La crise de la dette de l'UE concentre de nouveau l'attention
Avec les inquiétudes autour de la dette souveraine européenne qui réapparaissent, l'aversion au risque est devenu le thème central à l'ouverture du marché FX. Les indices boursiers asiatiques régionaux ont été légèrement plus faibles alors que le dollar s'est globalement renforcé (S&P 500 a réussi à augmenter de + 0,56% à la fermeture de vendredi). Un article du Financial Times a indiqué que Trichet de la BCE était légèrement revenu sur son point de vue selon lequel, dans certains cas, des obligations européennes en situation de défaut pourraient être considérées comme une forme de garantie. L'engagement à demi-mot de la BCE à accepter que des obligations soient en défaut avait déjà compensé certains déclassements de la part des agences de crédit. Jean-Claude Trichet a déclaré: "la BCE ne pourrait pas accepter en garantie des obligations en défaut» et que « les autres gouvernements de l'UE auraient à trouver des moyens pour soutenir les banques grecques si elles persistent dans leur objectif d'un plan de sauvetage qui conduirait à avoir des obligations en défaut." Cependant, avec Jean-Claude Trichet indiquant que la BCE ne pourrait pas accepter en garantie des obligations en défaut, la participation dans les marchés périphériques de la dette a connu un risque significativement plus élevé. Le sentiment s'est rapidement propagé aux écarts de rendement et aux CDS qui ont continué à montrer des signes de stress. Les CDS portugais à 5 ans atteignent 1190 pb avec une hausse de 62bp, en Italie ils atteignent un record de 325bp, 370bp en Espagne, 2525bp en Grèce avec une hausse de 130bp en un jour, 1170 pb en Irlande.
L'EUR/CHF a chuté à 1,1365 et l'USD/CHF à 0,8033, illustrant la baisse de confiance du marché dans la capacité des décideurs de l'UE à trouver une solution durable aux inquiétudes croissantes des investisseurs. Les résultats des test de résistance des banques européennes vendredi ont révélé que 8 des 90 banques européennes (les banques portugaises, italiennes et françaises ont toutes réussi les tests haut la main... c'est sûr?) ont échoué aux tests imposés, cependant la pertinence et la méthodologie des tests ont été fortement remis en question avant les résultats et l'appétit du risque n'a pas augmenté après ces nouvelles à l'optimisme douteux. Par exemple, les tests ont montré un déficit de 2,5 milliards d'euros, les analystes prévoient qu'environ 120 milliards d'euros serait réellement nécessaire. Je ne suis pas un expert en chiffres, mais un écart aussi large, c'est quand même une grosse différence.
Fait intéressant, le rapport montre qu'une grande partie de la dette grecque était détenue par les banques grecques, environ 67%, le reste étant détenu par les banques allemandes puis par les banques françaises. La date du sommet de l'UE, ayant pour but principal de discuter des problèmes et des solutions pour la Grèce et la zone euro, est désormais fixée au jeudi 21 Juillet, fin de plusieurs jours de spéculation. Nous pensons que la «bienveillance» du marché à l'égard des décideurs européens a été totalement inutile et ils doivent vraiment sortir quelque chose de cette rencontre. Pour soutenir l'idée que les problèmes de crédibilité continueront à peser sur l'épisode actuel de la crise, le Financial Times a rapporté que Mme Merkel participerait au sommet seulement si un accord sur un nouveau plan de sauvetage grec était trouvé. Les tensions budgétaires en Europe continueront à diriger l'action des prix FX et concentreront inévitablement l'attention du marché cette semaine.
En Nouvelle-Zélande, le taux d'inflation pour le deuxième trimestre a grimpé de 5,3% y/y contre 5,1% prévu, atteignant son plus haut depuis 21 ans. Le NZD a réagi positivement à cette annonce, atteignant 0,8479 mais la paire a finalement baissé suite au risque dans l'EUR. La banque centrale de Nouvelle-Zélande voudrait ramener l'inflation dans une fourchette de 1 à 3%, le taux actuel est donc plus élevé, ce qui soutient la théorie pour un resserrement plus agressif à venir. Cependant, le gouverneur Borne de la banque centrale aurait déclaré qu'il considérait la pression actuelle comme temporaire et qu'il ne prévoyait pas d'augmenter les taux avant le printemps 2012, sauf s'il percevait des signes d'une inflation qui s'installe définitivement.
Cela dit, tant Moody’s que S&P ont mis la note AAA des Etats-Unis sous surveillance avec perspective négative la semaine dernière, un avertissement rappelant que les Etats-Unis sont eux aussi en butte à des problèmes. Le plafond de la dette pèse sur le sentiment des investisseurs, comme en témoigne la publication vendredi de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan, passé à 63,8 contre 72,2 attendu. Nous pensons que le Congrès acceptera de relever le plafond de la dette de 2,4 trillions de dollars cette semaine, ce qui devrait profiter au dollar à court terme. Toutefois, les Etats-Unis seront très vite contraints d'affronter leurs propres "démons" fiscaux.
A suivre aujourd’hui (heure en GMT):
13:00 USD Net long-term TIC flows, $ bn May 30.6 prior
14:00 USD NAHB housing market index Jul 13.0 prior 15.0 exp
Le risque aujourd’hui:
EurUsd Cela dit, tant Moody’s que S&P ont mis la note AAA des Etats-Unis sous surveillance avec perspective négative la semaine dernière, un avertissement rappelant que les Etats-Unis sont eux aussi en butte à des problèmes. Le plafond de la dette pèse sur le sentiment des investisseurs, comme en témoigne la publication vendredi de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan, passé à 63,8 contre 72,2 attendu. Nous pensons que le Congrès acceptera de relever le plafond de la dette de 2,4 trillions de dollars cette semaine, ce qui devrait profiter au dollar à court terme. Toutefois, les Etats-Unis seront très vite contraints d'affronter leurs propres "démons" fiscaux.
GbpUsd Le maintien de notre biais baissier sous 1,4480 (plafond de la tendance baissière) semble avoir payé. L'EURUSD s'est vu coupé dans son élan jeudi et les indicateurs à court terme se sont inversés. Les premières résistances s'établissent à 1,42 (plus haut du 15 juil) et 1,4282 (plus haut du rebond du 14 juil). Nous attendons le premier support à 1,3950 (plus bas du 13 juil), suivi de 1,3837 dont la cassure ouvrirait la voie à un mouvement vers 1,3732 (plancher de la tendance haussière).
UsdJpy Victime de ventes agressives la semaine dernière, la paire est passée sous le support de la fourchette à 79,70. La chute des rendements américains continue de faire peser une pression acheteuse sur le yen. Nous vendrions sur rebond sous 80,50, les supports se situant à 78,45 (plus bas du 14 mai), et 76,25 (plus bas historique atteint le 17 mars). Ensuite, la situation se complique et il faut s'attendre à une nouvelle réaction des responsables politiques japonais. Les résistances s'établissent à 79,61 (plus haut du rebond intraday), 80,38 (plus haut du 12 juil) et 81,48 (plus haut du 8 juil).
UsdChf Comme nous nous y attendions, l'USDCHF s'est encore affaibli et a inscrit un nouveau plus bas historique à 0,8033. Les cambistes étant en quête de valeurs refuges, la devise helvétique reste très recherchée. Sous 0,8550 (plus haut du 16 juin et plafond de la tendance baissière), nous restons baissiers sur l'USDCHF et cherchons des occasions de ventes sur rebond. Le premier support s'établit désormais à 0,8033 (plus bas intraday et historique). Après cela, qui sait ? Des résistances mineures sont attendues à 0,8192 (plus haut du 15 juil), 0,8331 (plus haut du 13 juil), 0,8521 (plus haut du 8 juil), suivies d'obstacles plus solides à 0,8551/53 (plus haut des 15 et 16 juin) et 0,8680 (plafond de la tendance baissière à long terme).
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