Les dettes souveraines au centre des préoccupations des investisseurs
Marchés actions :
Cette semaine, les marchés se sont retrouvés pris dans la tourmente de la crise des dettes souveraines. Alors qu'un accord avait été trouvé sur la dette hellénique début juillet, les divergences des dirigeants européens sur un deuxième plan d'aide à la Grèce ont ravivé les tensions sur les marchés. Outre-Atlantique, ce sont les atermoiements au sein du Congrès américain à propos du relèvement du plafond de la dette américaine qui ont pesé sur les marchés. En dégradant les dettes grecques et irlandaises et en émettant des avis négatifs sur la situation de la dette italienne, les agences de notations financières ont mis en lumière le risque systémique du problème du dossier grec.
En Europe, ce sont les tensions sur le marché obligataire qui ont dicté la tendance sur les marchés. Les taux italiens et espagnols à 10 ans ont atteint des niveaux record depuis la création de la zone euro touchant respectivement les 5,5 % et les 6%. Cette hausse des taux alourdi le poids de la dette et rend difficile les émissions obligataires dans le sens ou celles-ci coûtent plus chères pour le pays émetteur. L'Italie dont la dette atteint 120% (1 900 milliards d'euros) de son PIB, a été prise pour cible par les investisseurs et s'est retrouvée sous la menace d'une dégradation de sa note souveraine par Moody's et Standard & Poor's. Les taux à 10 ans italiens ont donc bondi et les spreads avec les taux allemands à 10 ans se sont écartés. La peur d'une contagion de la crise de la dette grecque à l'Italie a entrainé un mouvement généralisé de ventes d'actifs risqués « flight to quality » sur le marché des taux. Les investisseurs se sont réfugiés vers les obligations allemandes à 10 ans entrainant leurs rendements sous les 3%. Jeudi, l'Italie a réussi son test obligataire mais au prix fort en levant 5 milliards d'euros d'obligations à des rendements records. Le taux offert pour les obligations à 15 ans émises, a atteint 5,90%. On sera par ailleurs attentif au vote du plan d'austérité de l'Italie prévoyant l'équilibre budgétaire en 2014 et est prévu ce vendredi 15 juillet. Les enjeux seront plus importants en septembre puisque l'Italie aura 46 milliards d'euros de titres arrivant à échéance. En ciblant l'Italie, la crise de la dette change de dimension puisque les obligations italiennes représentent environ 4,5% du total des placements des assureurs européens contre 0,5% pour la Grèce et 0,4% pour le Portugal. Ce qui explique la dégringolade sur les marchés boursiers. En rythme hebdomadaire, le CAC40 perd un peu plus de 5% passant de 3 923,63 points vendredi soir à 3 724 points à la clôture de jeudi. D'un point de vue technique, le franchissement à la baisse de la moyenne mobile à 200 jours, autour des 3 920 points a entrainé un fort mouvement de repli. Dans les prochaines semaines, on sera attentif au support moyen terme des 3 620 points, plus bas du 30 novembre, une cassure de ce support accompagnée de mauvaises nouvelles économiques pourrait entrainer un nouveau mouvement de repli. A contrario, le gap ouvert de ce début de semaine entre 3 900 et 3 920 points (niveau de la moyenne mobile à 200 jours) constitue un fort niveau de résistance. Ailleurs en Europe, la chute a aussi été brutale en particulier à la bourse de Milan qui cède un peu plus de 6 % sur la semaine. En Allemagne, le Dax perd 3,43% en rythme hebdomadaire. Du côté des indicateurs économiques qui ont nettement été évincés par la problématique des dettes souveraines, on retiendra la publication de l'indice des prix à la consommation en zone euro ressorti inchangé à 2,7% en juin, toujours bien supérieur à la cible fixée par la BCE sur l'inflation « inférieure mais proche de 2% ».
Outre-Atlantique, les commentaires du président de la FED et les avis des agences de notation sur la qualité de la dette américaine ont jalonné l'actualité économique mettant au deuxième plan, les premières publications des résultats trimestriels des entreprises. Les doutes sur la croissance économique en Chine ont aussi pesé sur le moral des investisseurs et les inquiétudes au sujet de la crise de la dette de la zone euro limitaient les prises de risques en début de semaine.* L'annonce en Chine des chiffres de la croissance meilleurs que prévus ressortie à 9,5% contre 9% attendu puis la volonté de Ben Bernanke de soutenir l'économie américaine en cas de faiblesses persistantes, ont permis de donner au marché un second souffle au cours de la journée de mercredi. Cet optimisme a été de courte durée. En effet, les menaces des agences de notation financière de Moody's et Standard&Poor's de dégrader la note de la dette américaine suite à l'enlisement des négociations entre Républicains et Démocrates à propos du relèvement du plafond de la dette américaine ont entrainé les marchés dans une spirale négative. Cependant, les rendements à 10 ans américains ne montrent pas de signe véritable sur un défaut de la dette américaine. Les «*T-Bonds*» ont même frôlé un plus bas annuel mardi à 2,87% montrant que le papier américain comme le papier allemand, fait figure d'actif refuge dans un mouvement de «*flight to quality*». Les investisseurs se préoccupent plus des risques de contagion de la dette hellénique vers l'Italie. En rythme hebdomadaire, le Dow Jones perd 1,90%, le S&P500 cède 2,60% et le Nasdaq lâche près de 3%. Même si le Trésor américain a affirmé qu'une solution sera trouvée avant le 2 août prochain, date de la limite légale pour le relèvement du plafond de la dette américaine, les annonces des agences de notations constituent une onde de choc et le patron de la FED a mis en garde contre une crise majeure.
Enfin, on sera attentif aux résultats des stress test des banques européennes qui seront publiés cette après-midi à 18H (H-CET).
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Cette semaine sur le marché des changes, Les tensions liées aux dettes souveraines ont fait s'envoler les devises dites refuges telles le franc suisse et les métaux précieux. Egalement, on a pu constater une forte hausse de la volatilité sur la monnaie unique liée à la peur d'une contagion de la crise de la dette grecque à l'ensemble de la zone euro.
En début de semaine, la monnaie unique européenne a plongé très rapidement vers ses plus bas depuis mars dernier. L'euro a touché les 1,3835 dollar mardi dernier perdant plus de 3% en deux jours soit environ plus de 4 figures (446 pips plus exactement). La peur d'une contagion de la crise grecque à l'ensemble de la zone euro s'est traduite par une forte envolée de plus de 7% des taux à 10 ans Italiens alimentant les craintes chez les investisseurs. Les difficultés budgétaires de l'Italie et la hausse des taux qui s'en est suivie, pourraient entrainer un effet boule de neige sur la dette Italienne dont les enjeux seront très importants en septembre lors de l'arrivée à* l'échéance de 46 milliards d'euros de titres. Les investisseurs se sont rués vers les devises refuges comme le franc suisse qui a atteint un plus haut historique face à la monnaie européenne à 1,1486 franc suisse, jeudi 14 juillet. *Par la suite, les dirigeants européens ont tenté de calmer les marchés mercredi et jeudi en annonçant organiser un sommet extraordinaire dans les prochains jours pour juguler la crise de la dette souveraine. Outre-Atlantique, les commentaires de Ben Bernanke affirmant être prêt à soutenir l'économie américaine ont affaibli le dollar permettant à la monnaie unique de s'échanger autour des 1,41 dollar ce vendredi. Cependant, les divergences de part et d'autre de l'Atlantique continuent de profiter aux valeurs refuges et la monnaie helvétique s'est adjugée un nouveau record historique face au billet vert à 0,8076 franc suisse pour un dollar. Au vue des mouvements erratiques de cette semaine, la peur d'un risque d'une crise majeure est bien dans les esprits des investisseurs. La forte hausse de la volatilité nous montre que la situation est comparable à celle des semaines qui ont précédé la chute de Lehman Brothers en septembre 2008. Les investisseurs ont très fortement réagi et la volatilité implicite à un mois est passée de 15% à 25% très rapidement, une situation similaire à celle de septembre 2008. Cependant, la volatilité est revenue autour des 15% en fin de semaine alors qu'en septembre 2008, juste avant l'annonce du défaut de Lehman Brothers la volatilité implicite à 1 mois avant atteint un pic à 60%.
Sur le front des matières premières, le métal jaune a joué pleinement son rôle de valeur refuge et atteint un sommet historique à 1*595 dollars l'once. De son côté, l'argent a gagné plus de 9,5% entre vendredi 11 juillet à la clôture et son plus haut de la semaine à 39,43 dollars l'once jeudi 14 juillet. L'or et l'argent s'échangent en ce vendredi respectivement autour des 1*580 dollars et 38,07 dollars l'once. Par ailleurs, le pétrole a évolué de manière stable. Les doutes sur la reprise *économique mondiale empêchent l'or noir de poursuivre son chemin haussier. A New York, le baril de qualité Light Sweet Crude d'échéance septembre reste stable autour des 96,20 dollars et à Londres, le Brent de la Mer du Nord de même échéance se maintient autour des 116 dollars le baril.
*
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 18 juillet 2011
15:00
TIC transactions nettes à long-terme
Mai
30.6 B
16:00
NAHB Indice du marché immobilier
Juillet
15
13
Mardi 19 juillet 2011
11:00
Sondage ZEW (Situation actuelle)
Juillet
85.0
87.6
14:30
Mises en chantier (GM%)
Juin
2.7%
14:30
Permis de construire (GM%)
Juin
-1.5%
8.7%
15:00
Taux directeur du Canada
Juillet
1.00%
1.00%
Mercredi 20 juillet 2011
10:30
Minutes de la Banque d'Angleterre
14:30
Ventes en gros (GM)
Mai
-0.1%
16:00
Confiance des consommateurs
Juillet
-10.00
-9.8
16:00
Ventes de logements existants (GM)
Juin
2.6%
-3.8%
Jeudi 21 juillet 2011
04:30
Indice Manufacturier PMI HSBC Flash
Juillet
50.1
10:00
PMI Composite
Juillet
52.5
53.3
10:00
Compte courant
Mai
-6.5 B
10:00
PMI Manufacturier
Juillet
51.5
52.0
10:00
PMI Services
Juillet
53.2
53.7
10:30
Ventes au détail sauf carburant auto (GM)
Juin
0.7%
-1.6%
14:30
Nouvelles Demandes Allocations-Chômage
Juillet
405 K
16:00
Indice Prix Maisons (GM)
Mai
0.8%
16:00
Indicateurs avancés
Juin
0.2%
0.8%
16:00
Féd. Philadelphie
Juillet
4.5
-7.7
Vendredi 22 juillet 2011
10:00
IFO - Climat dans les affaires
Juillet
113.6
114.5
11:00
Nouvelles commandes industrielles (GM)
Mai
0.8%
0.8%
13:00
Banque Canada IPC base GM
Juin
-0.1%
0.5%
14:30
Commandes de détail hors autos (GM)
Mai
0.0%
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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