Crise politique et financière en Grèce : le G20 au secours de l'Europe
Marchés actions :
La semaine fut particulièrement agitée pour les marchés actions. Contrairement aux mouvements quasi unidirectionnels du mois dernier, les cours ont extrêmement varié ces derniers jours, en accumulant les retournements de tendances rapides et profonds. La crise de la dette souveraine européenne et les problèmes grecs fascinent les investisseurs qui suivent de près chacune de ses évolutions. En revanche, les craintes à propos de l'économie américaine sont plus effacées.
A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. C'est dans cette atmosphère qu'ont évolué les places boursières européennes et surtout, les différents dirigeants de l'UE. L'actualité politique a été très riche cette semaine et a fortement balloté les marchés. Après une première séance très technique qui s'inscrivait dans le prolongement des accords signés le 27 octobre, les marchés ont terriblement chuté. A la surprise de tous, M. Papandréou, premier ministre grec, a proposé au parlement la mise en place d'un referendum qui demandera au peuple grec s'il désire rester ou non dans la zone euro. Cette décision remettait en question toutes les mesures qui avaient été votées lors du sommet de jeudi dernier et par conséquent la stabilité de la zone euro. En soulevant cette question, le premier ministre grec donnait aussi l'opportunité aux autres pays de la zone euro de remettre également leur place au sein de l'union monétaire en question. Cependant, la réponse des pays membres fût immédiate : Georges Papandréou s'est fait tancer pas ses confrères européens et par son propre parlement. Privé de tout soutien, le premier ministre a du faire marche arrière et à mesure que des rumeurs d'abandon circulaient, le cours des marchés actions se redressaient. On a même évoqué sa possible démission après un vote de confiance du parlement. En résumé, après les frayeurs du début de semaine, les investisseurs se sont calmés en constatant les réactions européennes. Le plan de sauvetage devrait très bientôt être approuvé en Grèce. Malgré les fortes protestations, il faut noter que le premier ministre a eu le mérite de soulever une question intéressante : est ce que la Grèce, qui a déjà subi trois ans d'austérité, et qui est « partie » pour en supporter encore neuf ans (sachant qu'en 2020, sa dette atteindra encore 120% du PIB) doit rester dans la zone euro ? Par ailleurs, les marchés n'ont pas rebondi seulement à cause du cas grec, c'est aussi le comportement de l'Italie qui a été salué. Le pays a montré une bonne volonté à se plier à la surveillance du FMI et de la commission européenne. Il s'est également engagé à réduire sa dette et à redresser sa balance commerciale par l'intermédiaire de réformes économiques et structurelles.
Outre-Atlantique, Wall Street semble toujours suivre les cours européens tout en évoluant à travers les publications des indicateurs macro-économiques américains. Comme la semaine précédente, la croissance américaine apparait toujours fragilisée avec des secteurs fondamentaux tantôt solides tantôt fragiles. Ainsi, ISM manufacturier est ressorti en baisse à 50.8 points, inférieur aux attentes des analystes qui attendaient 52,1 points. Autre point négatif : la confiance des consommateurs s'affiche largement en dessous des attentes des analystes.* En revanche, le marché de l'emploi semble se renforcer avec une enquête ADP de variation de l'emploi qui est ressortie à 110 000 créations contre 91 000 pour le mois précédent. Les nouvelles demandes allocations-chômage sont aussi en nette baisse puisqu'elles atteignent 397 000 nouvelles demandes pour le mois d'octobre contre 400 000 d'attendues par les économistes. Tout ces signaux donnent une image en demi-teinte de l'économie américaine : si celle-ci semblait en passe de s'accélérer en fin de trimestre, ces derniers chiffres macro-économiques prouvent le contraire. Le discours des institutions américaines s'est voulu très conventionnel : les minutes du FOMC n'ont pas apporté d'information supplémentaire sur les politiques futures de la banque centrale. Pour l'instant, la FED va se contenter de poursuivre l'opération Twist afin de faciliter au mieux la croissance américaine. Elle a par ailleurs indiqué que sans croissance, il pourrait difficilement y avoir une création d'emploi. En bref, les Etats-Unis se contentent de rester prudents en suivant benoitement les marchés européens, avec toutefois moins de volatilité. Les marchés ont quand même été secoués quand le courtier MF global a annoncé le dépôt de bilan suite à des résultats trop mauvais. La chute de cet établissement a brièvement fait réapparaitre le spectre de Lehman Brothers.
Coté asiatique, l'actualité a été relativement calme, les tendances des marchés étant de le sillage des marchés américains. Les places asiatiques ont tout de même été secouées à la suite de l'intervention de la BOJ sur le yen. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement avait annoncé qu'il lutterait contre les mouvements spéculatifs sur la monnaie japonaise. En effet, d'après Jun Azumi, ministre des finances japonais, la valeur fondamentale de la devise nippone est bien plus faible que sa valeur de marché actuelle. Cette intervention, bien que nécessaire, favorise l'économie japonaise, mais pèse sur les valeurs de marché.
*
Dans ce contexte, sur la semaine, le CAC40 est en baisse de 4,94%, le Dax30 à -4,29% et l'EuroStoxx50 à -4,86%. Le Footsie100 affiche de meilleures performances avec seulement -2,62%. Coté américain, le Nasdaq Composite perd 1,43%, le S&P500 est en retrait de 1,86% et le Dow Jones Industrial Average est baisse de 1,53% en variations hebdomadaires.
Forex :
Sur le marché des devises, la nervosité était nettement présente sur les différentes paires devises et en particulier sur la monnaie européenne. L'annonce d'un référendum grec mardi et la réunion de la Banque Centrale jeudi ont bousculé les marchés et ont contribué à une hausse de la volatilité. L'incertitude sur les marchés a profité d'une manière générale au dollar, devise refuge.
Après l'accord européen conclu jeudi 27 octobre lors du Sommet Européen, l'euro semblait sauvé. Pour preuve, il s'est envolé jusqu'à 1,4246 dollar le lendemain. Mais mardi, le référendum grec est venu semer le trouble sur les marchés. A la grande surprise des autres pays membres de la zone euro, le premier ministre grec M. Papandréou a proposé la mise en place d'un référendum qui demandera au peuple grec s'il désire rester ou non dans la zone euro. Cette annonce a fait l'effet d'une bombe sur les marchés car une telle proposition remet en cause la cohésion des pays membres de la zone euro. De plus, le résultat du référendum a de fortes probabilités d'être négatif au regard des revendications populaires dans les rues d'Athènes. Un « non » signifierait une sortie de la Grèce de la zone euro et une faillite du pays serait alors inévitable. Immédiatement, l'euro a fortement chuté atteignant les 1,3607$, son plus bas en séance. Les investisseurs restent très attentifs sur la crise européenne et ont peur que cette crise se transforme en drame perpétuel.
L'autre élément d'inquiétude qui pèse sur* les marchés est la situation économique en Italie. Avant la réunion du G20, le couple franco-allemand a fait pression sur le président Italien M. Berlusconi afin que celui-ci mette en place de nouvelles mesures d'austérités. En effet, l'Italie représente la troisième plus grosse dette de la zone euro en pourcentage du PIB. A ce titre les marchés obligataires ont fait l'objet de vives tensions. Les taux à 10 ans italiens ont touché un nouveau plus haut sur le marché secondaire à plus de 6,4%. Tous les experts affirment qu'au-delà de 6%, la situation est dangereuse d'autant plus que le conseil des ministres italiens à Rome n'a toujours pas entériné les réformes d'austérités. L'écart de taux à 10 ans entre l'Allemagne et l'Italie a atteint un pic de 462 points de base. Ce spread mesure la rémunération supplémentaire que l'Italie doit offrir aux investisseurs par rapport à l'Allemagne. La peur d'une contagion vers la France fait petit à petit son chemin. L'écart de taux à 10 ans entre l'Allemagne et la France a également atteint un nouveau record à plus de 135 points de base. Les OAT Françaises à 10 ans ont touché ce jeudi les 3,22% contre 2,9% en septembre. La perte du triple AAA Français est de plus en plus probable tant les perspectives de croissance sont moroses.
Jeudi, les marchés ont salué l'intervention de la Banque Centrale Européenne (BCE). Pour sa première réunion, Mario Draghi a annoncé une baisse des taux de 25 points de base à 1,25%. Ainsi, le nouveau président de la BCE a surpris les investisseurs par sa réactivité et ne s'attendaient pas à une baisse des taux. Cette décision est un bol d'air pour les marchés et la devise des dix-sept est revenu autour des 1,38 dollar. Cela va permettre aux entreprises et aux ménages une baisse de leur coût de financement. M Draghi a affirmé que la BCE prenait acte de plusieurs risques financiers qui se sont matérialisés au cours de ces derniers mois. La BCE apparait en sauveur des marchés mais n'a pas oublié de renvoyer les Etats à leurs responsabilités en affirmant que les interventions sur le marché secondaire étaient temporaires et limitées dans le temps.* Le possible abandon du référendum annoncé par M Papandréou est également un élément qui a procuré de l'apaisement en fin de semaine. Cependant, la situation politique reste encore incertaine et ne favorise pas l'achat des devises risquées.
La monnaie unique perd un peu plus de 2,60% face au billet vert en rythme hebdomadaire et s'échange autour des 1,3830 dollar. Sur le Nybot, le Dollar Index s'est repris et cote 76,87 points contre 75,20 en fin de semaine dernière. L'intervention des autorités japonaises lundi matin a entrainé une baisse de la devise nippone et a évité une envolée de celle-ci dans un contexte d'incertitude. La paire EUR/JPY se maintient autour des 107,80 yens comme la paire USD/JPY qui se stabilise aux alentours des 78 yens.
*
Matières premières*:
Sur le front des matières premières, les métaux précieux sont à l'honneur et sont à nouveau recherchés pour leurs rôles de valeurs refuges. Le métal jaune est hausse de plus de 3% sur la semaine et gagne plus de 50$. L'once d'or s'échange aux encablures des 1 760$. De son côté, l'argent se stabilise autour des 34$ l'once. Enfin, le pétrole est en hausse et profite de la reprise des marchés actions de cette fin de semaine. A New York, le Light Sweet Crude gagne 3,30% en rythme hebdomadaire à 94,25$ le baril et à Londres, le Brent de la mer du Nord s'adjuge 3,40% sur la semaine à 111,70$ le baril. En outre, les stocks américains de pétrole brut sont ressortis en hausse pour la deuxième semaine consécutive à 1,83 million de barils.
*
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 7 novembre 2011
01:30
ANZ Offres d'emplois (GM)
Octobre
-2.1%
10:30
Sentix Confiance investisseurs
Novembre
-19.7
-18.5
11:00
Ventes au détail Eurozone (GM)
Septembre
0.0%
0.1%
12:00
Production industrielle GM cvs
Septembre
-0.9%
-1.0%
Mardi 8 novembre 2011
01:30
Balance commerciale
Septembre
3000M
3100M
08:45
Balance commerciale française
Septembre
--
-4967M
10:30
Production Industrielle manufact. (GM)
Septembre
0.1%
-0.3%
14:15
Mises en chantier
Octobre
200.0K
207.6K
16:00
IBD/TIPP Optimisme dans l'économie
Novembre
40.3
Mercredi 9 novembre 2011
01:30
Prêts immobiliers GM
Septembre
1.5%
1.2%
03:00
Indice Prix Consommation (GA)
Octobre
5.4%
6.1%
06:00
Eco Watchers Survey: Actuel
Octobre
46.5
45.3
08:45
Déficit budgétaire (en euros)
Septembre
-102.8B
10:30
Balance commerciale des visibles GBP/Mln
Septembre
-£7950M
-£7768M
15:30
Discours de B.Bernanke
16:00
Stocks Commerce en gros
Septembre
0.6%
0.4%
Jeudi 10 novembre 2011
01:30
Taux de chômage
Octobre
5.3%
5.2%
10:00
Raport mensuel BCE
13:00
BOE Annonce d'achat d'actifs
Novembre
275B
275B
13:00
BOE Annonce Taux
0.50%
0.50%
14:30
Balance commerciale
Septembre
-$46.0B
-$45.6B
14:30
Nouvelles Demandes Allocation-chômage
397k
Vendredi 11 novembre 2011
10:30
Indice PPI (GM)
Octobre
0.1%
1.7%
15:55
Confiance University of Michigan
Novembre
61.0
60.9
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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