Les banques centrales entrent à nouveau en action: les marchés remontent
Marchés actions :
Les marchés actions signent encore une semaine extrêmement turbulente, marquée par des variations intra - journalières conséquentes. Les inquiétudes des deux derniers mois reviennent inlassablement tourmenter les marchés financiers, les différentes institutions financières ne parvenant pas à trouver des solutions efficaces contre les crises qui pèsent sur l'économie mondiale. La crise de la dette souveraine en Europe, le ralentissement de l'économie américaine et la recapitalisation des banques ont fait fortement chuter les marchés, avant que ceux-ci ne rebondissent en fin de semaine.
S'il existe un problème plus grave que les dettes souveraines en Europe, il s'agit sans l'ombre d'un doute de l'indécision de ses gouvernants. Après avoir passé des semaines à rassurer les investisseurs que la Grèce ne ferait pas défaut grâce au plan de sauvetage mis en place le 21 juillet dernier, voila que les ministres de la zone euro repartent à zéro en repassant en revue de multiples aspects du plan. Contrairement à ce qui a été dit, il ne suffit pas « d'appliquer à la lettre » le plan, et cela pour trois raisons : la pression des marchés qui n'ont jamais cru aux mesures proposées par l'Europe, la crise Grecque qui nécessitera plus de fonds que prévu pour éviter un défaut et enfin « l'alliance » entre le FMI et les Etats Unis qui craignent tout deux que la crise ne se répande hors de la zone euro et vienne faire plonger dans la récession d'autres grandes économies. Force est de constater que face à l'urgence de la situation grecque et au regard des moyens mis en œuvre pour l'endiguer, les investisseurs ne peuvent que paniquer. Après plusieurs réunions de l'Eurogroupe qui n'ont pas abouti et des mesures de rigueurs de plus en plus contraignantes, le premier ministre grec a finalement avoué le week end dernier que la Grèce ne pourrait pas maintenir son objectif de déficit initialement fixé à 7,6% du PIB pour l'année 2011. Les marchés ont donc fortement chuté, avant d'être partiellement rassurés par les discours des différentes banques centrales. Jeudi, la BoE a annoncé un second volet d'assouplissements quantitatifs, en faisant passer son rachat d'actifs de 200 milliards de livres à 275 milliards. Par ailleurs, la BCE a annoncé peu après le lancement de deux opérations de refinancement à volume illimité pour une durée d'un an et le rachat pour 40 milliards d'obligations sécurisées (ou « covered bonds »). En revanche, la Banque Centrale Européenne a décidé de maintenir son taux directeur à 1,5%, au grand regret des places boursières. Le cœur de la zone est en plein ralentissement, comme l'ont montré des indices PMI médiocres tandis que la périphérie accumule les problèmes en s'enfonçant davantage dans la crise de la dette. Les gouvernements européens étant « coincés » par leur politique budgétaire, ce serait logiquement à la politique monétaire d'agir pour relancer la croissance. Or, les économistes restent perplexes car face à l'économie européenne qui se dirige vers une croissance 0 en fin d'année, la BCE maintient ses taux directeurs élevés. Ainsi sur la semaine, le CAC40 est en hausse de 2,47%, le Dax30 à +2,49% et l'EuroStoxx50 à +2,95%. Le Footsie100 affiche les performances similaires avec +2,86%.
Plus spécifiquement sur les marchés actions, il convient d'évoquer les tenants et les aboutissants du secteur bancaire, principale source de volatilité des places boursières. A l'heure actuelle, il est nécessaire de rassurer les marchés sur la solidité des banques. Ce que craignent les investisseurs, c'est un effet domino à la suite d'un défaut d'un pays comme la Grèce. Si les pays membres ne parviennent pas à endiguer correctement la crise d'ici un mois (d'ici les échéances de la dette souveraine grecque), il y a un risque non négligeable que la crise européenne provoque un effondrement du secteur bancaire. Aujourd'hui, toutes les banques sont interconnectées permettant à la crise de se répandre très vite à travers la sphère financière, puis d'affecter l'économie réelle, sur le modèle de la crise de 2008. Même si tout a été fait pour que les banques aient accès à une quasi infinité de liquidités, il est difficile de savoir si le secteur bancaire ne se gèlera pas le moment venu. Cette semaine,* le cours de la banque franco-allemande Dexia a fortement chuté à la suite de rumeurs sur un possible démantèlement. La France et la Belgique ont volé au secours de la banque, en se portant garant de ses actifs. Cependant, les actionnaires ne semblent plus vouloir soutenir l'entreprise plus longtemps. Dexia se dirige donc vers un démantèlement organisé. Depuis 2008, la banque ne s'est jamais remise de la crise, et les dernières turbulences des marchés l'ont achevé. Aujourd'hui, tous les grands acteurs financiers pressent les banques européennes de se recapitaliser, pour éviter une contagion de la crise.
Outre-Atlantique, les marchés américains sont restés plus prudents qu'en Europe, avec des cours nettement moins volatils. L'économie américaine apparait moins fragilisée qu'au mois d'Août, avec un ISM manufacturier meilleur qu'attendu à 51,6 points et une enquête ADP qui montre la création de 91 000 nouveaux emplois pour le mois de Septembre contre 75 000 de prévus à l'origine. Mardi, Ben Bernanke a présenté de manière objective les défis de l'économie américaine. Le président décrit une économie américaine en plein ralentissement, avec un marché de l'emploi qui devrait se contracter dans les mois à venir. M. Bernanke a par ailleurs avoué que l'opération Twist ne sera pas d'une très grande aide pour relancer la croissance, par conséquent, il n'est pas exclu que la banque centrale prenne des mesures additionnelles afin de stimuler les secteurs clés de l'économie. Par ailleurs, les Etats-Unis sont toujours inquiets pour l'Europe. Les fortes tensions qui règnent sur les marchés pèsent sur la reprise américaine. Aujourd'hui, les investisseurs attendaient la publication des non-farm payrolls et du taux de chômage US pour le mois de Septembre. Dans ce contexte, en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite gagne 3,78%, le S&P500 est en progression de 2,97% et le Dow Jones Industrial Average est hausse de 1,92%.
*
Forex :
Sur le marché des devises, les cambistes ont suivi cette semaine avec attention les avancées sur le dossier de la dette hellénique ainsi que les mesures apportées par les Banques centrales pour enrayer la crise des dettes souveraines et relancer l'économie mondiale.
Les tensions restent fortes autour de la Grèce alors que le pays a dévoilé un déficit atteignant 8,5% de son PIB sur l'année alors que ses créanciers attendaient un chiffre ne dépassant pas 7,6%. Par ailleurs, la croissance économique de la Grèce devrait se contracter de 2,5% l'année prochaine avec un recul de 5,5% de son PIB cette année. Ces mauvais résultats renforcent les inquiétudes sur les marchés et poussent la Troïka (BCE,FMI,UE) à reporter courant octobre le versement de la prochaine tranche d'aide pour la Grèce.
La situation délicate de la Grèce et la fragilité de certains pays européens renforcent les inquiétudes des cambistes sur une possible contagion de la crise au sein de la zone euro. L'Italie, figurant parmi les pays les plus importants de la zone euro a vu sa note abaissée de trois crans par l'agence de notation Moody's avec une perspective négative. L'agence de notation souligne les risques de financement de l'Italie alors que son niveau d'endettement avoisine les 120% de son PIB. Preuve des risques qui pèsent sur les établissements bancaires, la banque franco-belge Dexia s'affiche comme première victime de la crise. La banque, déjà aidée en 2008 à la suite de la dernière crise financière, se trouve actuellement en situation délicate à la suite de son exposition importante à la dette hellénique. Un plan de démantèlement de la banque franco-belge devrait ainsi être mis en place ce week-end.
Il a fallu attendre la réunion de la Banque centrale européennes pour rassurer les marchés. Le principal taux directeur de la BCE est resté inchangé mais la banque s'est engagée à fournir aux banques de la liquidité à long terme pour empêcher tout risque systémique au sein de la zone euro. Par ailleurs, la Banque centrale a relancé son programme de rachat d'obligations sécurisées de novembre 2011 à octobre 2012 pour un montant total de 40 milliards d'euros. Dans ce contexte, la monnaie unique a repris de la hauteur face à ses principales contreparties notamment contre le billet vert alors qu'elle était descendue à 1,3145 dollar mardi. En fin de semaine, un euro se traite pour 1,3424 dollar. Contre la devise japonaise, la tendance est similaire pour la monnaie unique qui est tombée à 100,74 yen en début de semaine pour revenir vendredi flirter avec la barre des 103 yens.*
Du coté de la devise britannique, l'action de la Banque d'Angleterre d'injecter 75 milliards de livres sterling de liquidités sur les marchés a renforcé les cours de sa devise sur le marché des changes. Cette action a pour objectif pour redynamiser l'économie du pays qui affiche une croissance quasi-nulle et un taux de chômage important. Signe des difficultés économiques du pays, la BoE a décidé de renforcer son programme de rachats d'actifs à 275 milliards de livres tout en maintenant ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas à 0,5%, un niveau inchangé depuis mars 2009. Dans ce contexte, la livre sterling a fortement progressé face à la monnaie unique pour se négocier autour des 0,8650 pence contre un euro. Même tendance contre le billet vert qui s'échange au dessus de la barre des 1,55 dollar contre la livre sterling.
Outre-Atlantique, le Président de la Réserve fédérale américaine a de son coté affirmé maintenir ses taux d'intérêt long terme jusqu'à mi 2013 et évoqué la mise en place de possibles mesures de relance pour combattre un taux de chômage toujours important aux Etats-Unis atteignant 9,1%. Point positif pour l'emploi, l'enquête ADP a fait état cette semaine de 91 000 nouvelles créations d'emplois au cours du mois de septembre soit 16 000 de plus qu'attendu par les analystes. Néanmoins, les cambistes restent prudents avant le rapport sur l'emploi américain en début d'après-midi. Face à la devise japonaise, le billet vert se négocie pour 76,64 yens. Contre la devise helvétique, le billet vert se négocie pour 0,9198 franc suisse tandis que l'euro avance légèrement face à la devise helvétique pour s'échanger à 1,2363 franc suisse vendredi en début d'après midi.
Matières premières*:
Au chapitre des matières premières,* les cours du pétrole ont été soutenus en début de semaine par la publication des stocks de pétrole. Ceux-ci sont ressortis en baisse à la surprise* des investisseurs : le Département américain de l'Energie a fait état d'une baisse des stocks de 4,7 millions de barils, là où les analystes tablaient sur une hausse de 1,5 million de barils. Véritables baromètres de l'économie mondiale, les marchés pétroliers ont évolué dans le sillage des marchés actions : après une chute en début de semaine, ils sont repartis à la hausse. En variation hebdomadaire, le Brent à échéance novembre 2011 est en hausse de 1,96% tandis que le baril de light sweet crude de même éhéance progresse de 4,13%.
Du coté des métaux précieux, l'incertitude au sein de la zone euro sur la crise des dettes souveraines et les craintes d'un ralentissement économique mondial favorise l'or qui rendosse son statut de valeur refuge après avoir été délaissé ces dernières semaines. Dans ce contexte, après être tombée sous la barre des 1 596 dollars, l'once d'or rebondit pour atteindre en fin de semaine 1 653,45 dollars. Même tendance pour l'once d'argent qui s'échange proche de la barre des 32 dollars.
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 10 octobre 2011
08h45
Production Industrielle (GM)
Août
1,5%
10h30
Indice Sentix de confiance des investisseurs
Octobre
-15,4
Mardi 11 octobre 2011
10h30
Production Industrielle (GM)
Août
-0,2%
-0,2%
10h30
Production industrielle manufacturière (GM)
Août
-0,1%
0,1%
14h15
Mises en chantier
Septembre
186,1K
184,7K
16h00
Indice IBD/TIPP d'optimisme dans l'économie
Octobre
39,9
20h00
Minutes de la dernière réunion du FOMC
Mercredi 12 octobre 2011
01h50
Commandes machines (GM)
Août
3,9%
-8,2%
10h30
Variation demandes d'allocations-chômage
Septembre
24,5K
20,3K
10h30
Taux de chômage (3 mois)
Août
8,0%
7,9%
11h00
Production industrielle Zone Euro (GM)
Août
-0,7%
1,0%
14h30
Indice des prix des logements neufs (GM)
Août
0,1%
0,1%
Jeudi 13 octobre 2011
01h50
Indice industrie tertiaire (GM)
Août
-0,3%
-0,1%
08h00
Indice des prix à la consommation (GM)
Septembre
0,1%
0,1%
10h30
Solde de la Balance commerciale
Août
-£4200
-£4450
14h30
Balance commerciale
Août
-$46,0B
-$44,8B
14h30
Nouvelles demandes d'allocations-chômage
07-Octobre
Vendredi 14 octobre 2011
01h50
Masse monétaire M3 (GA)
Septembre
2,2%
2,2%
04h00
Indice des prix à la consommation (GA)
Septembre
6,10%
6,20%
04h00
Indice des prix à la production (GA)
Septembre
6,90%
7,30%
11h00
Indice des prix à la consommation Zone Euro
Septembre
0,8%
0,2%
11h00
Balance commerciale Zone Euro
Août
-2,5B
14h30
Indice des prix aux importations (GM)
Septembre
-0,4%
-0,4%
14h30
Ventes au détail hors autos
Septembre
0,2%
0,1%
15h55
Indice de confiance de l'Université du Michigan
Octobre
60,0
59,4
16h00
Stocks d'entreprises
Août
0,4%
0,4%
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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