Semaine décisive pour l'Europe : les dirigeants face à leurs responsabilités
Marchés actions :
Cette semaine les marchés actions furent balancés par les nouvelles en provenance de l'Europe. Dans ce contexte, la volatilité est restée élevée, avec des retournements de tendance rapides et importants. Les deux crises qui affectent les marchés depuis plusieurs mois (à savoir, le ralentissement de l'économie américaine et la crise de la dette souveraine) sont plus fortes que jamais.
Tels les serpents au son de flute de leurs charmeurs, les cours des marchés ondulent au pipeau des dirigeants européens. Ballotés par la cascade d'annonces contradictoires au cours de la semaine, les investisseurs préfèrent retourner à la prudence en ce vendredi, ne sachant plus trop quoi attendre du sommet du 23 octobre. Les discussions ont été centrées sur les améliorations futures du FESF. Si les européens ont finalement réussi à s'accorder sur les premières modifications du fonds de sauvetage, les prochaines ne vont pas être aussi faciles à implanter que l'espéraient les marchés.
Après avoir promis la lune aux investisseurs, en évoquant la somme de 2 000 milliards d'euros pour le FESF et un plan de recapitalisation de 100 milliards d'euro pour les banques, des divergences sont apparues entre les pays de l'UE, laissant les marchés pensifs. C'est d'abord la façon précise de maximiser le soutien du FESF aux pays de la périphérie qui n'est pas claire. Lors du sommet de ce dimanche, l'Eurogroup devrait aborder deux questions majeures : la mise en place des nouvelles exigences de recapitalisation des banques et le pourcentage de décote de la dette grecque (estimé à hauteur de 50%). Ce dernier sujet mènera directement les ministres des finances au débat sur le versement de la sixième tranche d'aides à hauteur de huit milliards d'euros, qui est absolument nécessaire pour endiguer la crise actuelle. Cependant, la question primordiale concerne l'ampleur potentielle du soutien offert par les institutions de l'Union Européenne. Malgré la capacité de prêt du FESF de 440 milliards d'euros, environ 143 milliards devraient être réservés pour des engagements préexistants, tels que les aides du programme grec par exemple. Si un soutien supplémentaire s'avérait nécessaire pour les banques, alors la capacité potentielle du fonds de sauvetage avoisinerait probablement les 250 milliards d'euros, montant qui semble risible quand on sait que les émissions de dettes italiennes et espagnoles approcheront les 1 000 milliards d'euros en 2014.
A l'heure actuelle, l'Allemagne fait pression pour que la puissance de feu du FESF ne soit utilisée qu'en tant que préteur en dernier recours, ce qui permettrait de garantir 20 à 30% des dettes à venir de l'Italie et de l'Espagne. A l'opposé, la France désire plutôt que le FESF obtienne une « ligne de crédit » à la BCE, donnant ainsi une puissance de feu beaucoup plus forte qu'elle ne l'est actuellement : cela permettrait au FESF de devenir une sorte de banque et de démultiplier ses fonds. L'idée a peu de chance d'être adoptée, l'Allemagne et la BCE rejetant pour l'instant cette proposition. Ensuite, il y a également des suggestions pour que le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), qui avait été présenté en tant que successeur permanent au* FESF à partir de mi-2013 (avec capital de 120 milliards d'euros), pourrait être établi plus tôt que prévu et être potentiellement utilisé avec le FESF, élargissant les fonds de sauvetage européens. Cependant, il est important de noter que l'implantation du MES exige un nouveau cycle d'approbations parlementaires. Cela pourrait poser problème en Allemagne où les décisions du gouvernement doivent recevoir l'approbation du parlement, voire être validées par la chambre constitutionnelle.
En bref, les pays membres sont loin de donner l'image que les places boursières attendent d'eux : cohésion et clarté. Les porte-parole franco-allemands et les dirigeants ont délivré tour à tour des messages contradictoires rassurant et inquiétant les marchés. Les diverses déclarations des agences de notation ont également pesé sur les cours : cette semaine, la note de l'Espagne a été dégradée de deux crans, tandis que la perspective de la note de la dette française a été remise en question. Sur la semaine, le CAC40 est en baisse de 2,59%, le Dax30 à -2,28% et l'EuroStoxx50 à -2,12%. Le Footsie100 affiche les performances similaires avec -0,60%.
Outre-Atlantique, la semaine a été particulièrement calme. Même si traditionnellement Wall Street « mène la danse » et donne la direction des marchés, ce phénomène a eu tendance à s'estomper ses derniers jours. Les places boursières américaines suivent les places européennes, en étant toutefois nettement plus prudentes et tournées vers les résultats d'entreprises. Plusieurs piliers des bourses américaines ont dévoilé leurs résultats du troisième trimestre, certains secteurs publiant de meilleures performances que d'autres. Le secteur bancaire américain apparaît particulièrement touché, reflétant les difficultés des places boursières de ces derniers mois. Goldman Sachs a publié des résultats peu encourageants avec des pertes par action s'élevant à 84 cents. Bank of America s'en tire quant à elle avec des résultats positifs, mais qui sont dus à des gains comptables. Enfin, Apple a plutôt déçu les marchés. Malgré un chiffre d'affaires en hausse de 85% et près de 4 millions d'Iphone GS vendus en un week end, les places boursières s'attendaient quand même à mieux.
Coté indicateurs macro-économiques, la semaine a été* relativement calme. Ces derniers dressent le tableau d'une économie américaine qui ne demande qu'à repartir, mais qui est plombée par le contexte international. Que ce soit à cause du yuan surévalué ou de la crise de la dette souveraine en Europe, le contexte international ne profite pas aux Etats-Unis. Le pays souffre également de son marché de l'emploi en pleine stagnation, avec des nouvelles demandes d'allocations-chômage qui se maintiennent au-delà des 400 000 demandes. L'emploi américain semble d'autant plus condamné que le plan de relance de M. Obama a été rejeté par le Sénat, forçant le président à faire adopter ses mesures une à une. Tout n'est pas noir cependant : le marché de l'immobilier et l'activité manufacturière se reprennent avec 678 000 nouvelles mises en chantier pour le mois de Septembre contre 571 000 d'attendues et un indice FED de Philadelphie nettement supérieur aux attentes : ce dernier est ressorti à 8.7 points contre -9.0 points de prévu. Dans ce contexte, en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite perd 2.59%, le S&P500 est en retrait de 0,75% et le Dow Jones Industrial Average est baisse de 0,88%.
Forex :
Sur le marché des devises, l'incertitude était palpable cette semaine alors que les prochains jours apparaissent décisifs pour la zone euro.
L'impatience des cambistes se fait de plus en plus sentir sur le marché des changes, insatisfaits des mesures proposées par les responsables européens depuis le début de la crise. Les Ministres des Finances du G20 se sont montrés inquiets de la situation économique de la zone euro lors de leur dernière réunion qui se tenait le week-end dernier. De son côté, le gouvernement allemand a souligné en début de semaine que la crise des dettes ne se résoudra pas d'un coup. Les rumeurs d'un accord entre le couple franco-allemand portant sur la recapitalisation des banques européennes et le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) a permis de redonner un nouvel élan aux marchés. Un article paru dans le quotidien britannique, le « Guardian newspaper » affirme que l'Allemagne et la France se seraient mis d'accord sur une augmentation de la taille du FESF à 2 000 milliards d'euros ainsi que sur un plan de 100 milliards d'euros pour recapitaliser une soixantaine de banques européennes.
Néanmoins, l'optimiste s'est vite estompé sur les marchés qui attendent des solutions concrètes et durables alors que le temps presse. L'agence de notation Moody's est venue renforcer cette instabilité en abaissant la note de solvabilité de l'Espagne de deux crans. Par ailleurs, preuve d'un risque de contagion bien réel au sein de la zone euro, l'agence de notation a affirmé étudier la santé économique de la France et pourrait abaisser sa perspective dans les prochains mois si elle le juge pertinent. Une perte du triple A pénaliserait la France sur sa capacité d'endettement, et plus largement, l'ensemble de la zone euro fortement dépendante de la situation économique de la France. Le pays montre en effet des signes inquiétants de ralentissement de sa croissance. En 2012, les prévisions de croissance pour la France actuellement fixées à +1,75% devraient très prochainement être revues à la baisse tandis que les analystes tablent sur une croissance moyenne de +0,9% du PIB sur cette période. En outre, les chiffres de l'emploi ainsi que le niveau de la dette publique attestent que les fondamentaux de l'économie française se détériorent. Coté indicateurs, le climat des affaires dans l'industrie manufacturière de l'hexagone est ressorti une nouvelle fois en baisse au cours du mois d'octobre selon l'Insee pour reculer de deux points à 97 points. Dans son ensemble, l'indicateur du climat des affaires s'affiche également sous la barre des 100 points à 95 points. Autre point négatif pour les actifs dits risqués comme l'euro : le ralentissement économique de la deuxième puissance économique du monde. En effet, la croissance chinoise est passée de 9,7% au premier trimestre de l'année, puis 9,5% au second, pour atteindre 9,1% sur le troisième trimestre. Ces chiffres s'expliquent par les difficultés économiques rencontrées par la zone euro et les Etats-Unis couplées à un yuan fort face au dollar.
Dans ce contexte, les cours de la monnaie unique européenne ont été particulièrement volatiles face au billet vert avant le prochain sommet européen. Ainsi, après s'être échangé au dessus de la barre des 1,39 dollar en début de semaine, l'euro se négocie vendredi aux alentours des 1,3770 dollar. Même tendance face à la monnaie nippone et la devise britannique contre lesquelles la monnaie des dix sept se traite respectivement pour 105,65 yen et 0,8719 pence.
Du coté du billet vert, la devise pâtit également de l'instabilité économique du moment. Néanmoins, les derniers indicateurs en provenance des Etats-Unis apparaissent plutôt satisfaisants. L'indice de la Fed de Philadelphie est ressorti en hausse à 8,7 contre toute attente puisque le consensus tablait sur une baisse à 9,4 sur le mois d'octobre. Autre point positif, Le nombre d'inscriptions aux allocations-chômage a reculé de 1,5% pour atteindre 403 000 nouvelles demandes la semaine dernière contre 409 000 il y a deux semaines. Sur le marché des changes, les cours du billet vert restent cependant instables face à ses principales contreparties dans l'attente de plus d'avancées sur la problématique des dettes souveraines au sein de la zone euro.
Ainsi, la devise britannique s'échange contre 1,58 dollar en fin de semaine tandis que la devise japonaise se traite proche de ses plus hauts historiques face au dollar américain à 76,66 yens.
Enfin, la monnaie helvétique a également vu ses cours bousculés cette semaine par l'actualité économique du moment. Ainsi, les craintes des cambistes favorisent le franc suisse qui s'affiche en hausse en fin de semaine face au billet vert* à 0,8922 franc suisse pour un dollar et également face à l'euro pour atteindre 1,2290 franc suisse pour un euro.
Matières premières*:
Au chapitre des matières premières, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a fait état d'une baisse de 4,73 millions des stocks américains de pétrole brut au cours de la semaine dernière. Néanmoins, la tendance reste baissière sur la semaine pour les cours du pétrole sur fond d'instabilité économique persistante au sein de la zone euro mais également aux Etats-Unis et en Chine. Ainsi, en fin de semaine,* le baril Ligth Sweet Crude se traitait sur le NYMEX autour des 86,22 dollars tandis que le Brent de la Mer du Nord s'échangeait contre 109,41 dollars le baril. Du coté des métaux précieux, l'once d'or peine à trouver une tendance face à la forte volatilité des marchés. Par ailleurs, les investisseurs délaissent un peu plus les valeurs refuges en espérant une solution rapide et définitive pour résoudre la crise des dettes. Dans ce contexte, l'once d'or se négocie pour 1 625,69 dollars tandis que l'once d'argent se traite pour 30,81 dollars.
*
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 24 octobre 2011
4:30
HSBC Flash Chine PMI Manufacture
OCTOBRE
49,9
9:00
PMI manufacturier
OCTOBRE
48,2
9:00
PMI services
OCTOBRE
51,5
9:30
PMI manufacturier
OCTOBRE
50
50,3
9:30
PMI Services
OCTOBRE
50
49,7
10:00
PMI Composite
OCTOBRE
48,8
49,9
10:00
PMI manufacturier
OCTOBRE
48,1
48,5
10:00
PMI Services
OCTOBRE
48,5
48,8
11:00
Nouvelles commandes industrielles (GM)
AOÛT
-0,1%
-1.6%
14:30
Indice d'activité de la Réserve Fédéral de Chicago
SEPTEMBRE
-0,43
Mardi 25 octobre 2011
10:30
Comptes courants
Deuxième trimestre
-9.4B
-9.4B
14:30
Ventes de détail (hors auto)
AOÛT
0.4%
0.0%
15:00
Taux directeur
OCTOBRE
1%
1%
15:00
S&P/CS HPI Composite-20 villes(GM)
AOÛT
0,20%
0,05%
16:00
Indice Case-Shiller(GM)
AOÛT
0,0%
0,8%
16:00
Confiance du consommateur
OCTOBRE
46.0
45,4
16:00
Indice de la Fed Richmond
OCTOBRE
-6
Mercredi 26 octobre 2011
14:30
Commandes de biens durables
SEPTEMBRE
-0,7%
-0,1%
16:00
Ventes de logements neufs
SEPTEMBRE
300K
295K
22:00
Taux directeurs NZD
OCTOBRE
2.50%
2.50%
Jeudi 27 octobre 2011
10:00
Offre monétaire M3 (GA)
SEPTEMBRE
2,9%
2,8%
11:00
Confiance du consommateur
OCTOBRE
-19,9
-19,9
14:30
PIB annualisé
Troisième trimestre
2,3%
1,3%
14:30
Consommation personnelle
Troisième trimestre
1,9%
0,7%
14:30
Consommation de base des ménages (GT)
Troisième trimestre
2,2%
2,3%
14:30
Nouvelles demandes d'Allocations-chômage
Semaine du 22 octobre
403K
16:00
Ventes de logements en attente(GM)
SEPTEMBRE
0,1%
-1.2%
Vendredi 28 octobre 2011
1:30
Consommation des ménages (GA)
SEPTEMBRE
-3,5%
-4,1%
1:30
Taux de chômage
SEPTEMBRE
4,5%
4,3%
1:50
Production industrielle (GM)
SEPTEMBRE
-2,1%
0,8%
14:30
Revenu personnel
SEPTEMBRE
0,3%
-0,1%
14:30
Consommation des ménages
SEPTEMBRE
0,6%
0,2%
15:55
Confiance Université de Michigan
OCTOBRE
58,0
57,5
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
Saxo Banque
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