Il n’y a rien de certain
Suivre la cadence des derniers rebondissements en Grèce, c'est comme essayer de clouer de la gelée sur un mur. A l'heure actuelle, même si le gouvernement grec est confronté ce soir à un vote de confiance, il ne s’agit pas d’un simple résultat binaire en termes de conséquences. Beaucoup de négociations sont en cours et même si le gouvernement gagne, il n'y a aucune garantie sur le fait que l’actuel premier ministre Papandréou garde son poste. Pour le moment, le référendum ne semble plus être d’actualité, mais la Grèce est encore loin d’être sortie d’affaire. La Grèce a suggéré hier qu’elle avait suffisamment de liquidités pour tenir jusqu'à la mi-décembre. Au bout du compte, à moins que la tranche suivante d’aide de l'UE et du FMI ne soit versée (8 milliards d'EUR), la Grèce fera très vraisemblablement défaut et aucune personne sensée ne prêterait à la Grèce dans le contexte actuel. Le caractère pervers de la journée d'hier a été illustré par le fait que les actifs à risque ont rebondi lorsqu’il est devenu évident que le gouvernement avait perdu sa majorité. Avec des actions asiatiques plus fortes, la journée d’aujourd'hui semble prête à démarrer calmement, mais elle va être longue. L'euro, pour sa part, se comporte encore remarquablement bien.
Commentaire
La Grèce a éclipsé et détourné le G20.
La majeure partie de l'agenda de la réunion du G20 à Cannes a été jetée par la fenêtre. Les réunions se poursuivent aujourd'hui, mais ne vous attendez pas à ce que cela aboutisse à quelque chose de consistant. Le point intéressant est la Chine. Alors qu'auparavant, la Chine a subi des pressions sur son taux de change, plus implicitement qu'explicitement, cela est moins susceptible de se produire cette fois-ci. L'Europe a besoin la Chine, qui a déjà été un investisseur confiant et ouvert dans le FESF, mais elle est maintenant méfiante à juste titre. C'est un changement notable de dynamique et il sera intéressant de voir si la déclaration reflète cela, de façon directe ou probablement plus indirecte.
La BCE prend la bonne décision.
Si cette crise devrait avoir enseigné aux banques centrales une chose, c'est qu'il n'y a rien à gagner à attendre, du moins pas jusqu’au prochain mois et un tas de prévisions pour nous dire ce que nous savons déjà. En effet, la réduction des taux d'intérêt hier inverse la hausse Juillet qui n'aurait jamais dû arriver, alors si elle doit être accueillie positivement, elle devrait également simplement être considérée comme une inversion de ce qui a été un mouvement égaré. Nous avons écrit longuement sur ce sujet à l'époque, mais en résumé, la BCE a estimé que l'économie réelle était à l'abri de la crise souveraine qui était bien trop évidente à l’époque. Les événements ont montré que ce ne fut pas le cas et, malgré les injections de liquidités supplémentaires, les marchés monétaires restent fracturés. Mais les taux d'intérêt sont seulement un élément du rôle très difficile et à multiples facettes qu’a la BCE. Ce qui nous intéresse davantage ici c’est la position de Draghi sur les achats obligataires et la position de la BCE sur la dernière tournure que prennent les événements en Grèce. Par ailleurs, il est également possible pour la BCE de prolonger ses injections de liquidité, bien qu'il y ait eu des mesures assez détaillées sur cette question le mois dernier et que cela semble être alors une mince possibilité. Globalement cependant, si cette décision marque le début d'une nouvelle approche de la BCE, elle devrait être accueillie positivement. Un des principaux problèmes de la présidence de Jean-Claude Trichet ces dernières années a été son incapacité à apprendre et à respecter rigoureusement le dogme des approches de la pré-crise du crédit qui s'était avéré être défectueux. Cela a étayé sa pression en faveur des hausses de taux de cette année, malgré les énormes risques de baisse qui prévalaient à cette époque. Dans une semaine de malheur, ce mouvement pourrait être la meilleure chose qui puisse en sortir.
Le swissie sous pression.
L'un des mouvements forts que nous avons observé cette semaine se trouve sur les valeurs refuges européenne, mais cela entraîne à nouveau une pression à la hausse sur le swissie. Ce n'est pas le seul, la livre sterling s’est également raffermie contre l'euro cette semaine et les obligations souveraines britanniques s’envolent aussi. Mais pour les autorités suisses, qui en Septembre avaient défini une valeur minimale de 1,20 pour l’EUR/CHF, cela engendre un nouveau casse-tête. La possibilité d'un défaut désordonné de la Grèce est maintenant fermement à l’ordre du jour, même si le référendum est annulé en faveur d'une élection.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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