L’Europe s’enlise dans la crise financière
Si les dirigeants européens espéraient que les progrès qu'ils avaient accompli au cours du week-end puissent contribuer à apaiser les investisseurs et les traders, alors les mouvements des prix de lundi devraient leur indiquer de revoir leur plan. Après avoir atteint un sommet plus tôt sur les 1.3954, l'euro est retombé de plus d'une figure en fin de matinée étant donné qu’il en ressort que les responsables politiques européens ont toujours deux coups de retard. Les écarts sur les obligations souveraines perturbées ont continué de se creuser par rapport aux Bunds allemands, avec les obligations gouvernementales à 10 ans IT/ALL s’écartant encore de 13pb à 390pb à un moment donné. La France n'est pas tirée d’affaire non plus – le spread des rendements à 10 ans FR/ALL s’étant encore élargi de 5pb à 118pb. Les dirigeants européens ont fait un pas courageux afin de tenter de résoudre leurs divergences et de trouver une solution à l'aggravation de la crise bancaire et de la dette souveraine au cours du week-end, mais malheureusement, il semble qu'ils seront à nouveau décevants lorsqu’ils annonceront les détails de leur réponse à la crise mercredi. À certains égards, tel est le rythme incroyable avec lequel les circonstances sous-jacentes se déplacent et les principaux responsables politiques européens ont du mal à suivre. En effet, on se souvient du petit garçon qui utilise ses doigts pour tenter de boucher les trous dans une digue - finalement, il est à court de doigts, et, pire encore, ses doigts ne sont simplement pas assez grand pour remplir les trous. Plus critique encore, certains progrès ont été réalisés sur l'augmentation de la puissance du FESF, mais les plans en sont encore à un stade très précoce et ils pourraient encore être remaniés. Samedi, les hauts fonctionnaires des finances de la zone euro ont été choqués d'apprendre que la taille du trou noir fiscal en Grèce pourrait correspondre à 252 milliards d’euros d’ici à 2020, à moins que les détenteurs d'obligations puissent être convaincus de partager le fardeau. Ceci absorberait virtuellement la quasi-totalité des ressources financières restantes du FESF, ne laissant presque rien pour d'autres renflouements, des achats sur le marché obligataire secondaire ou des recapitalisations bancaires. En substance, comme énoncé succinctement par le ministre néerlandais des finances, les dirigeants européens ont besoin « d’en venir au faits » en ce qui concerne l'augmentation de la taille des moyens de renflouement. Les rumeurs stipulant que le FESF pourrait mettre en place un SPV destiné à attirer des fonds du FMI, des pays BRIC et/ou les fonds souverains sont en quelques sortes rassurantes, c’est l'une des principales sources d'optimisme pour sortir de ce week-end cacophonique. Sans une participation non-européenne dans le FESF, les dirigeants européens semblent incapables de trouver un moyen de l’approvisionner avec des fonds dont il a si désespérément besoin.
Commentaire
L'image de l’obscurcissement de la croissance en Europe.
À une époque d'incertitude extraordinaire concernant l'avenir du projet euro, il n’est peut-être pas surprenant que les décideurs économiques se ferment hermétiquement, juste au cas où. Les données PMI d'hier pour Octobre confirment que la croissance en Europe continue de s'assombrir. Pour la zone euro, l'indice PMI composite a chuté à seulement 47,2 ce mois-ci, avec l’industrie et les services à nouveau en forte baisse. L’Allemagne, sauveur de la croissance en Europe en charge, est entraînée vers le bas, avec le PMI manufacturier en baisse en dessous de 50. Ce dernier choc concernant la croissance a pesé sur l'euro hier alors qu'il était déjà sous pression sur d'autres fronts. Comme nous l'avons mentionné dans un autre blog hier (voir Forex News | Eurozone | G20| EFSF | IMF | BRICs), la perception est que, tandis que les dirigeants européens ont progressé ce week-end, ils restent néanmoins bien en retard. Sans effectuer d’injection massive dans le FESF pour en augmenter sa puissance, n’importe quelle annonce faite mercredi est susceptible d'être considérée comme inadéquate.
Les menaces sur la devise nippone deviennent encore plus audibles.
Clairement secoué par l’embardée soudaine de vendredi sur l’USD/JPY en baisse jusqu'à un nouveau record de 76, le nouveau ministre des finances japonais a menacé hier et encore pendant la nuit de prendre d'autres « mesures décisives ». Azumi a été remarquablement animé, déclarant que les derniers mouvements étaient « entièrement spéculatifs », non basés sur les fondamentaux, regrettables et excessifs. Il a également réaffirmé que la force du yen nuit au secteur des exportations (les chiffres du commerce publiés lundi ont en fait suggéré que les exportateurs ont au moins relativement bien fait face à la force de la devise). Comme nous l'avons suggéré la semaine dernière, la détermination du ministère des finances afin de stabiliser le yen cette année a été sans faille. Par ailleurs, les hauts dirigeants de l'industrie ont mis en garde le gouvernement depuis quelque temps sur le fait que le niveau élevé de la devise aurait un impact sur les décisions futures concernant la localisation des activités, les installations de production, etc. Bien que l'action unilatérale échoue souvent pour l’obtention d’autre chose qu'un impact éphémère, le ministère des finances est néanmoins clairement sur le point d'entreprendre une intervention. Dans le cas du Japon, il a à la fois la volonté et la puissance, ayant récemment triplé la taille de son fonds d'intervention.
L’appel pour davantage d’assouplissement quantitatif de la FED.
Les bruits sur le fait que la Fed sera contrainte assez tôt d’étendre la taille de son bilan sont une des raisons de la faiblesse du dollar au cours des deux dernières semaines. La semaine dernière nous avons eu deux hauts responsables de la Fed, dont la vice-présidente Janet Yellen, qui ont laissé entendre qu’il s’agissait d’une possibilité distincte. Yellen a affirmé à juste titre qu’une autre série de mesures d'assouplissement quantitatif pourrait bien être nécessaire afin de stimuler une économie bloquée avec un taux de chômage trop élevé, à plus de 9,0%. En outre, la façon dont l'économie évoluera en 2012 constitue également une préoccupation, avec une politique budgétaire fixée pour soustraire au moins 1,5 points de pourcentage de croissance. Toute expansion du bilan pourrait bien inclure une augmentation des achats de prêts hypothécaires, parce que la Fed reconnaitrait que la réduction des coûts hypothécaires peut agir comme un puissant stimulant pour l'économie. Le gouverneur de la Fed Tarullo a soulevé cette question exactement la semaine dernière.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
Analyse du broker FxPro
Informations sur le courtier FxPro
![]()
![]() |
|


LinkBack URL
About LinkBacks


Répondre avec citation