La France et la Belgique sauve Dexia de justesse
Marché actions:
Les marchés actions s'enfoncent dans le rouge pour la deuxième séance consécutive. Ouvrant nettement en baisse dès ce matin, le mouvement baissier des places boursières s'est accéléré jusqu'au discours de Ben Bernanke. A l'heure actuelle, les investisseurs sont pétrifiés par la crise de la dette, comme en témoignent les faibles volumes ces derniers jours. Le défaut de la Grèce apparait de plus en plus probable avec des mesures de rigueur sans effet et un pays dont le déficit peine à être freiné. Les marchés attendent de voir des pays membres unis face à la crise, or tout porte à croire qu'ils n'y parviennent pas. Par ailleurs, Dexia a été sévèrement attaquée. Après une chute de 30% en début de séance, le titre a partiellement comblé ses pertes après que la France et la Belgique se soient engagées à soutenir la banque. Les investisseurs doutent sérieusement des capacités de Dexia à survivre à la crise du crédit actuelle, à tel point que des rumeurs de démantèlement ont circulé, faisant plonger la valeur.
Outre-Atlantique, les marchés étaient plus dispersés. Wall Street a ouvert à la baisse dans le sillage des marchés européens, mais le discours du président de la FED a redonné du cœur aux investisseurs. Après une présentation objective de la situation économique, M. Bernanke a annoncé plusieurs messages forts aux places boursières. D'abord, la FED n'hésitera pas à fournir en liquidités les banques qui en ont besoin afin d'éviter un grippage de la sphère financière. Ensuite, la FED a évoqué de possibles mesures de stimulation pour l'économie américaine. Ben Bernanke a lui-même reconnu que l'opération Twist n'aura pas un effet déterminant sur la reprise de l'économie. En outre, les commandes industrielles US sont ressorties meilleures que prévues : les économistes s'attendaient à un repli de 0,2% or, elles n'ont chuté que de 0,1%. Globalement, les marchés sont pessimistes pour l'économie: Goldman Sachs, première banque d'affaire mondiale, a revu ses prévisions de croissance à la baisse pou l'année 2012. La croissance dans le monde ne sera que de 3,4% contre 4,2% précédemment.
Dans ce contexte, le CAC40 cotait à 2 850,55 points, en baisse de 2,61%, mené par Alcatel-Lucent et Technip qui perdaient respectivement 11,61% et 6,39%. Le Footsie100 se négociait à 4 944,44 points en retrait de 2,58%. Le DAX30 affichait les pires performances avec une chute de 2,98%, menant l'indice à 5 216,71 points. Outre-Atlantique, le S&P500, le Dow Jones et le Nasdaq 100 Index évoluaient en ordre dispersé: respectivement -0,36%, -1,13% et +0,58%.
Forex:
L'euro s'échange cette après-midi autour des 1,3250$ après avoir atteint un plus bas à 1,3144$ en matinée. On notera que ce niveau n'avait pas été atteint depuis janvier 2011. Le rebond sur la paire EUR/USD peut s'expliquer par des rachats à bon compte dans un marché nettement baissier pour la devise européenne. La monnaie unique est nettement fragilisée par l'absence de solution à court terme de la part des membres de la Troïka au sujet de la crise de la dette en Europe. La Grèce est de plus en plus menacée par un défaut de paiement et la zone euro n'est toujours pas armée pour répondre à cette éventualité. En effet, le FESF n'est pas suffisamment important pour absorber les pertes de l'Italie et de l'Espagne.* Ce qui inquiète le plus les investisseurs n'est pas tant une faillite de la Grèce mais plutôt les risques de contagion à l'ensemble des pays du vieux continent qui pourrait aboutir à un désastre bancaire et financier. Dans ce contexte incertain, l'euro considéré comme une devise à risque, est délaissé par les investisseurs au profit des devises refuges comme le dollar ou le yen. La paire EUR/JPY s'échange autour des 102 yens, un niveau que l'on n'avait pas atteint depuis 2001. Sur le NYBOT, le dollar index qui mesure le niveau du billet vert face à six devises majeures, cote autour des 80 points. La monnaie américaine joue pleinement son rôle de valeur refuge. Le paire AUD/USD est en nette recule et se négocie autour des 0,9450$. L'USD/CHF et L'USD/CAD sont en hausse et s'échangent respectivement aux alentours des 0,9230 franc suisse et des 1,0605 dollar canadien.
Sur le front des matières premières, le métal jaune perd du terrain et cède 2,30% à 1 618$ l'once. De son côté, l'argent chute lui aussi d'environ 2,65% à 29,60$ l'once. Enfin, le pétrole évolue sans tendance. A New York, le Light Sweet Crude gagne 0,40% à 76,80$ le baril tant dit qu'à Londres, le Brent de la Mer du Nord est en baisse de 0,10% à 100,90$ le baril.
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