L’austérité budgétaire au Royaume-Uni atteint ses objectifs
Le Royaume-Uni est un cas de test fiscal que beaucoup regardent de près. L'économie a été au point mort au cours des neufs derniers mois, mais le gouvernement s'en tient à ses plans pour maîtriser le déficit. Les chiffres sur l'emprunt publiés vendredi montrent que le déficit est actuellement en passe d'atteindre les objectifs fixés plus tôt cette année. En regardant les emprunts nets du secteur public (ex. interventions sur les banques), le Bureau du Budget les jauge à 122 milliards de GBP pour l'année fiscale en cours, soit un résultat environ 11% inférieur aux 136.7 milliards de GBP pour l'exercice 2010/11. Suivant les tendances actuelles, le Royaume-Uni est en passe d'atteindre son objectif, les six premiers mois montrant une amélioration de 11% par rapport à l'année dernière. La livre sterling a relativement bien performée, elle a sans doute bénéficié des problèmes croissants de l'Europe, mais le gouvernement a encore du travail pour faire en sorte que l'emprunt soit gardé sous contrôle dans le contexte d'une économie stagnante.
Commentaire
L'or est moins tradé en tant que valeur refuge sûre.
L’or a récupéré vendredi une partie de ses pertes, mais cela est survenu à la fin de la semaine durant laquelle il a chuté sur une base quotidienne vers le plus bas de son récent canal allant de 1600 USD à 1700 USD. En regardant la relation de l'or avec les actions, il semble que l'or se négocie moins comme une valeur refuge. Les pressions exercées vers les sommets de 1800 USD et au-delà étaient accompagnées par la baisse des marchés boursiers, les investisseurs s'inquiétant pour l'économie mondiale. Ces derniers mouvements ont été beaucoup moins inversement corrélés avec les actions. Auparavant, il y avait le sentiment qu’une partie de la demande pour l’or était fondée sur la crainte d’une dégradation générale de la devise face à l’augmentation du fardeau de la dette. Cependant, la Banque d'Angleterre ayant désormais entamé une vague supplémentaire d’assouplissement quantitatif, il y est probable que l'opinion change. Un ralentissement mondial davantage synchronisé réduira la probabilité d'inflation et rendra le chemin de la dévaluation beaucoup plus difficile pour les pays. En outre, les principales menaces sont dans la zone euro où il n'y a pas de gouvernement central pour s'engager dans la dévaluation de la devise. Nous avons parlé plus tôt de comment l'impact des nouveaux assouplissements quantitatifs (que ce soit dans ou en dehors des Etats-Unis) sera différent par rapport à la première vague de 2009 et le modèle que nous avons observé pour les prix de l’or le confirme.
La déception européenne déclenche une nouvelle demande de swissie.
Au cours des deux dernières années, dans ces moments où les investisseurs internationaux craignaient que la prévarication européenne risquait d’entrainer l'ensemble du projet euro dans un vortex financier, c’est vers le franc suisse que les flux de capitaux se sont invariablement tournés. Au cours des derniers jours, l’inquiétude que la France et l'Allemagne puissent être incapables de surmonter leurs divergences sur la façon de régler la crise bancaire et de la dette souveraine en Europe a provoqué un regain d'appétit pour la sécurité supposée du franc suisse, en dépit de mécontentement évident de la BNS. L’EUR/CHF, qui plus tôt la semaine dernière n’était pas loin des 1,25 au milieu des spéculations que la BNS pourrait bientôt lever son plafond de l'actuel niveau de 1,20, est retombé à près de 1,22 vendredi, bien que ce matin il soit de retour à près de 1,23. De toute évidence, ceux qui ont décidé d'échanger des euros contre des francs suisses à ces niveaux sentent qu'il y a moins de risque dans ces derniers que dans les premiers étant donné l'incapacité continue des dirigeants européens à s'accorder sur une voie à suivre. Bien que compréhensible, il reste à voir si c'est le bon signal. La BNS sera furieuse de cette dernière hausse de devise, alors que les dirigeants européens font des progrès vers la résolution de certaines des questions clés, bien que plus lentement que ce que voudraient les marchés des changes.
Le Japon est également de plus en plus concerné par la force de sa devise.
Le Japon partage les préoccupations de la Suisse sur l'impact néfaste que représente la force excessive de sa devise pour son économie locale. Sa détermination pour contrecarrer cette année l’inondation de flux refuges dans sa devise a été implacable, même si ce ne fut pas un succès. En août, il a dépensé près de 60 milliards d’USD dans le sillage de l’accès de panique, qui ont été rapidement absorbés par les acheteurs volontaires de yen. En Mars, le Japon a convaincu le G7 d'entreprendre une intervention coordonnée pour éviter la force brutale du yen à la suite du séisme et du tsunami. Le mois dernier, le ministère des finances a annoncé que la capacité d'emprunt du Fonds d’intervention forex serait triplée, passant de juste sous les 200 milliards d’USD à 600 milliards d’USD. Vendredi, le gouvernement a détaillé un nouveau package de mesures destinées à permettre aux entreprises de faire face au niveau élevé du yen, dont 6.5 milliards d’USD de subventions pour les entreprises qui sont prêtes à construire de nouvelles usines au Japon et 2.6 milliards d’USD supplémentaires de subventions pour les technologies d’économie d'énergie. Malheureusement, encore une fois, la devise n'a pas réagi à ces dernières mesures.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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