Restez calme et continuez
Au milieu des tempêtes de feu financières qui sévissent dans toute l'Europe, nous nous souvenons de cette affiche classique du temps de la guerre, exhortant le peuple de Grande-Bretagne de ne pas paniquer et de garder son sang-froid face à la pression des menaces insupportable et toujours présente. Peu importe où vous regardez en Europe en ce moment, les politiciens sont mis à rude épreuve. En Grèce, ils ont perdu un premier ministre et sont prêts à entreprendre un gouvernement d'union avant de nouvelles élections, ceci avec la menace de défaut qui flotte lourdement dans l'air. En Italie, le Premier ministre Silvio Berlusconi doit être proche de la démission, les rendements obligataires italiens grimpent en effet et le pays est confronté à la perspective de mise en place d'une équipe d'inspecteurs du FMI afin de surveiller la mise en œuvre des réformes promises. Plus tard dans la journée, Silvio Berlusconi sera confronté à un test crucial concernant son leadership avec un vote clef sur le budget – nombreux sont ceux de son propre parti qui ont lui ont déjà tourné le dos et / ou ont appelé à sa démission. A Paris, la France a annoncé de nouvelles mesures d'austérité (voir ci-dessous) dans une tentative désespérée de maintenir sa notation de crédit dans un contexte de hausse des rendements obligataires. Et à Bruxelles, les ministres européens des Finances se sont à nouveau réunis pour tenter de régler les détails sur la façon d’augmenter la puissance du FESF et, étant donné les nombreuses questions épineuses à résoudre, ce processus trainera sans doute.
Commentaire
Davantage de ventes de swissie.
Malgré les évolutions incroyablement troublantes à la fois en Italie et en Grèce, c'est le swissie qui a connu une pression à la vente significative cette semaine. Les nouvelles tôt dans la journée de lundi n’ont pas aidé, annonçant que l'inflation en Suisse a diminué de 0,1% en glissement annuel et mensuel en Octobre, ce qui fut beaucoup plus faible que prévu. De toute évidence, la force du taux de change a contribué à la baisse significative des pressions sur les prix, jusqu’à un point où l'économie suisse est désormais confrontée à de la déflation. Pour la BNS, cette évolution sera extrêmement préoccupante. À tout le moins, elle va déclencher un nouvel examen du plafond de l'EUR/CHF à 1,20. Récemment, la spéculation a été bon train sur le fait qu'il pourrait être levé à au moins 1,25, et très probablement à 1,30. Pendant la nuit, l’EUR/CHF a presque atteint 1,2450, contre 1,2150 vendredi. Le président de la BNS Hildebrand a averti hier que davantage d'action pourrait bien être nécessaire, faisant écho aux propos tenus en fin de semaine dernière par son compatriote membre du conseil Danthine. Pendant la nuit, le vice-président de la BNS Jordan a renforcé ce message, affirmant que les décideurs ont « surveillé en permanence » les développements et que la crise dans la zone euro s’éterniserait probablement pendant un certain temps. Il reste à voir comment réussir une nouvelle intervention de la BNS pour la seconde fois.
La France contrainte d'annoncer davantage d'austérité budgétaire.
Au milieu des signes manifestes montrant un ralentissement l'économie, et avec la notation de crédit du pays sous grave menace, le ministre des Finances français François Fillon a annoncé hier de nouvelles mesures d'austérité pour un total de 7 milliards d'EUR pour 2012 et 11,6 milliards d'EUR supplémentaires pour l'année suivante. Fillon avait énoncé un plan de 12 milliards d'EUR de consolidation budgétaire il y a seulement trois mois. Malgré ces nouveaux engagements fiscaux, les investisseurs semblent peu convaincus - le rendement du gouvernement français à 10 ans a augmenté à 3,09% hier, avec un écart par rapport aux Bunds de 8pb supplémentaires, à 130pb. Face à de nouvelles élections l'année prochaine, le président Sarkozy, déjà bien derrière dans les sondages, tente de faire tout son possible pour s'assurer que son pays ne perde pas sa notation de crédit AAA d'ici là.
Merkel signe sur les réductions d'impôts.
Alors qu’une grande partie de l'Europe méridionale brûle, Angela Merkel a annoncé un plan de mesures de stimulation budgétaire ce week-end qui comprenait 6 milliards d'EUR de réductions d'impôt, destiné à être mis en œuvre en 2013. Réduire le fardeau fiscal des Allemands avait été un point d'achoppement majeur pour le partenaire de la coalition de la CDU, le FDP. Wolfgang Schaeuble, le ministre des Finances, avait préalablement insisté sur le fait que l'Allemagne devrait concentrer son attention sur l'assainissement budgétaire. Les autres mesures annoncées au cours du week-end comprenaient une augmentation de 1 milliard d'EUR pour les infrastructures de transport et un renforcement des fonds pour les gardes d'enfants. Contrairement à presque tous les autres membres de l'euro, la situation fiscale en Allemagne s’améliore encore. La semaine dernière, il y a eu la révélation sur le fait que la dette publique en Allemagne avait été surestimée de 55 milliards d'euros. Les Etats membres du Sud de l’union monétaire seraient délirants s’ils découvraient une erreur similaire.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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