Un rebond en dents de scie avant de nouvelles mesures des Banques Centrales ?
Marchés actions :*
Croissance ou récession pour l'économie mondiale? Cette problématique a été le fil conducteur de la semaine. La tendance des marchés fût semblable à la semaine précédente c'est-à-dire unidirectionnelle et haussière, avec une chute en fin de semaine.
Dans quel état sera l'économie américaine dans les mois à venir ? Plusieurs annonces des grands acteurs de l'économie mondiale pèsent dans la balance.* D'un coté, la FED tente de rassurer les marchés en montrant une volonté forte de les supporter. De fait, le début de semaine a été marqué par les effets « vertueux » du discours de Ben Bernanke à Jackson Hole et par les Minutes du FOMC mardi dernier. Le président de la banque centrale a été très clair : en l'état actuel, la croissance ne sera pas suffisante pour relancer le marché de l'emploi. Des secteurs clés de l'économie sont affectés tels que la consommation, le marché de l'immobilier ou encore l'activité manufacturière. La semaine ayant été riche en indicateurs macro-économiques, de nombreux chiffres sont venus confirmer les déclarations de M. Bernanke : l'activité manufacturière FED de Dallas est ressortie à -11,4 contre une estimation à -8,0, les reventes de logements en cours sont en retrait de -1,3% contre -0,3% et la confiance du consommateur s'affiche à 44,5 points contre 52,0 de prévu. Ces chiffres pessimistes ont fait vaciller les marchés tout au long de la semaine. Cependant, le tableau n'est pas complètement noir. Si Wall Street est restée en hausse la majeure partie de la semaine, c'est pour plusieurs raisons fondamentales. Tout d'abord, les gérants et investisseurs étaient* dans une logique de "chasse aux bonnes affaires". Plusieurs titres de qualité sont devenus attractifs à cause des spirales négatives du début du mois. Ensuite, bien que la FED soit réaliste quant à l'état de l'économie mondiale et américaine, cela ne l'empêche* pas de calmer les marchés. Même si cette dernière est restée prudente ces derniers jours (aucune promesse de stimulation), elle réfléchit sérieusement à tous les outils en sa possession pour relancer l'économie. Les investisseurs n'ayant pas information précise spéculent sur les mesures qu'elle prendra dans le futur, comme par exemple la mise en place d'un QE3, poussant les marchés à la hausse. Troisièmement, les indicateurs ne sont pas tous ressortis mauvais. Certains indicateurs ont agréablement surpris les marchés financiers comme par exemple l'ISM manufacturier* qui s'affiche à 55,5 contre 48,5 de prévu et les demandes d'allocations-chômage qui ont diminué de 12 000 par rapport à la semaine précédente. Enfin, le plan de relance du gouvernement américain sera présenté par M. Obama dans les jours qui viennent. Le président a annoncé des mesures extraordinaires afin de relancer le marché de l'emploi et de la consommation.
Coté européen, les indices ont globalement suivi les mêmes mouvements qu'à Wall Street, ballotés par les annonces américaines. Les chiffres européens restent relativement stables, avec un chômage en légère hausse de 0,1% et des indices PMI qui ressortent conformes aux prévisions. Ces derniers sont ressortis aux alentours de 49,0, traduisant une légère contraction de l'activité manufacturière. En revanche, plus inquiétant, les peurs propres à la crise de la dette souveraine ont rejailli en cours de semaine. Le FMI et la BCE ont averti les banques à propos de leur fragilité et les ont fortement encouragées à se recapitaliser de toute urgence. Deux banques grecques ont même fusionné ce qui a été salué par les marchés. En outre, la Troïka (la commission européenne, le FMI, la BCE, NDLR) ont révisé fortement à la baisse leur prévisions de croissance pour la Grèce. De fait, le PIB pourrait chuter de 5%, faisant monter le déficit budgétaire à 9% du PIB, contre 7,6% estimé par le gouvernement grec. En conséquence, la troïka pourrait exiger de la Grèce de nouvelles mesures d'austérité qui auraient comme conséquence…un repli de l'activité économique et encore plus de pessimisme de la part des investisseurs. Le sort de la Grèce semble donc scellé avec une restructuration de la dette qui s'approche de plus en plus. D'un point de vue technique, le CAC40 rebondi sur la zone des 3000 points et évolue dans le range 3000 – 3250, avec un plus haut à 3296,2 points et un plus bas à 3 116,2 points. Techniquement si le CAC se consolide et que les nouvelles macroéconomiques sont bonnes, l'indice devrait casser la résistance et sortir du range. Les investisseurs pourront alors envisager un retour vers les 3550 points.
En conclusion, les marchés sont pour l'instant dans l'attente des chiffres du chômage américain. La baisse de cette fin de semaine s'explique par des verrouillages de bénéfices sur les marchés avant la publication de l'indicateur à 14h30. Les traders sont sans doute aussi inquiets pour l'économie américaine, la semaine ayant été assez nuancée. En bref, les indices européens étaient dans le vert : en variation hebdomadaire, le CAC40 affiche pour l'heure une performance de +3,07%, le Dax30* +0,68% et l'EuroStoxx50 +1,15%. Le Footsie100 affiche la meilleure performance avec +3,46%. Les marchés américains ont également bien progressé sur la semaine : le Nasdaq Composite gagne 2,67%, le S&P500 2,36% et le Dow Jones Industrial Average rebondi de 1,85%.
Forex :
*Sur le marché des changes, l'évolution des devises a été assez contrastée. L'euro est en baisse face à l'ensemble de ses contreparties, le dollar est en hausse et la monnaie helvétique est à nouveau très recherchée par les investisseurs. Bien que le début de semaine ait été marqué par un retour de l'appétit pour le risque, les craintes d'un ralentissement économique mondial sont revenues sur le devant de la scène après la publication d'indicateurs décevants des deux côtés de l'Atlantique.
En zone euro, la situation économique reste très inquiétante. L'activité industrielle a montré cette semaine des signes de contractions. Le taux de chômage est par ailleurs ressorti en hausse à 10% pour le mois de juillet et la confiance économique des consommateurs et investisseurs s'est dégradée. Mais une autre source d'inquiétude revient sur le devant de la scène, celle de la dette grecque. Celle-ci devient « hors de contrôle » selon les mots de la commission de contrôle du budget, institution grecque indépendante. Le déficit public grec s'est aggravé atteignant 350 milliards d'euros. Malgré les efforts déployés pour sauver la Grèce, la récession se creuse et est anticipée pour 2011 à - 4,5% et pourrait même atteindre -7% selon certains économistes. Dans ce contexte, il sera difficile pour Athènes de tenir ses engagements de redressement des comptes publics. Ainsi, le plan de sauvetage de 100 milliards d'euros accordé à la Grèce pourrait n'avoir aucun impact. Ces incertitudes poussent les CDS des banques à la hausse, entrainant des tensions sur le marché interbancaire. Les banques européennes se méfient les unes des autres et celles qui ont un excès de liquidité préfèrent se tourner vers la Banque Centrale Européenne pour leurs dépôts. La question est de savoir si chacune des banques a suffisamment provisionné dans leurs comptes le risque grec et plus globalement le risque de contagion vers l'Espagne et l'Italie.
Après avoir atteint les 1,4553 dollar ce lundi, un plus haut depuis le 5 juillet, la monnaie unique recule de plus de 2% et s'échange autour des 1,4240 dollar ce vendredi. Le retour des investisseurs vers les devises refuges au détriment de la devise des dix-sept reflète bien les inquiétudes actuelles. La monnaie helvétique gagne plus de 7,30% face à l'euro sur la semaine passant de 1,1986 franc suisse pour un euro à 1,11 franc suisse ce vendredi. La monnaie unique perd également du terrain face à la devise nippone et cède un peu plus de 2,30% en rythme hebdomadaire. La semaine prochaine, les investisseurs se tourneront vers la réunion mensuelle de la BCE, jeudi 8 septembre. L'incertitude est très grande quant à une nouvelle hausse des taux directeurs. Le président de la BCE avait laissé entrevoir lors de sa dernière conférence qu'il avait toujours l'intention de combattre l'inflation. Celle-ci était ressortie à 2,5%, un niveau supérieur à sa cible fixée à 2%.* Alors que le patron de la BCE a lancé un nouveau cycle de hausse des taux d'intérêt actuellement à 1,5%, Jean-Claude Trichet sera-t-il prêt à effectuer un nouveau resserrement monétaire au vu du contexte économique très incertain ?
Outre-Atlantique, la semaine a été rythmée par de nombreux indicateurs macroéconomiques. Ceux-ci ont permis un éclairage sur la santé de l'économie américaine. Les chiffres sont globalement mitigés et ont profité au dollar. Le dollar Index gagne un peu plus de 1,5% et cote 74,55 points en cette fin de semaine. Toutefois, l'évolution des paires de devises est contrastée. La paire USD/CHF perd environ 5,5% à 0,78 franc suisse, l'USD/JPY reste stable autour des 76,70 yen alors que le dollar gagne du terrain face à l'euro et la livre sterling. En début de semaine c'est la consommation des ménages qui a rassuré les marchés. Celle-ci est ressortie contre toute attente à 0,8% en août contre un consensus de 0,4%. La consommation des ménages américains est un indicateur très suivi par les investisseurs car celui-ci représente les deux tiers du PIB des Etats-Unis et est donc un élément clé pour la croissance économique. Mais la chute de l'indice de Confiance des consommateurs est venue freiner l'attrait des investisseurs pour les devises risquées. Toutefois, les bons chiffres des commandes industrielles, de l'indice ISM manufacturier et les commentaires optimistes du président de la Réserve Fédérale sont venus effacer les indicateurs décevants du cabinet ADP avec seulement 90 000 emplois crées en août contre 114 000 en juillet. Ainsi, le doute persiste avant la publication du rapport mensuel de l'emploi américain. Les yeux des investisseurs sont désormais tournés vers les indicateurs les plus importants de la croissance économique américaine publiés ce vendredi à 14H30 à savoir le taux du chômage et les créations nettes d'emplois non-agricoles. De fortes variations sur les marchés sont donc attendues. Si le nombre de nouveaux emplois non-agricoles ressort inférieur aux attentes, l'aversion au risque pourrait augmenter et les investisseurs se tourneraient vers les valeurs refuges telles que le franc suisse, le yen et les métaux précieux. La Réserve Fédérale pourrait alors* annoncer dès le mois de septembre la mise en place d'un troisième cycle d'assouplissement quantitatif.
Matières premières*:
Sur le front de matières premières, l'or a repris le chemin de la hausse après sa forte correction de la semaine dernière. Le métal jaune se traite autour des 1 850$ l'once ce vendredi contre 1 788$ lundi matin. L'argent revient au-dessus des 42$ l'once après plusieurs séances autour des 40$. De son côté, le pétrole a évolué en nette hausse dans le sillage du rebond des marchés actions. Cette semaine, l'Américain Pétroleum Institute a fait état d'une augmentation des stocks de brut de 5,13 millions de barils, soit la hausse la plus importante depuis le mois de mars. Malgré cette augmentation, l'optimisme a pris le dessus après la publication en hausse de l'indice PMI de la Chine et des commandes industrielles ressorties meilleures que prévu. Les investisseurs espèrent désormais une confirmation dans le* secteur de l'emploi ce vendredi avec la publication du rapport mensuel du Département américain du Travail. A New York, le baril Light Sweet Crude gagne un peu plus de 2,5% sur la semaine à 88,05 dollars le baril. Même évolution à Londres où le Brent de la Mer du Nord est en hausse de plus de 2% en rythme hebdomadaire à 113,50 dollars le baril.
*
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 5 septembre 2011
09:50
PMI Services
Août
56.1
56.1
09:55
PMI Services
Août
50.4
50.4
10:00
PMI Composite
Août
50.9
51.1
10:00
PMI Services
Août
51.5
51.5
10:30
Sentix Confiance investisseurs
Septembre
-18.0
-13.5
11:00
Ventes au détail(GM)
Juillet
0.0%
0.9%
Mardi 6 septembre 2011
09:15
Indice Prix Consommation (GM)
Août
-0.2%
-0.8%
11:00
PIB(GT)
2Q
0.2%
0.2%
11:00
Consommation des ménages(GT)
2Q
-0.2%
0.3%
12:00
Commandes d'entreprises (GM)
Juillet
-1.4%
1.8%
16:00
ISM Non Manuf. Composite
Août
51.2
52.7
Mercredi 7 septembre 2011
10:30
Production industrielle (GM)
Juillet
0.0%
0.0%
10:30
Prod Industrielle manufact. (GM)
Juillet
0.0%
-0.4%
12:00
Production industrielle (GM)
Juillet
0.6%
-1.1%
15:00
Taux directeur du Canada
Septembre
1.00%
1.00%
Jeudi 8 septembre 2011
01:50
Total Comptes courants
Juillet
¥1175.8B
¥526.9B
01:50
Commandes Machines (GM)
Juillet
-4.2%
7.7%
07:45
Taux de chômage
Août
3.0%
3.0%
13:00
BOE Asset Purchase Target
Septembre
200B
200B
13:00
Annonce des Taux de la BOE
Septembre
0.50%
0.50%
14:30
Indice prix des logements neufs GM
Juillet
0.3%
14:30
Balance commerciale
Juillet
-$50.0B
-$53.1B
14:30
Nouvelles Demandes Alloc-chômage
Septembre
408k
409k
Vendredi 9 septembre 2011
01:50
Produit Intérieur Brut (GT)
2Q
-0.5%
-0.3%
04:00
Indice des Prix à la Consommation (GA)
Août
6.2%
6.5%
04:00
Indice des Prix à la Production (GA)
Août
7.2%
7.5%
08:00
Indice des Prix à la Consommation (GM)
Août
-0.1%
-0.1%
08:45
Production industrielle (GM)
Juillet
0.4%
-1.6%
10:30
PPI (GM)
Août
0.1%
0.2%
13:00
Taux de chômage
Août
7.3%
7.2%
13:00
Variation nette de l'emploi
Août
31.0K
7.1K
14:15
Mises en chantier
Août
200.0K
205.1K
16:00
Stocks Commerce en gros
Juillet
0.8%
0.6%
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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