Jeudi noir pour les places boursières
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Marchés actions:
Les marchés sont en chute libre. Les places boursières européennes ont ouvert sur une tendance baissière ce matin puis la chute s'est accélérée en milieu de séance. Les marchés ont été plombés par le discours pessimiste des membres du FOMC hier soir. La banque centrale américaine a dressé un bilan peu encourageant de l'économie américaine. Le marché de l'emploi apparait extrêmement faible : les nouvelles demandes d'allocations-chômage sont ressorties supérieures aux attentes, à 423 000 nouvelles demandes contre 420 000 d'attendues par les analystes. En outre la croissance est fébrile et soumise aux tensions des marchés internationaux. En contrepartie, la FED propose des mesures qui n'ont pas l'air suffisantes pour relancer correctement l'économie : T. Geithner a même déclaré que la relance était un défi encore plus grand que la dette européenne. Par ailleurs ce sont les risques liés à la zone euro qui inquiètent les investisseurs. La réunion des ministres des finances des BRICS n'a pas contribué à rassurer les investisseurs : aucune aide n'a été évoquée, en revanche les six pays ont encouragé l'Union européenne à agir rapidement. Les marchés attendent des signes de cohésion et de coordination de la part des différentes puissances économiques européennes. La crise de la dette souveraine semble à tout instant sur le point de se répandre à d'autres pays membres. De fait, le prix des CDS de l'Autriche a grimpé en flèche hier, ce qui est synonyme d'instabilité sur la dette du pays. Les institutions européennes n'ont pas encore répondu à ce mouvement récent ce qui est sanctionné par les marchés. Enfin, c'est le secteur bancaire mondial qui inquiète les investisseurs. Les banques étaient en chute libre aujourd'hui entrainant avec elles les places boursières. L'exposition des banques à la dette souveraine grecque panique les investisseurs : hier, Moody's a dégradé trois grandes banques américaines tandis qu'aujourd'hui le FMI proposait d'utiliser le FESF pour recapitaliser les banques européennes les plus exposées.
Dans ce contexte, le CAC40 cotait à 2 781,68 points, en chute de -5,25%, mené par Société Générale et Crédit Agricole qui perdaient respectivement 9,57% et 9,49%. Le Footsie100 se négociait à 5 041,61 points en retrait de 4,61%. Le DAX30 affichait des performances similaires avec une chute de 4,96%, menant l'indice à 5 164,21 points. Outre-Atlantique, le S&P500, le Dow Jones et le Nasdaq 100 Index étaient en baisse de respectivement 2,86%, 3,13% et 2,60%.
Forex:
L'euro est fortement malmené et chute de plus de 2,5% face au billet vert s'échangeant autour des 1,3445$ contre 1,3798$ hier soir. La monnaie unique est fragilisée par l'importante montée de l'aversion au risque suite au discours des membres du FOMC, jugé pessimiste par l'ensemble de la communauté financière. Le président de la Réserve Fédérale a souligné les risques importants qui pèsent actuellement sur la reprise économique. Les marchés s'attendaient à des mesures de relance plus fortes plutôt qu'une simple opération « twist » annoncée, anticipée et déjà intégrée dans les cours. Cela a entrainé un vif regain d'inquiétude des investisseurs profitant au billet vert. Le Dollar Index s'échange proche des 79 points contre 77,25 hier soir. Les investisseurs prennent également conscience que la marge de manœuvre des autorités américaines pour relancer l'économie s'est nettement réduite. De plus, la crise des dettes souveraines en zone euro continue d'affoler les marchés. Le gouvernement grec s'est résigné* à adopter des mesures d'austérité supplémentaires pour obtenir la dernière tranche du prêt accordée en mai 2010, indispensable pour éviter un défaut de paiement. Alors que Timothy Geithner, secrétaire au trésor américain, déclarait aujourd'hui « qu'une croissance économique forte constitue un plus gros défi que la problématique des dettes », de nombreuses voix s'accordent à dire que les programmes d'austérité sont un frein à la croissance. Face à cette impasse, l'euro est délaissé et perd du terrain face à la devise nippone. La paire EUR/JPY s'échange sur ses plus bas depuis 10 ans autour des 102,60 yen. De son côté, la monnaie helvétique se stabilise face à la devise européenne aux alentours des 1,22 franc suisse mais perd du terrain face au billet vert autour des 0,9075 franc suisse. Les investisseurs sont réticents à se positionner sur la paire EUR/CHF après les rumeurs sur un possible arrimage à 1,25 franc suisse décidé par la Banque nationale suisse. Enfin, on notera que le dollar australien est repassé sous la parité contre le dollar américain et se traite autour des 0,9770$. L'aussie perd plus de 9% depuis le début du mois de septembre.
Sur le front des matières premières, le pétrole est en forte chute dans le sillage de la débâcle des marchés boursiers. L'absence de reprise économique pourrait impacter la demande de brut. A New York, le Light Sweet Crude cède environ 4% à 81,35$ le baril et à Londres, le Brent de la Mer du Nord recule de 2,70% à 106,30$ le baril. De son côté, les métaux précieux ne sont pas non plus épargnés par les ventes massives. Alors que l'or aurait pu jouer son rôle de valeur refuge, la hausse du dollar impacte le métal jaune. L'or se traite aux encablures des 1730$ l'once. Enfin, l'argent cède plus de 7% sur la séance et cote 36,85$ l'once.
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