C'est dans les détails qu'on trouve les failles


Les dirigeants européens ont enfin débattu pour trouver une réponse à la crise globale mercredi soir, ce qui a abouti à un communiqué publié hier matin à Bruxelles. L'Italie s’est ‘engagée’ sur une consolidation budgétaire et des réformes structurelles significatives afin d’atteindre un budget équilibré d'ici 2013 et pour introduire une règle d'équilibre budgétaire d'ici la mi-2012. Cela inclura notamment la législation largement impopulaire sur l’augmentation de l'âge de la retraite de 65 ans à 67 ans d’ici à 2026. La Grèce aura une équipe de surveillance de la troïka UE/FMI/BCE stationnée à temps plein sur le terrain à Athènes afin « de conseiller et d’aider » et « d’assurer la mise en place rapide et complète des réformes ». Concernant les coupes de la dette grecque, les détenteurs privés d'obligations ont apparemment convenu d'un échange obligataire « volontaire » équivalent à 50% pour permettre une réduction de la dette publique/PIB de 120% d’ici à 2020. Les membres de la zone euro se sont engagés à verser 30 milliards d’EUR supplémentaires. Pour le FESF, il y aura deux approches complémentaires, l’offre de rehaussement de crédit pour les nouvelles émissions des États membres et également des financements supplémentaires des institutions publiques et privées et des investisseurs, probablement sous une certaine forme de SPV. Selon Sarkozy, la partie non engagée du FESF (environ 250 milliards d'euros) pourrait être levée quatre ou cinq fois (en offrant une assurance de 20% ou 25%) pour relever la puissance du FESF à plus de 1000 milliards d’EUR excluant tout fonds de « riches donateurs ». En ce qui concerne la recapitalisation, le ratio de fonds propres des banques doit être porté à 9% d’ici la mi-2012, ce qui signifie que jusqu'à 70 banques peuvent avoir besoin de lever collectivement 106 milliards d’EUR avec les gouvernements pour fournir des garanties afin d’empêcher un effet de levier inversé significatif.

Commentaire

L’Armageddon a pour l'instant été évité.

Bien qu’il y eut encore de nombreux « espaces vides », comme George Osborne l’a succinctement suggéré, il y avait assez d'encouragement dans la déclaration du Sommet de l'UE pour continuer à amadouer les investisseurs et les traders qui craignaient Armageddon il y a seulement quelques semaines. En particulier, les actifs à risques ont réagi très positivement hier, avec le CAC-40 et le DAX en hausse de 5%, ce dernier a augmenté de 23% par rapport au plus faible de la mi-septembre. Les devises à bêta élevé telles que l'aussie se sont envolées de plus de 13% en moins de quatre semaines. Aider les devises à bêta élevé a entrainé une course effrénée des prix des métaux de base - le prix du cuivre, par exemple, est en hausse de près de 15% en seulement une semaine. La monnaie unique est à 1,42 - début Octobre, elle paraissait bloquée vers le bas à 1,32. Les rendements obligataires des pays souverains troublés ont plongé - l'écart entre les BTP italien à 10 ans et les Bunds allemands a diminué de plus de 20pb, tandis que le spread à 10 ans des FR/ALL s’est resserré de manière significative. En ce qui concerne le dollar, qui a attiré tant d'intérêt à l’achat le mois dernier pour ceux désireux d'échapper à l'euro, nous avons pu observer certaines ventes supplémentaires puisque ceux qui étaient courts sur la monnaie unique ont été obligés de se couvrir. Comme nous l'avons remarqué à plusieurs reprises récemment, la base de vendeurs sur l'euro parmi les traders et les investisseurs était énorme dans la première moitié du mois, et il y avait alors un énorme potentiel pour au moins une reprise de couverture tant que les responsables européens montraient de la bonne volonté. Cette observation (une base de vendeurs excessive) s'appliquait également aux actions, aux devises à bêta élevé et aux obligations souveraines européennes périphériques. Il est tout à fait plausible que puisque les traders recadrent leurs objectifs pour la fin de l’année fiscale, nous puissions encore voir d’autres opérations de couvertures sur les actifs à risque et sur l'euro à court terme.

Une embellie aussi pour les États-Unis ?

La réponse de l'Europe à la crise du crédit est presque allée de pair avec un rapport encourageant sur les Etats-Unis suggérant que le pire pourrait être derrière eux, au moins à court terme. Deux mois en arrière, il y avait une anxiété accrue sur le fait que l'économie américaine bscule à nouveau dans la récession, l'incertitude générée par les problèmes de l'Europe n’ayant pas aidé. Toutefois, l'estimation provisoire de la croissance du PIB pour le 3ème trimestre de 2,5% a été confortablement au-dessus des 1,3% enregistrés au 2ème trimestre et des 0,4% de hausse en T1. En outre, le consommateur était dans une forme raisonnable et l'investissement des entreprises se poursuit très convenablement. Par ailleurs, les demandes continues d'allocations chômage ont chuté de près de 100K la semaine achevée le 15 Octobre, un plus bas en trois ans. Comme toujours, il y a des avertissements importants dans toutes les bonnes nouvelles. Par exemple, lors du dernier trimestre, le revenu disponible réel a baissé de 1,7% à un taux annuel désaisonnalisé, ce qui a entraîné un effondrement du taux d'épargne à seulement 4,1%. En outre, la baisse des demandes continues est probable, en partie due à un resserrement des critères d'admissibilité. Dans des moments comme ceux-ci, il est difficile de savoir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein.

Une banque pleine de spéculateurs à la baisse.

Pas un ou deux, mais trois membres du MPC ont présenté une évaluation très pessimiste des perspectives économiques du Royaume-Uni ces derniers jours. Adam Posen, le membre le plus prudent du comité d'élaboration de la politique, a déclaré jeudi que l'économie est "dans un entonnoir" et que la croissance cette année sera plus faible que 0,5%. Martin Weale a affirmé plus tôt cette semaine qu'il ne serait pas surpris si la croissance de ce trimestre était négative. Et pour couronner cette négativité, Paul Fisher a suggéré que les 75 milliards de GBP d'achats d'actifs entrepris par la BOE plus tôt ce mois-ci sont le minimum requis et que l'économie est peut-être déjà en baisse. Ses remarques laissent entendre qu'il pourrait être déterminé pour entreprendre des achats d'actifs supplémentaires. Il peut y avoir peu de désaccord avec ceci - l'économie britannique est comme un oiseau sans ailes en ce moment.

Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist


Analyse du broker FxPro
Informations sur le courtier FxPro