L'Europe trouve enfin les solutions qui rassurent les marchés




Marchés actions :


Cette semaine, les marchés clôturent en nette hausse, partiellement rassurés à propos des crises qui inquiétaient les investisseurs depuis plusieurs semaines. Après deux premières séances hésitantes, les marchés ont finalement fortement rebondi à l'issu du sommet européen. La volatilité a été à son comble sur les marchés, avec des variations record pour le secteur bancaire.



La zone euro serait elle sauvée ? Après dix heures de négociations sous pression, les dirigeants européens sont enfin parvenus à un accord qui a soulagé les marchés. Malgré un premier sommet qui n'avait pas été très convaincant, les pays membres de l'Union Européenne ont fait abstraction de leurs dissidences et sont parvenus à prendre des décisions historiques en très peu de temps. Finalement, trois piliers majeurs ont été mis en place. Tout d'abord, la décote des titres de dettes se fera à hauteur de 50%, ce qui soulagera grandement la Grèce. Aujourd'hui, l'agence de notation Fitch a déclaré que cette opération de crédit aboutirait à un relèvement de la dette grecque qui passerait de CCC à B. Une baisse des taux d'intérêts du pays, couplée à une politique de rigueur efficace devrait permettre au pays de rembourser ses 100 milliards de dettes d'ici 2020. Par ailleurs, le FESF atteindra la taille de 1000 milliards d'euros grâce à un complexe système d'assurances et d'investissements. Cette somme colossale devrait être suffisante pour secourir des pays majeurs de la zone tels que l'Espagne ou l'Italie si ceux-ci venaient à basculer comme la Grèce. Troisièmement,* les banques européennes vont toutes être fortement recapitalisées grâce à un plan européen de 100 milliards d'euros. Pendant plusieurs semaines, les marchés ont montré leurs inquiétudes à propos du secteur bancaire et des pays périphériques. Ces mesures devraient réduire le risque systémique de la crise et rétablir la confiance entre les institutions financières.



Pourtant, si la situation semble se décanter, il est impératif de rester prudent, les problèmes du monde financier étant loin d'être terminés. D'abord, concernant les réformes européennes, énormément de zones d'ombre et d'interrogations demeurent à propos de la mise en place concrète de ces mesures. Par ailleurs, il faut également penser à l'avenir : si la catastrophe a pu être évitée cette fois ci et si le risque de faillite est largement redescendu, il n'en demeure pas moins que certains pays conservent une dette colossale qu'il est nécessaire de combler. La dette italienne atteint 120% du PIB, il est capital que cette dernière diminue afin que le pays ne rencontre pas de difficultés à l'avenir. Par ailleurs, l'Europe semble basculer en récession comme l'ont montré les indices PMI manufacturier du mois d'octobre. Avec une croissance anémique, une dette importante et une activité manufacturière qui se contracte, l'Europe n'est toujours pas tirée d'affaire malgré les efforts qui viennent d'être fait. Les pays ont besoin de réformes solides afin de redresser leurs économies, ainsi que de régulations pour museler la spéculation des marchés.
Outre-Atlantique, les bourses ont été rythmées par les publications des résultats d'entreprises et par les nouvelles en provenance de l'Europe.* Contrairement à la semaine passée, l'économie américaine envoie des signaux contradictoires. Si les indicateurs macro-économiques de la semaine dernière laissaient penser que l'économie américaine serait en accélération en fin d'année, ceux de cette semaine sont moins enthousiasmants. La confiance du consommateur et les commandes de bien durables sont ressorties largement inférieures aux attentes, plombant l'optimisme des places boursières. Le marché de l'emploi parait toujours en difficulté avec des nouvelles demandes d'allocations-chômage qui restent chaque semaine au delà des 400 000 demandes. En revanche, le PIB américain annualisé se maintient sur une croissance de 2,5% pour l'année 2011 et l'indice de confiance de l'université du Michigan est ressorti nettement supérieur aux attentes des analystes en s'affichant à 60.9 contre 58.0 d'attendus par les analystes. Par conséquent, l'incertitude perdure sur l'économie américaine qui apparait toujours fragile. Cependant, si l'Europe parvient à se solidifier, cela devrait profiter au monde entier. En bref, les marchés sont euphoriques et l'ambiance est aux prises de bénéfices. Les tensions retombant en Europe, les investisseurs devraient se rediriger vers des actifs moins risqués.



Dans ce contexte, sur la semaine, le CAC40 est en hausse de 5,85%, le Dax30 à +6,18% et l'EuroStoxx50 à +5,12%. Le Footsie100 affiche des performances plus modestes avec +3,89%. Coté américain, le Nasdaq Composite gagne 3,67%, le S&P500 est en progression de 3,68% et le Dow Jones Industrial Average est hausse de 3,37% en variations hebdomadaires


Forex :


Sur le marché des devises, les cambistes ont suivi de près cette semaine la réunion des dirigeants de la zone euro qui s'est tenue mercredi à Bruxelles pour résoudre la crise des dettes souveraines. Malgré quelques différends, les responsables européens sont parvenus à se mettre d'accord. Le plan décidé lors de ce sommet marque ainsi une nouvelle étape pour la zone euro. A la suite de ce sommet, la Grèce voit sa dette réduite de moitié, véritable bouffée d'air frais pour le pays au bord de la faillite. Parallèlement, un nouveau plan d'aide de 100 milliards d'euros a été mis en place pour Athènes remplaçant celui voté le 21 juillet dernier. Autre point majeur de cette réunion, la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été renforcée passant ainsi de 440 milliards d'euros à 1 000 milliards d'euros. Enfin, près de 70 banques européennes devront se recapitaliser pour un montant total évalué à 106* milliards d'euros. Ces nouvelles mesures ont été bien accueillies par les marchés qui attendaient une réponse forte à la crise actuelle alors que la situation devenait critique. Dans ce contexte, les cambistes ont délaissé les valeurs refuges pour se pencher sur des actifs plus risqués. En fin de semaine, la monnaie des dix-sept a grimpé à 1,42 $ face au billet vert pour redescendre aux alentours des 1,4141 $ vendredi après-midi alors qu'elle s'échangeait sous les 1,38 en début de semaine. La tendance est similaire pour la monnaie unique face à la livre sterling pour atteindre 0,87 pence pour un euro. Enfin du coté de la devise helvétique la tendance reste relativement stable, un euro se traite pour 1,2214 franc suisse tandis qu'un dollar américain se négocie pour 0,8630 franc suisse.



Coté indicateurs, l'indice PMI en France a brutalement chuté pour passer à 46,8 faisant craindre une récession en France. Par ailleurs, l'indice PMI flash composite Markit a été présenté également en baisse à 47,2. Aux Etats-Unis, l'indice d'activité de la Réserve fédéral de Chicago est ressorti en baisse de 0,22% contre un précédent de -0,43% tandis que la croissance américaine progresse de 2,5% au cours du troisième trimestre de l'année, un chiffre en phase avec les prévisions des analystes. Ce résultat reste néanmoins insuffisant pour faire diminuer le chômage dans le pays toujours supérieur à 9%. En fin de semaine, le billet vert se traite pour 1,61 dollar contre la devise britannique.



L'Asie a été marquée par une poursuite de l'appréciation du yen face à sa principale contrepartie. Sur la semaine, la paire USDJPY a perdu 0.65% passant de 76.40 JPY à 75.75 JPY. Ailleurs en Europe, la paire GBPJPY a pris 0.50% de 121.50 JPY à 121.90 JPY, alors que l'EURJPY s'est apprécié de 1.50% de 105.65 JPY à 107.25 JPY. Face au nouvel élan du Yen, le gouvernement japonais a mis en place un assouplissement monétaire afin d'essouffler le regain de vigueur de la devise. La banque centrale du Japon a décidé d'augmenter de 5 000 milliards de yens (47 milliards d'euros) ses achats de bons du Trésor, faisant passer à 55 000 milliards de yens (519 milliards d'euros) le plafond des montants qu'elle consacre aux achats d'obligations d'Etat et d'entreprises. Cette démarche provient du ministre nippon des Finances, Jun Azumi, qui estime qu'un yen aussi fort pénalise fortement la reprise de l'archipel et devient très difficilement supportable pour les entreprises japonaises qui voient se réduire la valeur de leurs revenus tirés de l'étranger. L'euro s'est en revanche fortement apprécié face au Yen à la suite des décisions des dirigeants européens pour enrayer la crise de la dette qui sévit.


Matières premières*:
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Au chapitre des matières premières, la semaine a été marquée par la hausse des métaux précieux, or et argent en tête, sur fond de crise souveraine européenne. L'annonce mercredi soir du plan de sauvetage de la zone euro aura redonné confiance aux indices avec notamment un rebond de plus de 6% de l'indice parisien jeudi. D'une manière générale, les investisseurs restent tout de même inquiets de la situation économique et les statistiques publiées en Asie, en Europe et aux États-Unis ne rassurent pas. Le ralentissement de l'économie mondiale permet de soutenir les métaux précieux qui en profitent pour revenir sur une tendance haussière après une période de détente des cours. Certains investisseurs en ont d'ailleurs profité pour réaliser des achats bon compte.



Ainsi, l'or est revenu se négocier au-dessus des 1750 dollars à 1752,30 dollars au plus haut hebdomadaire, soit une progression de près de 7% depuis son cours d'ouverture lundi à 1640 dollars. Valeur refuge par excellence, le métal jaune profite de la hausse de l'inflation et plus particulièrement de celle de la Chine qui a atteint quasiment 6% sur une année. Sur la séance du jour, l'or est particulièrement recherché après les mauvais résultats de l'adjudication italienne sur des taux à 10 ans. Les obligations émises en date d'échéance mars 2022 sont ressorties à un taux historiquement élevé de 6,06% contre 5,86% lors de la précédente émission un mois auparavant. L'Italie reste donc au centre des préoccupations de la zone euro et continue d'inquiéter face au manque de crédibilité de ses dirigeants, Silvio Berlusconi en tête. Le Cavaliere est aujourd'hui plus que jamais controversé en Italie. Autre explication à un retour d'appétit sur les métaux, la progression de la demande physique via les achats des banques centrales. L'Inde, la Chine mais également la Russie continuent d'accroître leurs réserves pour diversifier leurs avoirs. Anglogold Ashanti, troisième producteur mondial estime pour sa part que les cours de l'or pourraient continuer à croitre dans une économie mondiale incertaine.
Du côté de l'argent métal, la tendance est identique. Sur le marché spot, le XAGUSD est revenu au-dessus des 35 dollars à 35,65 dollars. En rythme hebdomadaire l'argent gagne 4,20 dollars soit une hausse de 13%.



Du côté des cours du brut, le prix ont continué de grimper cette semaine dans un marché dominé par le retour de l'optimisme après l'annonce des mesures lors du sommet européen de Bruxelles. Ainsi, le baril léger américain d'échéance décembre prochain a gagné 5,51 dollars pour venir s'échanger contre 92,68 dollars ce jour. A Londres, le Brent de Mer du Nord s'est également apprécié pour revenir sur les 112 dollars. Autre facteur important, les chiffres publiés mercredi par le Département américain de l'Energie (DoE). Le département a fait état d'une hausse importante de 4,7 millions de barils de brut lors de la semaine du 21 octobre soit douze fois plus que les attentes des analystes. La mauvaise surprise provient des produits distillés (gazole et fioul) qui ont reculé de 4,3 millions de barils soit deux fois plus que ce qui était attendu par les économistes.










































































































































































































































Heure Pays
Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 31 octobre 2011
08:00 Ventes de détail All. (GM) Septembre 1.0% -2.7% 4
11:00 Taux de chômage Zone Euro Septembre 10.0% 10.0% 5
13:30 PIB (GM) Août 0.2% 0.3% 5
22:45 Variation du coût du travail 3T 0.9% 0.5% 3
Mardi 1 novembre 2011
03:30 Indice Hsbc PMI Octobre -- 49.9 4
04:30 Taux d'intérêt RBA -- 4.5% 4.75% 5
09:15 Ventes de détail (GA) Septembre -- -1.9% 3
10:30 Indice PMI Manufacturier Octobre 50.0 51.1 4
10:30 PIB (GT) 3T 0.3% 0.1% 5
15:00 Dépenses de construction (GM) Septembre 0.3% 1.4% 4
15:00 ISM Manufacturier PMI Octobre 52.2 51.6 5
Mercredi 2 novembre 2011
09:55 Taux de chômage Octobre 6.9% 6.9% 3
10:00 PMI Manufacturier Octobre 47.3 47.3 4
10:30 Indice PMI Construction direct. d'achat Octobre 49.8 50.1 4
13:15 ADP variation de l'emploi Octobre 100k 91K 5
17:30 FOMC Décision de la FED -- 0.25% 0.25% 5
22:45 Taux de chômage 3T 6.4% 6.5% 4
Jeudi 3 novembre 2011
01:30 Ventes de détail (GT) Septembre 0.4% 0.6% 4
10:30 PMI des services Octobre 52.0 52.9 4
13:45 Annonce des Taux d'intérêts BCE -- 1.50% 1.50% 5
15:00 ISM non manufacturier Octobre 53.5 53.0 5
15:00 Commandes de biens durables Septembre -0.1% -0.2% 4
Vendredi 4 novembre 2011
12:00 Taux de chômage Octobre 7.2% 7.1% 4
13:30 Var. Emploi non agri. Octobre 95k 103k 5
13:30 Taux de chômage Octobre 9.1% 9.1% 5
15:00 Indice Ivey des directeurs d'achats Octobre 56.0 55.7 3
Degré de pertinence pour les marchés :





5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne







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