LA PEUR D'UNE RÉCESSION REFAIT SURFACE ET PROFITE AUX VALEURS REFUGES
Marchés actions :
Qui angoissera le plus les investisseurs*? C'est le jeu auquel ont joué la zone euro et la zone US au cours de la semaine. Les deux zones économiques ont toutes les deux révélé des signes d'affaiblissement. Après les ballotages de la semaine dernière, les marchés sont donc retournés sur une tendance baissière unidirectionnelle.
Est-ce bientôt la fin de l'euro zone*? Voila une question qui a germé dans l'esprit de plusieurs économistes et traders au cours de la semaine. A l'heure actuelle, l'Union Européenne peut être divisée en deux zones économiques majeures*: d'un coté, il y a les pays périphériques, caractérisés par des dettes plus ou moins colossales, des déficits importants, des difficultés liées à la monnaie unique (les PIGS). De l'autre, il y a le «*cœur*» de la zone, qui se caractérise par une économie plus active et plus dynamique (France, Allemagne, Pays Bas et pays scandinaves). Cependant la croissance semble avoir déserté ce «*cœur*» européen*: les locomotives de la zone sont en quasi stagnation avec la France qui affiche 0% de croissance pour le deuxième trimestre tandis que l'Allemagne et les Pays-Bas se fendent d'un léger +0,1%. Même le Royaume-Uni, qui n'a pas la monnaie unique mais qui représente une part importante du commerce de l'Union affiche des signes de ralentissement avec un chômage en hausse et des ventes au détail en baisse. Le problème soulevé par les économistes est simple*: avec une croissance aussi faible pour les pays majeurs de la zone, l'Union ne pourra pas faire face à la crise de la dette ou plutôt, les probabilités de défaut pour des pays comme l'Italie et l'Espagne sont élevées. Malgré cette cascade de mauvais indicateurs, des espoirs subsistent. La France et l'Allemagne ont montré une volonté forte de soutenir la zone euro lors du sommet Franco Allemand de mardi dernier. Politiquement, les deux pays ont l'air plus que jamais prêt à défendre la monnaie unique, mais les moyens mis en œuvre pour y arriver n'ont pas convaincus les investisseurs. Trois mesures ont été proposées*: la mise en place d'un véritable gouvernement économique européen, la création d'une nouvelle taxe sur les transactions financières et l'application de la règle d'or qui consiste à fixer un pourcentage maximal de déficit par rapport au PIB. Plutôt que de s'orienter vers une politique d'austérité à l'allemande, les investisseurs espéraient plus une fédéralisation de la zone, avec l'émission «*d'euro bonds*»* et un relèvement du plafond du FESF, mesures qui ont été fermement écartées par Monsieur Sarkozy et Madame Merkel. Les deux chefs d'États ont expliqué que ces mesures étaient l'aboutissement d'un processus de cohésion et non le début. Les investisseurs sont donc restés inquiets, et les marchés européens ont chuté toute la semaine.
Pour finir, des doutes subsistent quant à l'exposition des banques européennes aux dettes grecques. Les valeurs financières ont poussé les marchés à la baisse en fin de semaine. D'après la rumeur, une banque aurait eu des problèmes de liquidités, faisant appel à la BCE pour ne pas faire faillite. Cette dernière n'aurait prêté pas moins de 500 millions d'euros afin d'éviter une catastrophe. En conclusion, sur un rythme hebdomadaire, les indices européens ont été sévèrement touchés : le CAC40 glisse de 6,87%, le Dax30 abandonne 9,86% et le Footsie 100 lâche 6,80%. L'EuroStoxx50 plus large perd 7,64%.
Qu'en est-il de la première économie mondiale*? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation n'est pas au beau fixe. Plusieurs grandes banques américaines (alias Morgan Stanley &* Citigroup) ont revu leurs estimations sur la croissance mondiale et américaine à la baisse. De fait, l'économie américaine sera probablement au bord de la récession dans les six à douze mois à venir.* Cette semaine a été très riche en indicateurs américains*: évolution du marché de l'immobilier, production industrielle, indice des prix aux importations, à la production, à la consommation etc.*En résumé, tous ces indicateurs ressortent dans le rouge, témoignant d'un sévère ralentissement de l'économie. Le pessimisme s'est installé sur les places boursières mais il a été freiné par plusieurs annonces. En début de semaine, l'agence de notation Fitch a confirmé* la note AAA de la dette à perspective stable. Cette dernière se démarque de Standard & Poor's en affirmant que la dette américaine est toujours aussi sûre. Ensuite, le gouvernement américain a montré des signes forts de soutien avec plusieurs discours de Monsieur Obama. Le président américain dévoilera un plan de relance de la croissance et de création d'emploi en septembre prochain. Il a aussi nommé plusieurs sénateurs chargés de réduire le déficit du pays d'ici 2012. Ces annonces sont encourageantes mais elles ne restent que des mots. Les marchés attendent avec impatience des actes solides, et en leur absence, la panique continue de se rependre. Pour achever le tableau, l'économie asiatique ne fera pas autant «*d'étincelles*» que prévu. La croissance de la Chine a été revue légèrement en dessous de 9% et le Japon va rencontrer de sérieuses difficultés d'exportation si sa monnaie continue d'être surévaluée.* Chaque jour, les marchés étaient un peu plus plombés par les indicateurs, les orientant sur une tendance nettement baissière. *Par conséquent, de sérieux doutes persistent sur l'économie américaine. Ainsi en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite perd 5,09%, le S&P500 est en retrait de 3,24% et le Dow Jones Industrial Average est en baisse de 2,47%.
*
Forex :
Sur le marché des devises, les investisseurs continuent de se tourner vers les valeurs refuges dans un environnement où l'aversion au risque ne cesse de s'accroitre. Face au risque d'une rechute de l'économie mondiale de plus en plus probable, les valeurs refuges sont prisées des investisseurs. Le franc suisse et le yen sont fortement recherchés au détriment du dollar et de l'euro.
La monnaie helvétique considérée comme devise refuge par excellence ne cesse de gagner du terrain face à ses principales contreparties en particulier face au dollar et l'euro. En effet, depuis le début de l'année, le franc suisse a gagné environ 17% face à la monnaie unique et plus de 20% face à la devise américaine. Alors que l'activité économique helvétique résistait face à l'envolée du Franc grâce à une maitrise de l'inflation importée, l'appréciation continuelle de la devise suisse menace la compétitivité des exportations et son économie. La Banque nationale suisse (BNS) a été contrainte d'abaisser le 3 août dernier sa marge de fluctuation du taux Libor à trois mois à un niveau proche de zéro de 0%-0,75% à 0%-0,25%. Mais les doutes d'une rechute de l'économie mondiale ont poussé les investisseurs vers les devises refuges. Ainsi, les paires EUR/CHF et USD/CHF ont atteint des niveaux historiques le 9 août dernier respectivement à 1,0066 franc suisse pour un euro et 0,7071 franc suisse pour un dollar.* Pour enrayer cette forte appréciation, la BNS a décidé de relever ses avoirs en comptes de virement détenus par les banques de 120 à 200 milliards de francs, le 17 août dernier. Cette intervention qui consiste à lutter contre la fermeté du franc a cassé la spirale haussière de la monnaie helvétique. En milieu de semaine, la devise suisse s'est nettement relâchée face au dollar et face à l'euro revenant respectivement autour des 0,80 franc suisse pour un dollar et des 1,15 franc suisse pour un euro. Cependant, cette intervention pourrait avoir des effets uniquement à court terme. Les marchés s'attendaient à une décision beaucoup plus forte de la part de la BNS comme un rattachement du franc suisse à l'euro. Cette décision coûterait très chère à la BNS car celle-ci devrait acheter massivement des euros pour maintenir une parité fixe. En cette fin de semaine, la monnaie helvétique regagne légèrement du terrain face à la devise européenne et la devise américaine se négociant respectivement autour des 1,1305 franc suisse pour une euro et des 0,7910 franc suisse pour un dollar.
De son côté, la devise nippone fait aussi office de valeur refuge et se rapproche encore du plancher record d'après-guerre face au dollar. Dans la nuit de jeudi, le yen a touché les 76,31 yens pour un dollar, à 6 pips de son record historique atteint une semaine après le séisme du 11 mars dernier. Face à la nouvelle vague d'inquiétudes sur la croissance mondiale accentuée par les doutes sur l'évolution de la conjoncture américaine et la volonté de la Réserve Fédérale américaine de maintenir son taux d'intérêt directeur près de zéro jusqu'à la mi-2013, la devise américaine ne cesse de perdre du terrain tout comme la monnaie européenne. Après une intervention unilatérale des autorités japonaises le 4 août dernier, le yen avait nettement perdu du terrain pour s'échanger autour des 80,20 yens pour un dollar et aux alentours des 114,04 yens pour un euro. Ces mesures n'ont pas eu d'impact durable et la devise nippone est repartie en hausse gagnant en 10 jours plus de 4,5% face à l'euro et plus de 4,90% face au dollar. Des responsables du ministère de l'Economie et de la Banque du Japon se sont réunis jeudi pour décider des nouvelles mesures contre l'envolée du yen qui menace de dégrader la santé économique du Japon très dépendante des exportations. Ainsi, les interventions des autorités nippones* pourraient* être menées dans la durée tout en comportant un élément de surprise.* En outre, le ministre des Finances japonais a annoncé des mesures budgétaires pour aider les entreprises et a souhaité une meilleure coopération entre la Banque centrale du Japon (BoJ) et les autres banques centrales des pays industrialisés.
Enfin, la paire EUR/USD a connu une semaine volatile et peine à trouver une direction. Le sommet Franco-allemand a suscité de nombreux espoirs et l'euro s'appréciait nettement autour des 1,4480 dollar atteignant un pic en milieu de semaine à 1,4524 dollar. La détente des taux à 10 ans espagnols et italiens repassant sous la barre des 5%, a permis une baisse des tensions sur le marché obligataire européen. La récente activation du programme de rachats de titres de la BCE soulage les marchés. Cependant, les investisseurs ont été déçus des nouvelles mesures en particulier au sujet des euro-obligations qui ont été écartées du sommet Franco-allemand. De plus, la peur d'un double creux a ressurgi sur les marchés suite à des indicateurs économiques désastreux outre-Atlantique entrainant l'euro à la baisse. La monnaie unique s'échange en cette fin de semaine autour des 1,4305 dollar.
Sur le front des matières premières, la chute des marchés profite au métal jaune. Alors que le conseil mondial de l'or a estimé que la demande en or avait diminué de 17% au deuxième trimestre, l'organisme a estimé que la demande devrait progresser au cours des trois prochains mois. Face à la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis, l'attrait de cette valeur refuge se renforce. Ainsi, le métal jaune poursuit son accélération haussière en s'échangeant au-dessus des 1*870 dollars l'once. Ce mouvement haussier pourrait amener l'once d'or vers les 2*000 dollars au cours des prochains mois. L'argent profite lui aussi de cet attrait pour les valeurs refuges et se traite autour des 41,50 dollar l'once.* De son côté, le pétrole subit les prévisions en baisse de la demande mondiale ainsi que le ralentissement des échanges commerciaux. A New York, le baril de qualité «*Light Sweet Crude*» échéance septembre 2011 repasse sous la barre des 80 dollars après un rebond à 89 dollars en milieu de semaine. Même tendance à Londres sur le Brent de la Mer du Nord échéance octobre, qui a chuté de plus de 8 dollars sur la séance de jeudi dans le sillage de la baisse des marchés actions. Le cours du Brent se traite autour des 105,60 dollars ce vendredi.
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 22 août 2011
14:30
Chicago FED Indice Activité nationale
Juillet
-0,48
0,46
16:00
Défaillances sur hypothèque
2Q
8,32%
Mardi 23 août 2011
10:00
PMI Composite
Août
50,0
51,1
10:00
PMI Manufacturing
Août
49,5
50,4
10:00
PMI Services
Août
51,0
51,6
11:00
Sondage Zew (Situation actuelle)
Août
85,0
90,6
14:30
Commandes de détail hors autos
Juin
0,3%
0,5%
16:00
Ventes Logements neufs GM
Juillet
1,0%
-1,0%
16:00
Indice manuf. Fed Richmond
Août
-8
-1
Mercredi 24 août 2011
10:00
IFO-Climat dans les affaires
Août
111,2
112,9
11:00
Nouvelles commandes industrie (GM)
Juin
0,0%
3,6%
14:30
Commandes biens durables
Juillet
2,0%
-1,9%
Jeudi 25 août 2011
14:30
Nouvelles Demandes d'Allocations-Chômage
Août
18:00
Chômeurs-Variation nette
Juillet
33,6
18:00
Total chercheurs d'emploi
Juillet
2720,4
Vendredi 26 août 2011
01:30
IPC natl hors alimentation/énergie (GA)
Juillet
-0,6%
-0,8%
10:00
M3 Zone Euro cvs (GA)
Juillet
2,2%
2,1%
10:30
PIB (GT)
2Q
0,2%
0,2%
14:30
PIB (GT)
2Q
1,1%
1,3%
14:30
Consommation personnelle
2Q
0,2%
0,1%
15:55
Confiance de l'université du Michigan
Août
56,0
54,9
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
Saxo Banque
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