Semaine chaotique sur les marchés




Marchés actions :


Un vent de panique a soufflé sur les places boursières internationales cette semaine alors que l'ensemble des indicateurs économiques ressortent dans le rouge dans un contexte de crise des dettes souveraines inquiétant.


L'adoption du compromis autorisant le relèvement de la dette américaine par le Sénat en début de semaine était pourtant sujet à apaiser les tensions sur les marchés. Néanmoins l'enlisement des négociations entre Républicains et Démocrates a renforcé les inquiétudes des investisseurs alors que les modalités de cet accord apparaissent bien insuffisantes pour certaines agences de notation. L'agence Standard & Poor's attendait en effet une réduction de 4 000 milliards de dollars des dépenses sur dix ans alors que celles-ci ont été réduites de seulement 2 100 milliards de dollars. Les principales agences de notation ont maintenu la note triple AAA des Etats-Unis tout en avertissant d'une probable baisse à court terme.


Parallèlement, outre-Atlantique, les indicateurs économiques de la semaine sont ressortis en nette baisse attestant d'un essoufflement économique. Ainsi, l'ISM manufacturier a créé la surprise lundi en s'affichant à 50,9 sur le mois de juillet, un chiffre proche de la barre des 50 en-dessous de laquelle l'économie du pays bascule en contraction. Les dépenses de consommation des ménages américains ont quant à elles reculé de 0,2% sur le mois de juin alors que les analystes tablaient sur une hausse de celles-ci de 0,1%. Après l'ISM manufacturier, ressorti lundi au plus bas depuis deux ans, l'indice des directeurs d'achat dans le secteur des services aux Etats-Unis a été présenté en baisse pour passer à 52,7 contre 53,3 sur le mois de juin.


Ces mauvais chiffres ont définitivement fait basculer les marchés dans le rouge alors que la réunion de la Banque Centrale Européenne n'a pas réussi à redonner un nouveau souffle aux marchés. Au regard des difficultés persistantes rencontrées par certains pays de la zone euro à faire face à leurs difficultés économiques, l'institution a décidé de racheter des obligations d'Etats du Portugal, de l'Irlande et d'améliorer la liquidité bancaire sur une durée de six mois. Néanmoins, le président Jean-Claude Trichet a affirmé la possibilité de poursuivre le resserrement de la politique monétaire avec un taux directeur resté inchangé à 1,5%. Les marchés ont mal accueilli cette nouvelle alors qu'une inflation réduirait mécaniquement le poids de la dette au sein de la zone euro.


Coté résultats d'entreprises, on retiendra la publication des résultats des deux premières banques françaises. La Société Générale a présenté un résultat net atteignant 747 millions d'euros sur le deuxième trimestre de l'année (-31,1%). BNP Paribas a publié des chiffres en dessous des attentes des marchés. Le résultat net du groupe est ressorti à 2,12 milliards d'euros sur le second trimestre et le résultat brut d'exploitation fait état d'une chute de 8% sur la même période de 4,379 milliards d'euros.


Dans ce contexte, l'indice parisien perd plus de 10% sur les cinq dernières séances pour atteindre des niveaux que l'on n'avait plus vu depuis juillet 2009. L'Eurostoxx 50 recule de 10,56% sur la semaine pour passer à 2 388,33 points sur la dernière séance de la semaine. Enfin, le Dax à Francfort ainsi que le Footsie à Londres chutent respectivement de 12,34% et 9,06% sur la même période.


Forex :


Sur le marché des devises, la monnaie unique européenne a vu ses cours vaciller face au billet vert alors que le spectre des dettes souveraines refait surface. Ainsi, après s'être échangé proche des 1,4450 dollar en début de semaine, l'euro est tombé sous la barre des 1,41 dollar face au billet vert. Paradoxalement, le dollar américain a bénéficié de son statut de valeur refuge malgré des indicateurs économiques décevants.


Après l'ISM manufacturier ressorti en baisse en début de semaine, l'indice des directeurs d'achat dans le secteur des services aux Etats-Unis a confirmé le ralentissement de l'économie américaine. S'affichant en baisse contre toute attente, il a atteint 52,7 le mois dernier. Autre point négatif, les commandes industrielles américaines ont reculé de 0,8% lorsque les analystes tablaient sur une hausse de 0,60%.


La monnaie unique a également été largement pénalisée par le discours du président de la Banque centrale européenne qui a annoncé racheter des obligations pour injecter de nouvelles liquidités sur les marchés. Cette annonce n'a pas eu l'effet escompté alors que paradoxalement le président de l'institution se dit prêt à poursuivre le resserrement de la politique monétaire de la zone euro. La situation de certains pays de la zone apparait critique : l'Italie a vu sa production industrielle baisser de 0,6% sur le mois de juin contre un chiffre attendu en hausse de 0,1%. Parallèlement, la croissance espagnole ralentit, passant de 0,2% sur le deuxième trimestre de l'année contre 0,3% le trimestre précédent. Autant d'éléments sujets à renforcer les inquiétudes des marchés. Dans ce contexte, le marché obligataire s'est tendu : le rendement de la dette à dix ans de l'Italie est repassé au dessus de la barre des 6% en début de semaine.


Cette semaine a également été marquée par l'intervention du gouvernement japonais sur le marché des changes pour enrayer l'appréciation du yen face au dollar. En effet, la devise nippone s'échangeait depuis le mois dernier à des niveaux historiquement élevés, pénalisant ainsi les exportations des entreprises nationales et plus largement la santé économique du pays. Ainsi, après plusieurs avertissements, les autorités japonaises sont intervenues pour freiner l'avancée du yen en rachetant davantage d'actifs obligataires. Néanmoins, cette action risque d'avoir un impact limité si la situation économique des Etats-Unis ne s'améliore pas dans les prochains jours. Après s'être négocié autour de la barre des 77 yens pour un dollar américain, la paire USD/JPY a bondi au dessus des 80 yens pour revenir en fin de semaine aux environs des 78,44 yens.


La devise helvétique a pour sa part bénéficié de l'aversion au risque dans un contexte économique hautement incertain. Le franc suisse a ainsi enregistré de nouveaux records cette semaine face au billet vert pour atteindre 0,7608 franc suisse et également face à l'euro en s'échangeant à 1,0707 franc suisse pour un euro en fin se semaine.


Au chapitre des matières premières, l'once d'or a elle aussi profité de son statut de valeur refuge pour atteindre des niveaux inédits au dessus de la barre des 1 680 dollars. De nombreux éléments étaient réunis pour pousser le métal jaune à des sommets. L'once d'argent s'échange pour sa part à 39,30 dollars en fin de semaine. Sur le front de l'or noir, les cours apparaissent plombés par le ralentissement de la demande américaine. L'Agence américaine d'Information sur l'Energie (EIA) a fait état cette semaine d'une baisse des stocks américains de 3,55 millions de barils de pétrole brut et d'une hausse des stocks d'essence de 1,7 millions de barils au cours de la semaine dernière. Dans ce contexte, les cours du pétrole ont enregistré une forte baisse cette semaine les ramenant à des niveaux de début d'année. Le baril de light sweet crude repasse sous la barre des 86 dollars pour se négocier autour des 85,77 dollars en fin de semaine. Le Brent de la Mer du Nord à échéance septembre 2011 se traite quant à lui à 108,10 dollars.










































































































































































































































































Heure Pays
Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 8 août 2011
1H50 Solde des comptes courants (GA%) JUIN -40,1% -51,7% 3
7H45 Taux de chômage (cvs) JUILLET 3% 3% 3
10H30 Indice Sentix: Confiance des Investisseurs AOÛT 4 5,3 4
Mardi 9 août 2011
1H50 Masse monétaire M2 (GA) JUILLET 2,9% 2,9% 3
3H30 Indice des prix à la consommation (GA) JUILLET 6,4% 6,4% 5
4H00 Production Industrielle (GA) JUILLET 14,6% 15,1% 5
4H00 Ventes au détail (GA) JUILLET 17,7% 17,7% 5
7H00 Confiance des consommateurs JUILLET 37,0 35,3 3
10H30 Production industrielle manufacturière (GM) JUIN 0,2% 1,8% 3
14H15 Mises en chantier JUILLET 193,2K 197,4K 4
14H30 Productivité hors-agriculture 2Q P -0,8% 1,8% 2
20H15 FOMC Décision de la FED 9 AOÛT 0,25% 0,25% 5
Mercredi 10 août 2011
1H50 Indice de l'industrie tertiaire JUIN 1% 0,9% 3
4H00 Balance commerciale (USD) JUILLET $27,40B $22,27B 4
8H00 Indice Prix Consommation (GM) JUILLET 0,4% 0,4% 4
8H45 Production industrielle (GM) JUIN 2,0% 3
11H30 Rapport inflation de la Banque d'Angleterre AOUT 5
16H00 Stocks Commerce en gros JUIN 1,0% 1,8% 4
20H00 Rapport Budget mensuel JUILLET -$140,0B -$43,1B 5
Jeudi 11 août 2011
1H50 Commandes Machines (GM) JUIN 1,8% 3% 3
14H30 Commerce international canadien JUIN -1,0B -0,8B 3
14H30 Balance commerciale JUIN -$47,5B -$50,2B 5
14H30 Nouvelle Demandes d'allocations-Chômage 5 AOÛT 400K 4
Vendredi 12 août 2011
6H30 Production industrielle (GM) JUIN F 3,9% 4
7H30 Indice Prix Consommation (GM) JUILLET 0,1% 3
7H30 Production Intérieur Brut (GT) 2Q P 0,9% 3
11H00 Production industrielle Zone Euro cvs (GM) JUIN 0,1% 0,1% 4
14H30 Ventes au détail hors automobiles JUILLET 0,2% 0,0% 5
15H55 Confiance de l'université du Michigan AOÛT 63,2 63,7 4
16H00 Stocks d'entreprises JUIN 0,6% 1% 4
Degré de pertinence pour les marchés :





5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne







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