La poursuite du lapin insaisissable
À bien des égards, l'UE est coincée entre le marteau et l'enclume avant le sommet de ce week-end. Si elle s'appuie sur le FESF pour produire une puissance suffisante pour écarter les craintes de contagion, alors la France est presque certaine d'être rétrogradée, sa notation triple-A s’écroulant sous la pression. D'autre part, ne pas augmenter la puissance du Fonds signifie que la périphérie non renflouée (l'Espagne et l'Italie) sera sous une pression plus intense, surtout alors que la Grèce est obligée de déprécier une proportion significative de sa dette, volontairement ou non. Les obligations françaises se sont considérablement creusées hier dans le sillage de la nouvelle de Moody’s qui l’a mise sous surveillance pour un possible déclassement. Depuis le début de l'UEM, la prime des obligations françaises sur celles de l'Allemagne a été en moyenne de 15pb. Elle s'établissait hier à 113pb, vers la fin de session. En vue du prochain sommet, les dirigeants ont effectué un travail décent pour minimiser les attentes, quelque chose de fait avant qu’ils sortent un as de leur manche. Tandis que le journal britannique The Guardian rapporte que la France et l'Allemagne ont conclu un accord sur l'augmentation de la puissance du FESF à 2000 milliards d’EUR, d'autres (WSJ) tempèrent ces spéculations. Il est clair qu'il y aura probablement une certaine forme d’accord concernant le FESF ce week-end. Les marchés seront cruellement déçus si ce n'est pas le cas.
Le vortex des dégradations européennes
Il se passe rarement un jour sans nouvelles de la part des agences de notation de crédit à propos des Etats souverains ou des banques de la zone euro. Moody’s a déclassé l'Espagne de deux crans de A1 à Aa2. Le déclassement est sans grande surprise, il arrive dans le sillage de la rétrogradation de S&P observée en fin de semaine dernière. Moody’s a cité « la vulnérabilité persistante de l'Espagne aux tensions sur le marché ». Dans le même temps, trois des grandes banques italiennes ont été déclassées par S&P. Il s’est basé sur les coûts de financement plus élevés auxquels ces banques sont aujourd'hui confrontées. Les deux Etats ne sont vraiment pas loin de disparaître dans un tourbillon sans fin, dans lequel les déclassements conduisent à des coûts de financement plus élevés qui conduisent à de nouveaux déclassements. Donc, qu'on le veuille ou non, des plans solides pour recapitaliser les banques combinés avec une augmentation substantielle du levier du FESF sont un pré-requis pour avoir une chance d’y échapper.
Les vendeurs à découvert sur l’aussie se ressaisissent.
Après une course spectaculaire entre un minimum de 0,9380 jusqu’au plus haut de lundi à 1,0380 (exactement dix grandes figures), les vendeurs ont réaffirmé leur emprise hier. En début de séance à Londres, l'aussie était à 1,0150, suite à quelques ventes agressives de la part de hedges funds à New York. Les chiffres plus faibles que prévus concernant le PIB chinois et les réflexes conséquents de réduction des risques, ainsi que le langage plus atténué de la RBA dans les dernières minutes ont contribué à cette baisse. Pour la première fois, la RBA a dit explicitement qu'elle serait prête à assouplir sa politique monétaire « pour apporter un certain soutien à la demande » si les données à venir confirment que les perspectives en matière d’inflation s'améliorent. Les vendeurs seront ravis que le dollar australien ait défié la moyenne mobile de 200 jours à 1,0383 et en soit retombé brutalement. Si l'évaporation de l’appétit pour le risque se poursuit à très court terme, alors une tentative sur la parité ne doit pas être écartée.
L'attente douloureuse pour une baisse de l'inflation au Royaume-Uni
Le bond de l'inflation au Royaume-Uni à 5,2% devrait être le sommet, même s’il est assez douloureux tant pour les ménages que pour le gouvernement, étant donné que les données de Septembre sont la référence pour les versements des allocations (IPC) et des retraites (RPI) à partir d'avril prochain. La montée du prix de l'électricité était très attendue, étant donné que les sociétés avaient annoncé des hausses de prix plus tôt dans l’année. L’IPC a bondi de 4,5% à 5,2% avec près des deux tiers de la hausse justifiée par l'augmentation des prix des services publics. Un autre facteur notable de cette hausse de l’inflation a été l’augmentation du coût des transports, ce qui a contribué pour 0,2% à l'augmentation du taux global. Il faut noter que coupable principal a été les tarifs aériens. Malgré le fait qu’ils comptent pour moins de 1% du panier de l'IPC, les prix des billets ont un impact disproportionné sur l'inflation juste parce qu'ils sont très volatiles. Très simplement, il n'y a pas de prix unique en matière de transport aérien ces jours-ci, même sur le même vol le même jour. Donc, le fait que les prix ne chutent pas autant que l'année dernière signifie que, sur une base annuelle, les tarifs aériens ont contribué pour près de 0,1 point à l'augmentation de 0,7% de l'IPC global. Nous devrions voir l'inflation s’affaiblir dans les prochains mois, aidée par la baisse de certains prix alimentaires et par la concurrence des prix dans les supermarchés, mais ce sera en début d'année prochaine lorsque la forte baisse interviendra alors que l'augmentation de la TVA imposée en Janvier de cette année se situera hors de la comparaison en glissement annuel. Pour la plupart, cela ne viendra pas assez vite, notamment avec une livre sterling qui, jusqu'ici ce mois-ci, a seulement réussi à surperformer le yen et le franc suisse parmi les majeures.
Simon Smith, Chief Economist - Michael Derks, Chief Strategist
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