L'euro en berne : les divergences franco-allemandes refont surface




*


Marchés Actions: Les marchés européens ont terminé la séance de la veille en légère hausse soutenus par des rumeurs d'un accord entre Paris et Berlin portant sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Néanmoins, les investisseurs restent prudents en attendant le prochain sommet européen qui se tiendra dimanche. L'indice parisien avancait ainsi de 0,52% pour clôturer à 3 157,34 points, le Dax progressait pour sa part de 0,61% à 5 913,53 points tandis que le Footsie gagnait 0,74% pour terminer à 5 450,49 points. Ailleurs dans le monde, les places boursières internationales apparaissent également nerveuses, s'inquiétant de la situation économique de la zone euro. Les prochaines réunions entre les responsables européens sont déterminantes pour le futur de l'Europe alors que les agences de notation continuent de mettre la pression. L'abaissement de la note de solvabilité de l'Espagne par l'agence de notation Moody's est venue jeter un froid sur les marchés tandis que la France, figurant parmi les leaders de la zone pourrait bien voir sa note abaissée dans les prochaines semaines. Dans ce contexte, les marchés américains s'affichent dans le rouge à la clôture plombés également par une économie américaine morose. Le « Livre Beige » de la Réserve fédérale atteste d'un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis au cours du mois de Septembre. Ainsi, le Dow Jones Industrials perd 0,63% à 11 504,62 points, le Nasdaq Composite chute plus lourdement de 2,01% à 2 604,04 points et le S&P 500 baisse quant à lui de 1,26% à 1 209,88 points. Même tendance du coté de la Bourse de Tokyo qui finit en baisse de 1,03%. Quelques minutes avant l'ouverture de la séance, le contrat future CAC40 échéance octobre 2011 perdait 1,27% à 3 117 points.



Forex: Sur le marché des devises, l'euro se déprécie face au dollar et au yen. Hier, les investisseurs ont pu constater des divergences entre la France et l'Allemagne à propos du FESF avant que les ministres des finances ne se rencontrent à Bruxelles demain. Les deux pays n'arrivent pas à s'accorder sur le rôle qu'aura la BCE dans la démultiplication du fonds de sauvetage, mais également sur la décote des titres de dettes grecs et sur la recapitalisation des banques. A l'heure actuelle, les dirigeants européens cherchent désespérément des moyens de booster la puissance de feu du FESF afin d'endiguer la crise de la dette qui est susceptible de se répandre aux économies les plus solides. Améliorer encore le fonds s'annonce extrêmement difficile : les politiques ne désirent pas vraiment rajouter plus de capitaux et ne sont pas prêts non plus à mettre en place de nouveaux mécanismes de support. Les responsables financier du G20 ont à nouveau encouragé les dirigeants européens à agir de manière « décisive », afin de résoudre une fois pour toute la crise le 23 Octobre prochain Dans ce contexte, l'euro s'échange à 1,3705$ contre 1,3759$ hier soir. L'euro chutait également contre la devise nippone en se négociant aux alentours des 105,18 yens contre 105,67 mercredi.
Par ailleurs, les cambistes se sont redirigés vers des devises dites « refuge », préférant abandonner les actifs plus risqués comme le dollar australien et l'euro. Dans ce contexte, le dollar s'échange à 76,74 yens contre 76,79 hier soir. Le dollar progressait également contre la livre britannique : la paire GBP / USD se négociait à 1,5723$ contre 1,5772, en baisse de 0,32%. Coté asiatique, le Japon compte augmenter la taille d'un fonds pour aider les entreprises à faire face à la flambée du yen. Les cambistes se sont donc redirigés vers cette valeur avant les probables turbulences des prochains jours.
Sur le front des devises plus « exotiques », le dollar australien a chuté pour la deuxième séance consécutive contre le dollar et le yen. L'Aussie (AUD/USD) cote ce matin à 1,0184$ et le kiwi (NZD/USD) à 0,7931$.



Matières premières: Au chapitre des matières premières, le pétrole a lourdement chuté hier. En effet, les désaccords entre la France et l'Allemagne se sont à nouveau fait ressentir hier. On comprend une nouvelle fois que le chemin reste long pour sauver l'Europe. Les deux puissances que sont l'Allemagne et la France ne parviennent pas à s'entendre sur plusieurs points concernant le sauvetage de l'Europe : la décote de la dette grecque, l'élargissement du FESF et la recapitalisation des banques. Ce sont deux cultures qui s'affrontent : d'un côté la culture de rigueur de l'Allemagne et de l'autre la culture d'endettement de la France. Par ailleurs, les investisseurs ont mal accueilli les propos de la FED qui a affirmé que les entreprises étaient de plus en plus pessimistes à propos de l'économie américaine. La publication du Beige Book met bien en avant les difficultés actuelles de l'économie américaine. Ces propos ne rassurent pas quant aux perspectives de demande en or noir. Dans ce contexte tendu, la baisse des stocks de pétrole publiée par le Département Américain de l'Energie a été reléguée au second plan et n'a pas suffi à soutenir les marchés. Ainsi, ce matin, sur le Nymex, le baril Light Sweet Crude évoluait autour des 85,8 dollars. De son côté, le Brent de la Mer du Nord s'échangeait contre 108,25 dollars le baril. Sur le front des métaux précieux, l'or consolide sur son range des 1600-1700 dollars. Le métal jaune peine à trouver une tendance face à la volatilité des marchés actions, des marchés obligataires et du dollar. L'once d'or s'échange contre 1 623 dollars.



Annonces du jour:* Sur le front macroéconomique, les investisseurs seront attentifs ce matin aux ventes de détail en Angleterre (10h30). Ce chiffre est attendu en hausse à 0,2% contre -0,1% le mois dernier. Dans l'après-midi, les marchés scruteront la publication des nouvelles demandes d'allocations-chômage aux Etats-Unis (14h30). Ces dernières sont attendues en légère baisse à 400K contre 404K la semaine passée. Enfin, à 16h, les marchés suivront la sortie de l'indice de la FED de Philadelphie et des ventes de logements existants américaines qui devraient chuter à 4,91M contre 5,03M précédemment. Côté européen, à noter la parution de la confiance des consommateurs en Zone Euro à 16h, confiance en berne à -20,0 contre -19,1 le mois dernier.







Saxo Banque
Informations sur Saxo Banque