Volatilité et incertitude : les marchés attendent une réaction des dirigeants européens
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Marchés actions :
La semaine a été extrêmement volatile pour les marchés financiers. Les changements de tendance ont été fréquents pendant les séances, même si les indices ont globalement rebondi après un début de semaine fortement baissier. Les investisseurs ont surtout été ballotés par la situation de l'Europe, qui a dû faire face à de nombreuses mauvaises nouvelles.
Est-ce que la Grèce va bientôt faire défaut ? Est-ce que la zone euro et son secteur bancaire seront capables de la soutenir ? Ces problématiques sont au cœur des inquiétudes des marchés. De fait, la zone euro fait face à une crise violente, qui va probablement coûter très cher aux pays membres de l'Union. Rester unie et solidaire est donc essentiel pour cette partie du monde, le retrait d'un des participants pouvant faire échouer le plan de sauvetage global. Cette apparente union a cependant volé en éclat en début de semaine quand Jurgen Stark, le chef économiste de la BCE a décidé de quitter son poste. Etant un ferme défenseur de la rigueur budgétaire, M. Stark était en désaccord avec la politique de rachat massif d'obligations menée par la BCE ces dernières semaines. Les investisseurs ont pris conscience que les décisions étaient loin d'être votées à l'unanimité comme le prétendait J.C Trichet dans ces discours, ce qui laissait présager moins d'engagement de la part des pays membres mais aussi une incertitude quant à la meilleure politique monétaire à suivre.* Cependant, à ce manque de cohésion sont venues s'ajouter d'autres craintes. Le secteur bancaire européen et spécialement français a été malmené : l'agence de notation Moody's a dégradé d'un cran la note de Société Générale et Crédit Agricole et les a également placé sous perspective négative. Les banques ont immédiatement répondu par des plans de soutien. Ces dernières vont améliorer leur solidité financière en renforçant leurs capitaux et en développant des mécanismes de garantie. Enfin, le cas de la Grèce a vraiment bouleversé les investisseurs : le déficit du pays sur 8 mois est de 75 milliards d'euros contre 56 milliards l'année précédente. Malgré toutes les mesures de rigueur et d'austérité du gouvernement grec, le déficit courant est resté inchangé pour l'année 2011 et le déficit lié à la dette a crû de 30%.
Malgré cet ensemble de mauvaises nouvelles, la chute a été modérée. Des annonces positives sont venues régulièrement renforcer le moral des investisseurs. D'abord Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Georges Papandréou ont organisé une réunion de crise afin de clarifier la situation grecque. Les dirigeants ont à nouveau confirmé que l'Europe n'abandonnera pas la Grèce et que le pays restera dans l'Union. Ensuite, les autres grandes puissances économiques s'impliquent de plus en plus dans la zone euro. La fin de la semaine a été marquée par l'action coordonnée des grandes banques centrales (BCE, FED, BOJ, BoE, BNS) afin de fournir en liquidités en dollars les banques européennes pour atténuer le risque de credit crunch. Les Etats-Unis et la Chine pressent l'Europe de contenir la crise de la dette en la poussant à finaliser le plan de sauvetage voté le 21 juillet 2011. Ainsi, le secrétaire général du Trésor américain Timothy Geithner participera même à la réunion des ministres des finances européens d'aujourd'hui. Des rumeurs d'aide de la Chine ont également circulé. Un fonds souverain chinois aurait proposé de racheter des obligations italiennes. Bien que la rumeur ait été finalement démentie par Rome, on sent quand même que la Chine est aussi prête à intervenir en cas de besoin. Tous ces signes de soutien ont porté les marchés : sur la semaine, le CAC40 est en hausse de 2,95%, le Dax30 à +7,98% et l'EuroStoxx50 à +5,11%. Le Footsie100 affiche les performances similaires avec +3,08%.
Outre-Atlantique, les préoccupations des investisseurs n'ont pas réellement évolué. L'économie américaine continue de montrer des signes d'un retour à la récession avec des secteurs vitaux en détérioration. Ainsi, le marché de l'emploi et le l'activité manufacturière sont en contraction avec un indice de la Fed de Philadelphie à 17,5 contre -15,0 de prévu et des nouvelles demandes d'allocations-chômage qui ne cessent de grimper : elles ont atteint 428k cette semaine contre 414k la semaine précédente. Cependant, tout n'est pas noir à propos des Etats-Unis, si l'économie semble se dégrader, les entreprises restent confiantes : l'optimisme dans l'économie est ressorti à 39,9 contre 38,0 attendu par les analystes. Par ailleurs, les ventes au détail sont toujours en maigre croissance, puisqu'elles grimpaient de 0,5%. Les places boursières américaines sont restées prudentes et attentives vis-à-vis de la situation européenne, la volatilité étant moins grande qu'en Europe. Ainsi en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite gagne 5,64%, le S&P500 est en progression de 4,75% et le Dow Jones Industrial Average est hausse de 4,01%.
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En conclusion, la situation économique mondiale commence à évoluer. Les dirigeants ont maintenant bien compris que la récession et la crise ne partiront pas d'elles-mêmes. De multiples plans de soutien ont été présentés par les grandes économies mondiales. Maintenant que la sphère financière et économique a conscience des problèmes qui la minent, peut être va-t-elle commencer à trouver les moyens de les résoudre.
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Forex :
Sur le marché des devises, les cambistes ont suivi de près la situation européenne, laissant au second plan les indicateurs macroéconomiques et l'économie américaine. De la même manière que les marchés actions, les cours du forex ont été très animés, évoluant fréquemment en dent de scie.
La paire EUR/USD a virevolté à la hausse et à la baisse, la volatilité étant extrême suite aux troubles de l'Eurozone et plus généralement de la Grèce. Considérée comme monnaie à risque, l'euro a été vendu en début de semaine quand la stabilité de la zone euro battait de l'aile. Le départ de Jurgen Stark, une réunion du G7 décevante et les craintes à propos d'une faillite de la Grèce ont suffit a faire chuter l'Euro contre ses principales contreparties. Cependant, la monnaie unique s'est très vite reprise en cours de semaine, grâce aux différentes mesures des instituions européennes et internationales. D'abord, la réunion entre M. Sarkozy, Mme Merkel et M. Papandréou a fait reprendre des couleurs à la monnaie des dix sept. Après un plus bas à 1,3545 dollar, l'EUR/USD s'est repris jusqu'à dépasser le seuil des 1,37 dollar. La progression s'est accélérée quand les banques centrales ont décidé d'augmenter l'approvisionnement des marchés en liquidités en dollars. Cette décision, adoptée conjointement par la Banque d'Angleterre, la Banque Centrale Européenne, la Banque nationale suisse, la Banque du Japon ainsi que la Réserve fédérale des Etats-Unis va diluer la valeur du dollar sur les marchés. Dans ce contexte, la paire EUR/USD s'échange à 1,3817 dollar en fin de semaine, affichant une progression hebdomadaire de 1,77%.
La monnaie unique s'est aussi légèrement appréciée contre le yen et la livre britannique. S'échangeant respectivement à 105,141 yens et 0,85762 livre en début de semaine, l'euro s'est apprécié face à ces devises, la situation de l'Europe s'améliorant. Même si l'Union Européenne semble se diriger vers une stagnation pour la fin de l'année, avec la locomotive allemande qui montre des signes d'essoufflement et la crise de la dette qui tend à se répandre, certains pays se démarquent avec une amélioration de leur situation économique. Ainsi, la Pologne affiche un PIB en croissance de 4% et l'Espagne devrait terminer l'année avec un PIB en hausse de 0,8%, meilleur que l'Italie. La réforme de la gouvernance de la zone euro est aussi entrain de s'accélérer avec des pays membres qui organisent de plus en plus de réunions afin de mettre en place le plan du 21 juillet 2011. Aujourd'hui, la réunion de l'Eurogroup devrait débattre sur de multiples sujets tels que la mise en place des « Eurobonds » et l'augmentation de la capacité du FESF en démultipliant ses fonds. En tout cas, les différents acteurs de la zone euro se montrent rassurants, ce qui plait aux cambistes. Ainsi, en fin de semaine, l'EUR/GBP est en hausse de 1,85%, s'échangeant à 0,8738 livres contre un euro. La devise nippone faisant plus office de valeur refuge sur les marchés, le yen a bien résisté face à l'appréciation de l'euro. L'EUR/JPY s'échangeait à 105,95 yens contre un euro, affichant une progression de seulement 0,76%.
Du coté du billet vert, on notera que le dollar s'est déprécié face aux devises refuge. La situation de l'économie américaine continue d'inquiéter les cambistes avec des chiffres macroéconomiques décevants. Même si la balance des comptes courants est en amélioration (-118 milliards de dollars contre -119 milliards précédemment), le marché de l'emploi montre toujours des signes d'affaiblissement avec l'augmentation des nouvelles demandes d'allocations-chômage et l'activité manufacturière continue de se contracter : l'indice de l'Empire State Manufacturing ressort à -8,82 points contre -3,95 points attendu par les analystes. Dans ce contexte, l'USD/JPY s'échange à 76, 67 yens, en baisse de 0,93% et l'USD/CHF à 0,8732, en retrait de 1,48%.
Enfin, au niveau des cross plus exotiques, on notera que la paire NZD/USD (Kiwi) s'est fortement dépréciée après la décision de la Banque de Réserve de la Nouvelle Zélande (RBNZ) de maintenir son taux directeur inchangé à 2,5%. Les perspectives d'un nouveau resserrement monétaire de la RBNZ se sont amoindries impactant directement le dollar de la Nouvelle Zélande. En fin de semaine, le Kiwi s'échangeait autour des 0,8285$.
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Matières premières*:
Au chapitre des matières premières, la semaine a été agitée. Les cours du pétrole ont été orientés à la baisse tout au long de la semaine et se sont légèrement repris en fin de semaine avec l'annonce des banques centrales. Il y a plusieurs raisons à cette baisse : premièrement, la peur d'une nouvelle récession pour l'économie mondiale. Deuxièmement, les risques climatiques dans le Golf du Mexique ont temporairement refroidi les investisseurs. Troisièmement, la chute de l'euro en début de semaine a réduit la demande de contrats futures libellés en dollar comme protection. Et enfin, la dernière raison mais non des moindres : les prévisions de la demande mondiale d'or noir ont été revues à la baisse pour 2011 et 2012. En effet, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) estime que la demande mondiale de pétrole sera de 87,99 millions de barils par jour sur 2011 et 89,26 millions de barils sur 2012 à cause du ralentissement de l'économie américaine. Cette baisse de la demande a été confirmée avec une hausse plus importante que prévu des stocks d'essence aux Etats-Unis. Les stocks ont progressé de 1,9 million de barils à 210,8 millions de barils alors que les analystes tablaient sur une diminution de 500 000 barils.
Sur le front des métaux précieux, l'once d'or a chuté tout au long de la semaine. En effet, le métal jaune a été utilisé pour couvrir les pertes des investisseurs en début de semaine. Les banques d'investissement ont aussi décidé de louer leur stock pour obtenir des liquidités en dollars. En variation hebdomadaire, l'or a chuté de 3,79%. Cet après midi, l'once s'échangeait contre 1785 dollars l'once, tandis que l'argent se négociait à 39,98 dollars.
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 19 septembre 2011
16:00
Indice immobilier NAHB
SEPTEMBRE
15
15
Mardi 20 septembre 2011
03:30
Minutes de la RBA (pol.monétaire)
07:45
Prévisions éco. SECO
SEPTEMBRE
08:00
Balance commerciale
AOUT
2.83B
11:00
Sondage ZEW (sentiment éco)
SEPTEMBRE
-45.0
-37.6
14:30
Commerce de gros (GM)
JUILLET
+0.3%
+0.2%
14:30
Mises en chantier
AOUT
590K
604K
14:30
Permis de construire
AOUT
590K
597K
Mercredi 21 septembre 2011
00:45
Balance commerciale (NZD)
Q2
-0.671B
-0.097B
01:50
Balance commerciale
AOUT
-Y22.1B
-Y130.5B
06:30
Indice Activité Industrielle (GM)
JUILLET
+0.5%
+2.3%
10:30
Bank of England Minutes
10:30
Emprunts nets secteur public
AOUT
11.3B
-2.0B
13:00
Indice des Prix à la Consommation (GM)
AOUT
+0.1%
+0.2%
16:00
Ventes de logements existants
AOUT
4.75M
4.67M
20:15
FOMC Décision de la Fed
<0.25%
<0.25%
Jeudi 22 septembre 2011
00:45
PIB (NZD Q/Q)
Q2
+0.5%
+0.8%
04:30
Indice HSBC PMI manufacturier flash
SEPTEMBRE
49.9
10:00
PMI Manufacturier
SEPTEMBRE
48.4
49.0
10:00
PMI Services
SEPTEMBRE
51.0
51.5
11:00
Nouv. commandes industrielles (GM)
JUILLET
-1.2%
-0.7%
11:00
ZEW
SEPTEMBRE
-71.4
14:30
Ventes de détail GM (hors autos)
JUILLET
+0.2%
-0.1%
14:30
Nv Demandes Alloc-Chôm.
16 SEPTEMBRE
428K
16:00
Indice de confiance Zone Euro
SEPTEMBRE
-18.0
-16.5
16:00
Indicateurs avancés
AOUT
+0.1%
+0.5%
Vendredi 23 septembre 2011
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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