Les marchés tournés vers le discours de Ben Bernanke
Marchés Actions*:
Cette semaine, la tendance fut unidirectionnelle sur les marchés. Après les chutes des semaines passées, les marchés ont rebondi puis sont repartis en légère baisse, verrouillant les profits des trois premiers jours. Cependant, plusieurs questions demeurent.
Comment expliquer ce rebond*? Après des semaines à avoir été rongés d'inquiétude pour le futur de l'économie mondiale, les marchés se sont retournés, sans raison de fond. D'abord timide en début de semaine, le rebond s'est accéléré pour finalement s'essouffler jeudi dernier. Ce mouvement peut s'expliquer de plusieurs manières. Premièrement, il convient de rappeler le contexte dans lequel se trouvaient les investisseurs en début de semaine. Les indices boursiers étaient totalement survendus avec un CAC qui avoisinait les 3016,99 points et une perte de -1,92% le vendredi soir. De manière générale, plusieurs secteurs étaient bradés, notamment le secteur bancaire, qui faisait peur de part son exposition aux dettes souveraines. Le rachat massif de ces titres à bon prix a stimulé les marchés qui sont partis en forte hausse. Deuxièmement, les marchés étaient dans l'attente du discours de Ben Bernanke à Jackson Hole qui aura lieu cet après midi. Les marchés ont spéculé sur la mise en place d'un éventuel QE3. De fait, les investisseurs pensent que les mauvais chiffres de l'économie pousseront la FED à prendre des mesures radicales pour relancer l'économie. Par conséquent la publication d'indicateurs négatifs a eu l'effet inverse qu'habituellement*: plus ils étaient mauvais, plus la probabilité de mesures exceptionnelles s'annonçait forte. En tout cas, le discours du président de la Banque centrale sera décisif pour les jours à venir. Troisièmement, les marchés ont été aussi soutenus par un chiffre positif de l'économie américaine en cours de semaine*: les commandes de biens durables sont ressorties en hausse de +4% contre seulement +2% d'attendu. Enfin, force est de constater que les volumes ont été très faibles cette semaine en comparaison des semaines précédentes. Par conséquent, l'importante volatilité a orienté les marchés à la hausse.
La question qui perdure à présent est la suivante*: quelle sera la tendance pour les prochains jours à venir*? Le rebond va-t-il se reprendre ou bien les investisseurs, pessimistes, feront repartir les marchés dans une spirale négative, à la manière du début du mois. Les avis sont partagés. D'un coté, un rebond durable semble imminent. Tout d'abord, malgré les indicateurs et prévisions pessimistes, il pourrait s'avérer que l'économie américaine ne soit qu'en simple ralentissement et ne rentre pas en récession comme le craignent les investisseurs. Le marché étant très émotionnel, un retournement durable pourrait s'afficher. En outre, si les gouvernements de la zone euro parviennent à convaincre les indices boursiers que leurs mesures sont et seront efficaces, et que la crise de la dette souveraine sera contenue dans les mois qui viennent, la tendance pourrait s'inverser durablement. Enfin, comme il a été dit précédemment, les valorisations boursières sont très faibles, probablement en deçà de leur valeur fondamentale. Un retour à la raison pourrait provoquer un regain d'intérêt pour ces valeurs, inscrivant durablement le rebond. D'un autre coté, il faut noter que si les marchés font peut être du zèle après chaque annonce, il y a tout de même de vraies raisons de s'inquiéter pour l'économie. La semaine a été relativement riche en termes d'indicateurs macro économiques européens et américains et la plupart s'avèrent inférieurs aux attentes. En Europe, le sondage ZEW ressort à 53,5 points contre 85 attendu, et l'IFO, qui mesure la confiance des investisseurs en Allemagne, s'affiche à 108,7 contre 112,9 précédemment. Coté américain, la situation n'est pas meilleure avec un marché de l'immobilier en recul, un marché de l'emploi qui se dégrade et une activité manufacturière qui se contracte. Au final, le bilan sur l'économie mondiale reste le même que celui des semaines précédentes*: elle est toujours prise entre le marteau (la crise de la dette souveraine) et l'enclume (le ralentissement des US). De fait, les investisseurs gardent ces analyses à l'esprit puisque l'essoufflement du rebond en fin de semaine est essentiellement dû à la publication des allocations-chômage US, ressorties en progression. Mieux encore, les gains du DAX30 du début de semaine ont été effacés en quelques minutes jeudi dernier, quand une rumeur sur la dégradation de la note allemande a circulé, faisant plonger l'indice. Enormément de doutes et d'inquiétudes subsistent à propos de ces deux sujets, car la moindre évolution pourrait s'avérer fatale, ou salvatrice.
D'un point de vue technique, les variations hebdomadaires des indices européens sont légèrement inférieures à celles des marchés américains*: le CAC40, l'EuroStoxx50*et le Footsie100 affichent respectivement une progression de +2,40%, +1,56% et +1,30%. Le Nasdaq Composite, le Dow Jones et le S&P500 affichaient respectivement des hausses hebdomadaires de +3,32%, +3,07% et +3,18%.
Forex*:
Sur le marché des devises, la prudence reste de vigueur du fait des préoccupations toujours importantes des investisseurs sur la capacité des Etats-Unis et de la zone euro à redresser leur économie.
Au sein de la zone euro, les tensions liées aux dettes souveraines persistent. Le sommet Franco-allemand entre la Chancelière allemande et le président français qui s'est tenu la semaine dernière n'a pas apporté les réponses attendues par les investisseurs qui espéraient une avancée sur la mise en place des euro-obligations. Le programme de rachats de titres par la Banque Centrale Européenne permet cependant de soulager les marchés. Pour rappel, le dernier rachat d'actifs effectué par l'institution financière s'élève à plus de 14 milliards d'obligations européennes, majoritairement des obligations italiennes. Néanmoins, cette action semble limitée tant l'incertitude au sein de la zone est grande. Pour preuve, les taux grecs à dix ans ont signé un nouveau record historique hier en passant au dessus de la barre des 18% tandis que les taux d'emprunts d'Etat grecs à deux ans ont atteint 43,6%. Les marchés surveillent en effet de près l'avancée du programme d'aide à la Grèce qui semble bien difficile à mettre en place. Le taux de participation du secteur privé basé sur le volontariat atteint aujourd'hui seulement 50%, un niveau bien en dessous des objectifs fixés par Athènes à 90%.
En outre, les indicateurs économiques de la semaine attestent des difficultés économiques rencontrées dans la zone euro. L'indice ZEW en Allemagne est ressorti à un plus bas depuis juillet 2009 au cours du mois d'août à 51,3. L'indice IFO de l'Allemagne qui traduit le climat des affaires dans le pays s'affiche également en dessous des prévisions des marchés à 108,7 contre 111,2 attendu. En France, l'activité économique montre aussi des signes de ralentissement. Le chômage a progressé sur le mois de juillet dans l'hexagone pour enregistrer des niveaux proches de février 2000. Parmi les quelques bonnes nouvelles de la semaine on retiendra la hausse de l'indice PMI d'activité privée dans la zone euro passant à 51,1 points lorsque les analystes tablaient sur un résultat de 50 ainsi que le PMI manufacturier allemand qui est passé à 52 points. Dans ce contexte, l'euro se traite en fin de semaine à 0,8844 pence face à la devise britannique et 111,14 yen face à la devise japonaise.
Outre-Atlantique, la santé économique des Etats-Unis inquiète également les cambistes après des négociations difficiles pour relever le niveau de plafond de la dette du pays. Les ventes de logements neufs ont baissé de 0,7% à 298*000 au cours du mois de juillet contre une prévision de 310*000 ventes. Par ailleurs, 417*000 nouvelles demandes d'allocations-chômage ont été recensées la semaine dernière soit 5*000 de plus que le consensus. Cependant, les commandes de biens durables sont ressorties en forte hausse sur la même période en progressant de 4,0% alors qu'elles avaient enregistré une baisse de 1,3% sur le mois de juin. Tout au long de la semaine, les cambistes sont restés prudents en attendant le discours du président de la Banque centrale américaine qui se tiendra à 16h heure française. Plusieurs rumeurs circulent sur de possibles mesures que pourrait proposer Ben Bernanke même si la majorité s'accorde à penser qu'aucune proposition majeure ne sera avancée. Le 9 août dernier la Réserve fédérale américaine avait déjà annoncé un maintien de ses taux à des niveaux historiquement bas pour une durée de deux ans minimum. Le billet vert reste ainsi sous pression dans l'attente de ce discours pour s'échanger à 1,6328 dollar contre la devise britannique et 76,98 yens face à la devise nippone. Des niveaux toujours élevés pour la devise japonaise alors que les autorités nippones ont proposé de nouvelles mesures pour enrayer l'appréciation du yen.
La devise helvétique pour sa part lâche un peu de terrain après avoir signé des records historiques faces à ses principales contreparties. Ainsi, la monnaie unique européenne se traite pour 1,1447 franc suisse et le billet vert s'échange aux alentours de 0,7931 franc suisse.
Matières Premières*:
Au chapitre des matières premières, l'Energy Information Agency (EIA) a fait état d'une baisse des stocks de pétrole brut américains de 2,2 millions de barils pour ramener le niveau total des stocks à 351,8 millions d'unités. Les stocks d'essence ont quant à eux augmenté de 1,3 million de barils faisant passer le nombre total de barils disponibles à 211,4 millions. Les cours du pétrole ont évolué à la hausse cette semaine, dans le sillage des marchés actions. La spéculation sur les mesures de la FED qui faisait fureur sur les marchés actions a aussi trouvé racine dans les cours du pétrole. Si la croissance américaine est fortement stimulée, alors la consommation de pétrole de la première économie mondiale le sera aussi. En revanche, les cours pourraient bien repartir à la baisse dans les semaines qui viennent. La Lybie, dont la guerre civile vient de s'achever, pourrait reprendre une production de pétrole soutenue, renvoyant les cours à la baisse. Peu avant le discours attendu du président de la Réserve fédéral américaine, le baril de la mer du Nord à échéance octobre 2011 se négocie pour 110,30 dollars tandis que sur le NYMEX, le baril «*Light Sweet Crude*» se négocie pour 84,94 dollars.
Du coté des métaux précieux, l'once d'or a signé un nouveau record historique cette semaine pour passer au dessus de la barre symbolique des 1*900 dollars l'once avant de brutalement rechuter pour se traiter en fin de semaine aux alentours de 1*788,61 dollars l'once. Les nouveaux plus hauts du métal précieux poussent les investisseurs à prendre leur bénéfice tandis que l'appétit pour le risque était de retour cette semaine. Même tendance pour l'once d'argent qui après être passé au dessus des 44 dollars l'once s'échange proche des 41 dollars.
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 29 août 2011
14:30
Revenu personnel
JUILLET
0,3%
0,1%
14:30
Consommation des ménages
JUILLET
0,4%
-0,2%
16:00
Reventes logements en cours GM
JUILLET
-0,3%
2,4%
16:30
Activité manufacturière FED de Dallas
AOÛT
-8,0
-2,0
Mardi 30 août 2011
1:30
Consommation totale des ménages(GA)
JUILLET
-2,9%
-4,2%
1:30
Taux de chômage
JUILLET
4,6%
4,6%
11:00
Confiance economique en zone euro
AOÛT
101,0
103,2
15:00
S&P/CS Composite-20 HPI GA%
2Q
-4,7%
-4,5%
16:00
Confiance du consommateur
AOÛT
52,0
59,5
20:00
Minutes de la réunion du FOMC
Mercredi 31 août 2011
1:50
Production industrielle (GM)
JUILLET
1,4%
3,8%
8:00
Ventes au détail (GM)
JUILLET
-1,5%
4,5%
9:55
Taux de chômage
AOÛT
7,0%
7,0%
11:00
Estimation IPC Zone Euro (GA)
AOÛT
2,5%
2,5%
11:00
Taux de chômage
JUILLET
9,9%
9,9%
14:15
ADP variation de l'emploi
AOÛT
103K
114K
14:30
PIB Trimestiel annualisé
2Q
0,0%
3,9%
16:00
Commandes industrielles
JULLET
1,4%
-0,8%
Jeudi 1 septembre 2011
4:30
HSBC PMI Manufacture
AOÛT
49,3
8:00
PIB cvs (GT)
2Q
0,1%
0,1%
10:00
PMI Manufacturing
AOÛT
49,7
49,7
10:30
PMI Manufacturing
AOÛT
48,5
49,1
14:30
Productivité hors agriculture
2Q
-0,5%
-0,3%
14:30
Nouvelles demandes d'allocations-chômage
AOÛT 27
417K
16:00
Dépenses de construction (GM)
JULLET
0,1%
0,2%
16:00
ISM Manufacturier
AOÛT
48,5
50,9
Vendredi 2 septembre 2011
10:30
Directeur d'achat construction PMI
AOÛT
52,5
53,5
11:00
PPI Zone Euro (GM)
JUILLET
0,5%
0,0%
14:30
Variation des emplois non agricole
AOÛT
95K
117K
14:30
Taux de chômage
AOÛT
9,1%
9,1%
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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