qui est supposé mettre en place au plus vite le plan de sauvetage voté le 27 octobre dernier.
Cependant, plus encore que la Grèce, c'est l'Italie qui a vraiment secoué les marchés tout au long de la semaine. Le pays a vu ses taux obligataires monter à des sommets. Après avoir atteint les 6,5% en début de semaine, ces derniers sont grimpés jusqu'au chiffre record de 7,5% quand M. Berlusconi n'a pas obtenu la majorité absolue sur un scrutin parlementaire de routine. Outre le fait que ces taux mettent gravement en danger le pays, les résultats du vote au Parlement ont confirmé les pires craintes des investisseurs : le premier ministre n'avait plus l'aval de son gouvernement. La réaction de l'Italie a été immédiate : M. Berlusconi démissionnera quand* les mesures misent en place le 27 octobre seront votées. Même si ce changement de gouvernement est plutôt positif puisque Silvio Berlusconi sera probablement remplacé par M. Monti, un homme politique dont la rigueur et le sérieux n'est plus à prouver, cela retardera le vote et l'application des nouvelles mesures de rigueur pour l'Italie, qui sont désormais absolument vitales pour que le pays évite le défaut. Enfin, c'est la France qui commence aussi à faire douter les marchés. Malgré l'erreur de Standard & Poor's à propos de la dégradation de la note française, le spread des taux obligataires n'a jamais été aussi important. Par ailleurs, la croissance du pays devrait être nulle pour le quatrième trimestre, ce qui forcera le gouvernement à implanter davantage de rigueur. Certains économistes disent d'ores et déjà que la France a perdu son triple A. Bref, l'état de l'économie européenne est peu encourageant. La dégradation de la note française pourrait largement pénaliser le fonctionnement du FESF qui à l'heure actuelle a déjà peu de succès chez les pays émergents. Avec les dernières évolutions, c'est peut être tout le système européen qui sera remis en question dans les prochaines semaines. L'Europe a encore la BCE qui est susceptible de racheter en masse la dette sur le marché secondaire. Cependant, son président, Mario Draghi, se refuse pour l'instant à cette éventualité.
Outre-Atlantique, les investisseurs sont toujours partagés sur la direction que prendra l'économie américaine pour le quatrième trimestre. Comme la semaine précédente, les indicateurs macro-économiques donnent des indications presque contradictoires : d'un coté, le marché de l'emploi qui était particulièrement fragilisé pendant la période estivale semble se redresser. Les nouvelles demandes allocations-chômages sont à nouveau passées en dessous des 400 000 demandes et la balance commerciale se rapproche toujours plus de l'équilibre en s'affichant à -43.1 milliards de dollars contre – 46 milliards d'attendu par les analystes. En revanche, d'autres statistiques sont plutôt inquiétantes : l'optimisme dans l'économie est toujours en baisse en ressortant à 40.6 alors qu'elle était attendue à 41.0. De même, certains secteurs clés de l'économie tels que le marché de l'immobilier et l'activité manufacturière apparaissent sur « le fil du rasoir » tantôt en récession, tantôt en croissance molle. Bref, le continent américain laisse toujours les opérateurs de marchés songeurs, d'autant plus qu'au vu de l'actualité européenne, ce dernier est plutôt discret. Cette semaine, Wall Street a bien résisté aux baisses des marchés européens, en partie à cause des bonnes statistiques qui ont été publiées tout au long de la semaine.
Enfin, les marchés asiatiques ont apporté leur lot de bonnes nouvelles cette semaine : l'inflation a cessé de progresser en Chine et a même commencé à reculer. Cette dernière est passée de 6,1% à 5,5% pour le mois d'octobre et la banque centrale chinoise a déclaré qu'elle devrait atteindre les 4% d'ici 2012. La Chine est de plus en plus susceptible de se diriger vers une politique d'assouplissement monétaire, en commençant par diminuer le niveau des réserves minimum de ses banques. Par ailleurs la production industrielle chinoise continue de croitre rapidement en ayant progressée de près de 13% pour le mois d'octobre.
Sur le front des entreprises, c'est à nouveau le secteur bancaire qui semble fragilisé. Les trois grandes banques françaises Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole ont publié tour à tour des résultats plus décevants qu'attendu, en partie à cause de la décote sur les titres de dettes grecs et en partie à cause de la réduction de leur exposition aux dettes souveraines italiennes, portugaises et espagnoles. Le secteur bancaire risque d'être encore plus d'être malmené dans les prochains jours si la crise de la dette souveraine s'étend à l'Espagne et l'Italie, puisque les banques devraient vraiment avoir des difficultés à supporter un défaut, même partiel de ces deux pays.


Forex :


Sur le marché des devises, l'euro est à nouveau sous pression suite l'accentuation de la crise européenne. La situation politique en zone euro est actuellement très instable et les marchés s'inquiètent sur l'avenir de l'union monétaire du vieux continent. Dans ce contexte ou l'aversion au risque est en hausse, les investisseurs se tournent logiquement vers le billet vert et délaissent la monnaie unique.


Au regard de la situation actuelle, une crise politique semble petit à petit se propager en Europe. Alors que les investisseurs pensaient que les problèmes au sein de la zone euro étaient résolus après l'accord Sarkozy-Merkel du 27 octobre dernier, l'euphorie a été de courte durée. En effet, l'accord sur le FESF n'a pas permis d'avancée décisive sur la résolution de la crise. La décision par le premier ministre grec de faire un référendum avait fait l'effet d'une bombe sur les marchés et l'euro chutait de 1,42$ à 1,39$.* Par la suite, les conclusions du G20 n'ont rien apporté non plus. Victime de sa proposition d'organiser un référendum sur le plan d'aide européen, George Papandréou a dû démissionner dimanche dernier. Et depuis, les débats sont intenses pour la formation d'un gouvernement de coalition. La Grèce se cherche encore et les obstacles sont nombreux. En Italie, le président Silvio Berlusconi a dû également démissionner mercredi soir dernier car il ne recevait plus aucun soutien de son propre gouvernement. La mise sous surveillance de l'Italie par le FMI à la suite du G20 a accéléré la chute du gouvernement Italien. L'euro est tombé jeudi à 1,3482$, son plus bas de la semaine. Les mesures de rigueurs budgétaires demandées par les membres de la Troïka (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Fond Monétaire International) en échange de l'aide financière ont du mal à passer auprès des électeurs et de nombreux hommes politiques. Ainsi, depuis plus de deux ans, le manque de cohésion interne au sein de l'Union Européenne a entrainé la Grèce dans une situation de quasi-faillite.


Sur les marchés, l'Italie retient actuellement toute l'attention. Les rendements à 10 ans Italiens se sont envolés et le seuil critique des 7% à été dépassé. Pire encore, les taux à 2 ans ont atteint le même niveau que les taux à 10 ans. L'Italie est le troisième plus gros émetteur d'obligations souveraines au monde après le Japon et les Etats-Unis et doit se refinancer pour 37 milliards d'euros avant la fin de l'année. La dette italienne est de moins en moins demandée, et la BCE a été obligée de racheter près de 80 milliards d'euros obligations souveraines pour relâcher la pression sur les marchés. Mais est-ce suffisant ? Alors que Mario Draghi* avait annoncé que les rachats d'obligations souveraines par la BCE étaient limités et temporaires, les solutions restantes sont minces. La BCE pourrait décider de baisser à nouveau ses taux d'intérêts pour favoriser le crédit et la croissance. Cette solution étant limitée, la BCE n'aura pas d'autres choix d'effectuer de l'impression monétaire pour aider la zone euro. Dans ce contexte, l'euro pourrait fortement baisser à moyen terme.


La monnaie unique est déjà sous pression et perd un peu plus de 1,40% en rythme hebdomadaire L'EUR/USD s'échange autour des 1,3640$ ce vendredi. Bien que les autorités japonaises interviennent sur le marché des changes pour limiter la hausse du yen, cela n'a pas limité la baisse de la monnaie européenne. L'EUR/JPY recule de plus de 2% sur la semaine à 105,5 yens. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index cote 77,80 points contre 76,84 points la semaine dernière. Le billet vert profite de l'incertitude sur les marchés pour prendre des hauteurs. Les monnaies les plus risquées sont celles qui ont le plus chuté face au dollar américain. L'AUD/USD dit « Aussie » baisse de plus de 2,45% en rythme hebdomadaire. L'USD/CAD dit « loonie » gagne environ 1,15% sur la semaine.


Matières Premières :


Sur le front des matières premières, les métaux précieux profitent des incertitudes politiques en Grèce et en Italie. Entre référendum, annulation du référendum et nouveau gouvernement, les nouvelles se succèdent sans donner de certitude quant à l'avenir politique grec. De plus, l'Italie est devenue la cible des marchés et la crise européenne semble dans l'impasse. En effet, le gouvernement Italien est tombé et Silvio Berlusconi a du démissionner. La hausse des taux Italiens à 10 ans, à plus de 7%, est devenue un risque majeur pour le budget italien. Ainsi, le métal jaune profite de la forte incertitude et de la volatilité des marchés. L'or a frôlé les 1 800$ l'once au cours de la nuit avant de se replier vers les 1 765$ en fin de semaine. Même tendance du côté de l'argent qui a frôlé les 35$ l'once, avant un repli vers les 33,83$. Cette correction en fin de semaine sur les métaux précieux est du à un renforcement du dollar face à ses principales contreparties. Enfin, les cours du pétrole ont évolué de manière dispersée. Le baril léger américain d'échéance décembre prochain a gagné 3,80% pour venir se négocier autour des 98$. A Londres, le Brent de la Mer du Nord d'échéance identique est resté stable et se négocie aux alentours des 113,56$ le baril. La volatilité était importante en milieu de semaine en raison notamment de la baisse surprise des stocks de brut selon les chiffres publiés par le département américain de l'Energie. Les stocks ont baissé de 1,4 million de barils à 338,1 millions de barils alors que les analystes attendaient une hausse de 700 000 barils. En outre, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), le cours du baril de pétrole pourrait atteindre la barre des 150 dollars à très court terme en raison de la hausse continuelle de la demande et de la baisse de l'offre notamment sur la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.


















































































































































































































































































Heure Pays
Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 14 novembre 2011
00:50 PIB nominal (GT) Q3 1.4% -1.5% 5
09:15 Prix à la production & import. (GM) Oct. -- -0.1% 3
11:00 Production Indust. Zone Euro (GM) Sept. -1.5% 1.6% 4
Mardi 15 novembre 2011
01:30 Minutes de la Reserve Bank of Australia -- -- -- 3
07:30 PIB (GT) Q3 -- 0.0% 4
08:00 PIB (GT) Q3 0.5% 0.1% 4
10:30 Indice des prix à la consommation (GM) Oct. 0.1% 0.6% 4
11:00 PIB Euro Zone (GT) Q3 0.2% 0.2% 5
11:00 Sondage ZEW (sentiment éco.) Nov. -- -51.2 4
11:00 Sondage ZEW (sentiment éco.) Nov. -52.0 -48.3 5
11:00 Balance Commerciale Zone Euro Sept. -1.0B -1.0B 3
14:30 Ventes manufact. (GM) Sept. 1.0% 1.4% 4
14:30 Indice des prix à la production Oct. -0.1% 0.8% 4
14:30 Ventes au détail hors autos Oct. 0.2% 0.6% 5
14:30 Empire Manufacturing Nov. -2.3 -8.5 5
16:00 Stocks d'entreprises Sept. 0.2% 0.5% 4
Mercredi 16 novembre 2011
10:30 Taux de chômage Sept. 8.2% 8.1% 5
11:00 Indice des prix à la production (GM) Oct. 0.3% 0.8% 4
11:30 BOE rapport -- -- -- 4
14:30 IPC hors alim. & energie (GM) Oct. 0.1% 0.1% 5
15:15 Production Industrielle Oct. 0.4% 0.2% 4
15:15 Utilisation des capacités de prod. Oct. 77.7% 77.4% 3
Jeudi 17 novembre 2011
10:30 Ventes au détail (core) Oct. -0.2% 0.6% 4
11:00 Zew, sondage Crédit Suisse (attentes) Nov. -- -54.4 3
14:30 Mises en chantier Oct. 610K 658K 4
14:30 Permis de construire Oct. 600k 589K 4
14:30 Nv. Demandes Alloc-Chôm. 11 Nov. -- 390K 5
16:00 Fed. Philadelphie Nov. 10.0 8.7 5
Vendredi 18 novembre 2011
08:00 Prix Production (GM) Oct. 0.1% 0.3% 3
13:00 Banque Canada IPC (GM) Oct. 0.1% 0.5% 4
16:00 Indicateurs avancés Oct. 0.5% 0.2% 4
Degré de pertinence pour les marchés :





5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne







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