Le débat autour du plafond de la dette américaine met les actions mondiales sous pression
Séance calme en Asie alors que l'appétit du risque a entraîné une baisse des actions. Le Nikkei a chuté de -1,45% alors que le JPY est resté en demande puisque les échanges FX ont favorisé les valeurs-refuge. Le rapport des commandes de biens durables aux États-Unis a été décevant, il a renforcé le sentiment négatif du marché, avec une baisse de 2,1% des commandes globales, une baisse de 0,4% dans les commandes de biens d'équipement. En conséquence, S&P a clos la séance en baisse de 2%. Les rendements du Trésor continuent à s'échanger dans une fourchette étroite, tout comme le dollar contre l'euro. Enfin, la plupart des matières premières ont également clos en baisse.
La seule vraie nouvelle est venue de la RBNZ qui a maintenu ses taux à 2,5%, néanmoins, la déclaration qui a suivi a suggéré la nécessité grandissante d'une hausse. L'EUR/CHF a fluctué entre 1,14950 et 1,15250 tandis que l'USD/JPY s'approche de son plus bas de la semaine de 77,58. Reuters rapporte que le Ministre de l’Économie Yosano a déclaré au gouverneur Hideaki Omura, dont la préfecture héberge le Toyota Motor Corp, qu'une intervention FX de l'ordre de 1-2 milliards de yen serait difficile. On peut alors penser qu'une intervention FX avant le 2 août, échéance en ce qui concerne le plafond de la dette américaine, est peu probable. Noda a essayé d'avertir les traders d'une possible intervention avec une joute verbale qui a fait ses preuves : "Je vais continuer à prêter attention aux marchés".
Comme il fallait s'y attendre il n'y a pas de réaction notable du JPY. En Europe, les notes de crédit de la Grèce et de Chypre ont été déclassées, soulignant encore les problèmes persistants que le sommet européen n'a pas pu résoudre. S&P a indiqué dans sa déclaration que «le projet de restructuration de la dette du gouvernement grec équivaudrait à un défaut sélectif selon notre méthodologie de notation ». L'agence a poursuivi en indiquant «Nous considérons le plan de restructuration proposé comme douteux car selon les déclarations publiques faites par les décideurs européens, il est susceptible d'entraîner des pertes pour les créanciers commerciaux ». La menace de défaut sélectif a clairement pesé sur l'EUR puisque l'EUR/CHF continue sa chute. Fait intéressant, une enquête Reuters réalisée sur 50 analystes a montré que 31 pensent que le plan de sauvetage n'a pas résolu les problèmes de l'UE. Pour nous, ce n'est qu'une question de temps avant qu'une prochaine vague de crise souveraine frappe l'Europe. En ce qui concerne le débat autour du plafond de la dette américaine, rien de nouveau puisque les querelles politiques se poursuivent. L'impasse au sujet de la dette américaine persiste alors que la stratégie en deux temps du porte-parole John Boehner visant à relever le plafond de la dette américaine a été contrée par le Bureau du Budget du Congrès qui a déclaré que la proposition permettrait de réduire le déficit moins qu'elle ne le prétend réellement. L'échec des républicains à respecter des pratiques comptables saines aurait sûrement donné au Président Obama le pouvoir d'appliquer son droit de veto sur le plan.
Comme nous l'avions déclaré, nous pensons que les négociations et les tractations continueront jusqu'au dernier moment avant qu'un «grand compromis» soit atteint. Cependant, les dommages à la réputation de l'USD et la réaction des agences de notation sont plus qu'incertains. Il y a un risque considérable que les agences de notation doutent de leur crédibilité et pourraient opter pour un déclassement. Nous anticipons toujours une faiblesse des États-Unis jusqu'à la date butoir du 2 Août. Hier en Suisse, la chute du baromètre conjoncturel du KoF de son plus haut de 5 ans à 2,30 ( en mai) au chiffre de 2,04 aujourd'hui (plus faible que la prévision de 2.11) est une indication claire que la croissance est moins dynamique. L'une des raisons principales d'une vente massive dans le CHF a été la détérioration de la conjoncture économique intérieure. Le KoF élabore son baromètre sur la base de plusieurs modules et sous-modules, parmi lesquels la construction, l'industrie ou encore la consommation, l'industrie devrait être en baisse puisque c'est le module le plus influencé par les fluctuations des devises. Néanmoins, bonne nouvelle sur l'indice construction qui montre une poursuite de l'expansion ( logique en raison des taux d'intérêt historiquement faibles). Il est bon de préciser qu'un chiffre supérieur à 2,00 est un très bon chiffre.
Cependant, malgré la forte agressivité du CHF et les appels répétés des dirigeants d'entreprises suisses pour une intervention FX, les retombées dans l'économie ont été globalement faibles. Il y a des signes de ralentissement certes, mais aucun signe d'effondrement cataclysmique comme beaucoup avaient prédit, alors que les principaux partenaires commerciaux de la Suisse (l'Europe) ont une croissance en baisse. Il est trop facile pour les participants d'accuser le CHF et d'extrapoler les effets négatifs sur l'économie intérieure. Nous pensons que l'économie suisse met reflète réellement le dynamisme économique du pays et fait taire les prévisions d'effondrement économique. Dans un contexte de quête de solidité économique, les échanges à moyen et long terme continueront de privilégier la valeur refuge helvétique contre le dollar et l'euro. Il y a quatre principales raisons pour lesquelles le CHF restera très demandé selon moi.
A l'échelon mondial, les gestionnaires des réserves de change détiennent des allocations de portefeuille de 0,10 seulement en CHF, aussi doit-on s'attendre à une diversification accrue dans cette devise. La Suisse affiche un ratio dette/PIB raisonnable de 55 % et des finances publiques saines, ce que la planète finance apprécie toujours quand elle s'inquiète des bilans souverains. Malgré le plan de sauvetage mis au point lors du sommet européen et le compromis potentiel dans le débat sur le plafond de la dette américaine, l'euro et le dollar sont fragilisés et les échanges seront tour à tour influencés par la crise européenne et les difficultés américaines. Et bien qu'à en croire l'indicateur Kof d'hier, les chiffres économiques récents révèlent une certaine détérioration, les prévisions de 2 % et de 1,7 % pour 2011 et 2012 paraissent plutôt bonnes comparé à ce qui attend les autres pays du G4.
A suivre aujourd’hui (heure en GMT):
07:30 SEK Unemployment rate, % Jun
07:55 EUR Germany: Unemployment change (000s, sa); (rate, %) Jul (7.0) exp / prior
09:00 EUR Final consumer confidence, index Jul
09:00 EUR Industrial confidence, index Jul -11.4 exp
10:00 GBP CBI distributive trades, total sales Jul 2.0 exp
12:30 USD Initial jobless claims, thous (4wma) 22-Jul 418 (421) prior
14:00 USD Pending home sales, % m/m (y/y) Jun -1.0 (15.8) exp
16:45 USD Richmond FED President Lacker (FOMC voter)
18:30 USD San Francisco Fed President Williams (FOMC voter)
23:01 GBP GfK consumer confidence, index Jul -26 exp
Le risque aujourd’hui:
EurUsd Si le retour sous les 1,45 a douché l'optimisme croissant des haussiers, les indicateurs laissent cependant prévoir un nouveau rebond. La cassure lundi des 1,4462 (plafond de la tendance baissière) donne à la paire une tonalité haussière. La première résistance s'établit toujours à 1,4536 (plus haut du 27 juil), suivie des seuils clés à 1,4578 (plus haut du 4 juil) et 1,4695 (plus haut du 8 juin). Nous attendons les premiers supports à 1,4324 (plus bas du 22 juil), 1,4282 (plancher de la tendance haussière), 1,3950 (plus bas du 13 juil) et 1,3837 dont la cassure ouvrirait la voie à un mouvement vers 1,3732 (plancher de la tendance haussière à long terme).
GbpUsd Le recul temporaire sous le plus haut d'hier à 1,6429 paraît être une correction à court terme plutôt qu'un renversement de tendance. La cassure de la tendance baissière de trois mois à 1,6221/55 (plafond de la tendance baissière et plus haut du 21 juin) intervenue la semaine dernière semble traduire un sentiment haussier, conforté par les nouveaux plus hauts. A en juger par le récent schéma "cassure - cassure de consolidation" etc., on devrait assister à une consolidation avant la prochaine progression. La cassure de la résistance à 1,6333 (plus haut du 25 juillet) a déclenché un mouvement vers 1,6442 (plus haut du 14 juin) et 1,6558 (plus haut du 31 mai). Les acheteurs devraient entrer en scène autour de 1,6262 (plus haut du 25 juil), 1,6171 (plancher de la tendance haussière), 1,6120 (plus bas du 21 juil), 1,6067 (plus haut du 8 juil). Ensuite, il ne devrait guère y avoir d'opérations jusqu'à 1,5949 (plus haut du 12 juil).
UsdJpy Les rumeurs concernant une intervention de Tokyo incitent à une grande prudence. Victime de ventes agressives la semaine dernière, la paire est passée sous le support de la fourchette à 79,70. Le mouvement s'est ralenti, mais la pression baissière persiste. Nous vendrions sur rebond sous 80,50, les supports se situant à 77,57 (plus bas du 27 juil) et 76,25 (plus bas historique atteint le 17 mars). Ensuite, la situation se complique et il faut s'attendre à un avertissement, voire à une intervention du ministère des Finances japonais. Les résistances se situent à 78,17 (plus haut du 27 juil), 79,03 (plus haut du 21 juil), 80,38 (plus haut du 12 juil) et 81,48 (plus haut du 8 juil).
UsdChf La anse des 0,80 offre une bonne base à l'USDCHF. Comme nous nous y attendions, le débouclage de positions courtes dû au sommet européen a été de courte durée. Sous 0,8550 (plus haut du 16 juin et plafond de la tendance baissière), nous restons baissiers sur l'USDCHF et cherchons des occasions de vendre sur rebond. Le premier support s'établit désormais à 0,7996 (plus bas du 27 juil). Après quoi, qui sait ? Des résistances mineures sont attendues à 0,8070 (plus haut du 26 juil), 0,8278 (plus haut du 19 juil), 0,8331 (plus haut du 13 juil), 0,8404 (plafond de la tendance baissière à long terme, suivies d'obstacles plus solides à 0,8551/53 (plus haut des 15 et 16 juin).
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