L'Italie sous pression : nouveau record pour les taux à 10 ans
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Marchés Actions: Hier soir, les marchés américains n'ont pas réussi à rebondir et ont clôturé très nettement dans le rouge.* Le Nasdaq Composite a perdu 3,88%, le Dow Jones 3,20% et le SP500 3,67%. Les marchés ont accéléré leurs chutes après la fermeture des places boursières européennes, inquiets que la contagion de la crise de la dette souveraine ne s'accélère en Europe. En effet, les accords du 27 octobre peinent à avancer : tant que le cas grec et le cas italien ne progressent pas politiquement parlant, rien ne pourra être fait. Par ailleurs, le FESF a du mal à séduire les marchés et les pays émergents qui devaient y participer : à l'heure actuelle, le fonds devrait être suffisant pour des pays comme l'Irlande ou la Grèce, mais trop mince pour des pays comme l'Italie.
Coté asiatique, la tendance était également à la baisse avec un Nikkei225 qui perdait près de 2,91% et un Hang Seng qui reculait de 4,90%. Tout comme à Wall Street, les marchés asiatiques surveillent de près l'Italie et y voit une montée du risque de défaut. L'indice japonais a affiché sa plus grosse chute en trois mois après que Nomura, la première banque de courtage japonaise (par capitalisation boursière) ait vu sa note menacée par une possible dégradation de Moody's. Daiwa, une autre entreprise de taille du Nikkei, a également chuté de 3,5% quand sa note a été dégradée à Baa3. Les deux entreprises ont publié des pertes pour le trimestre dernier, leurs revenus sur le secteur de la banque d'investissement et de trading ayant fortement chuté.
Enfin, coté européen, la séance s'annonce compliquée. Les marchés devraient ouvrir en baisse, le contrat future du CAC40 perdait 2,30% et celui du DAX30 reculait de 2,59%. Les investisseurs devraient continuer de surveiller étroitement l'Italie et ses taux obligataires. Ces derniers ont atteint des taux « critiques » la séance dernière, puisqu'ils ont largement dépassés les 7%. Malgré le départ de M. Berlusconi, les doutes persistent sur la capacité de l'Italie à implanter rapidement des réformes capitales pour son économie. Le départ du premier ministre et donc le changement de gouvernement qui s'en suivra retardera surement la mise en place de ces réformes, alors que le pays en a cruellement besoin. Par ailleurs, même si la BCE rachète de la dette souveraine sur le marché secondaire pour freiner la hausse des taux, elle reste relativement en retrait vis-à-vis de la situation de l'Italie et de la Grèce, préférant laisser la pression sur ces deux pays. La politique de la Banque Centrale Européenne est de maintenir l'inflation et comme Mario Draghi l'a dit dans son discours, il n'est pas de sauver les Etats de la zone euro.
Sur le front des entreprises, les investisseurs regarderont de près Crédit Agricole. La troisième plus grosse banque française a publié ce matin des résultats plus décevants qu'attendus. Elle a annoncé un résultat net en chute de 65,2% à cause de la décote plus importante que prévu sur la dette grecque. Le groupe a également annoncé qu'il avait réduit de 27% son expositions aux dettes de l'Italie, du Portugal et de l'Espagne durant le trimestre dernier. Ce matin, le titre cotait à 5,016 euros.
Forex: L'accalmie n'a été que de très courte durée sur le marché des devises. En effet, la séance d'hier a été marquée par une chute extraordinaire de la paire EURUSD de plus de 300 pips. La tendance s'est confirmée dans la nuit avec un euro qui s'échange désormais sous le seuil symbolique des $1.3500 à $1.3490 contre $1.3840 hier matin. La forte dépréciation de l'euro face au billet vert provient essentiellement du regain de crainte autour de la dette italienne. La démission à venir de Silvio Berlusconi n'a pas eu l'effet escompté sur les marchés, les opérateurs ne voyant aucune certitude que son successeur fasse mieux et arrive à améliorer la situation financière critique du pays. Aussi, cette aversion au risque se matérialise très concrètement sur le marché obligataire avec le taux des obligations italiennes à 10 ans qui a franchi la barre des 7%. Un tel niveau est jugé insoutenable sur la durée étant donné la taille colossale de la dette italienne (1 900 milliards d'euros, 120% du PIB). Après la Grèce, la contagion est donc en route, et les opérateurs attendent des signaux forts pour enrayer l'épidémie qui guette. Fort logiquement, l'euro, devise considérée à risque, est délaissée au profit du dollar, éternelle valeur refuge. Ailleurs en Europe, la paire GBP/USD évolue à l'équilibre à $1.5900. La paire EURCHF demeure aussi stable à 1.2329 franc suisse. Côté asiatique, la crise italienne est aussi au cœur de tous les débats et pèse sur la confiance des investisseurs. Le problème du yen fort semble donc être pour le moment mis entre parenthèse, une faillite de la zone euro étant amplement plus inquiétant pour les valeurs exportatrices. Dans ce contexte d'incertitude, la paire USDJPY évolue en baisse de 0.19% à 77.65 yens contre 77,86 yens hier soir, alors que la paire EURJPY est en recul de 0.36% à 104.98 yens.
Matières premières: Au chapitre des matières premières, les cours du pétrole ont terminé la journée de mercredi en nette baisse largement impactés par la crise de la dette souveraine européenne et un renforcement du dollar face à ses principales contreparties. Dans ce contexte, le baril léger américain d'échéance décembre prochain a lâché 1,23% pour venir se négocier à 95,61 dollars. A Londres, le Brent de la Mer du Nord d'échéance identique a suivi une tendance similaire en reculant de près de 3% et repassant ainsi sous le seuil des 115,50 dollars à 115,42 dollars. La volatilité était importante hier en raison notamment de la baisse surprise des stocks de brut selon les chiffres publiés par le département américain de l'Energie (DoE). La semaine passée, les stocks ont baissé de 1,4 million de barils à 338,1 millions de barils alors que les analystes attendaient une hausse de 700 000 barils. La demande est en baisse de 1,3% par rapport à la même période l'année passée, soit près de 19 millions de barils par jour sur les quatre dernières semaines. Concernant les raffineries, il est important de souligner que les capacités de production sont ressorties à 82,6% contre 85,3% une semaine auparavant. D'une manière générale, la baisse surprise des stocks a légèrement freiné la chute des cours néanmoins, cette bonne surprise n'a pas été suffisante face aux inquiétudes sur la situation de l'Italie. Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), le cours du baril de pétrole pourrait atteindre la barre des 150 dollars à très court terme en raison de la hausse continuelle de la demande et de la baisse de l'offre notamment sur la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Par ailleurs, les tensions géopolitiques actuelles représentent un sérieux danger pour les cours. Du côté des métaux précieux, l'or évolue dans une tendance baissière en raison de la progression du billet vert. Sur le marché comptant, le XAUUSD se négocie actuellement contre 1758 dollars. Hier, le métal jaune a connue une journée volatile en se repliant de 13 dollars sur la séance. L'argent suit la même tendance et s'échange ce matin sous la barre des 34 dollars à 33,65 dollars.
Annonces du jour:* Les investisseurs porteront leur attention sur le rapport mensuel de la BCE ce matin à 10h00, rapport qui présentera les perspectives économiques en zone euro. La journée se poursuivra à 13h00 avec l'annonce des taux de la Bank Of England et son annonce d'achat d'actifs. La communauté financière s'accorde sur un statu quo des taux d'intérêts directeurs à 0.50%. Puis à 14h30, viendront les publications de la balance commerciale au Canada et aux Etats-Unis, ainsi que le rapport hebdomadaire des nouvelles demandes d'allocation-chômage, dont on attend une légère progression à 401k (397k la semaine dernière). De 16h40 à 20h00, les marchés écouteront également le discours des principaux membres du FOMC (Evans, Bernanke et Yellen).
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