Les agences de notation tourmentent les marchés
Marchés actions :
Les investisseurs ont suivi avec attention cette semaine le discours du président de la Banque Centrale Européenne alors que les problèmes de dettes souveraines ne semblent toujours pas résolus.
Les récentes avancées sur le dossier de la dette hellénique avaient* permis aux marchés de reprendre un nouvel élan la semaine dernière après que le parlement grec ait adopté le plan d'austérité proposé par le Premier Ministre grec Georges Papandréou. Les craintes ont été ravivées cette semaine par les agences de notation soulignant la fragilité de certains pays périphériques. Ainsi, l'agence de notation Standard & Poor's a affirmé* en début de semaine que les deux plans d'aide proposés par la France s'assimilaient à un défaut sélectif pour la Grèce. Standard & Poor's n'excluait pas un possible abaissement de la note souveraine du pays s'ils étaient acceptés. Ces propos ont eu pour conséquence de pousser les valeurs bancaires dans le rouge entraînant avec elles les principaux indices boursiers. La décision de l'agence de notation Moody's de placer la dette portugaise en catégorie spéculative en abaissant de quatre crans la note souveraine du Portugal de Baa1 à Ba2 a sonné comme un coup de tonnerre sur les marchés et remis en cause le rôle de ces agences.
Suite à cette annonce, les taux à 10 ans des obligations portugaises ont franchi la barre des 12% pour la première fois depuis la création de la zone euro, signe d'une montée des inquiétudes des investisseurs. Les dirigeants européens ont ainsi vu d'un très mauvais œil les décisions des agences de notation alors qu'ils s'efforcent de rassurer les marchés et de résoudre le dossier des dettes souveraines. De nombreux représentants européens ont réagi à la suite de ces comportements comme le président de la Commission européenne (CE), Jose Manuel Barroso, qui a souligné l'effet néfaste de telles décisions sur les marchés. Pour rappel, les agences de notation avaient déjà été pointées du doigt dernièrement, jugées en partie responsables de la récente crise financière. Cette situation a poussé Bruxelles à adopter de nouvelles mesures de régulation envers les agences de notation. Ainsi, les agences doivent maintenant s'enregistrer pour opérer dans l'Union Européenne et sont supervisées par l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF).
Il a fallu attendre jeudi et la réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour redonner un nouveau souffle aux marchés. Sans surprise, les taux directeurs ont été relevés de 25 points base pour la deuxième fois de l'année dans un souci de contrôle de l'inflation en zone euro. Pour information, le taux d'inflation dans la zone euro se stabilise en juin à 2,7% sur un an mais reste supérieur aux objectifs ciblés par la BCE à 2%, ne fermant pas la porte à une prochaine hausse des taux avant la fin de l'année. Néanmoins, Jean-Claude Trichet a mis en évidence les difficultés de certains pays européens comme le Portugal et s'est engagé à suspendre le seuil minimal de note de crédit sur les instruments de dette émis par le Portugal et à fournir les liquidités nécessaires à ce pays. Rassurées, les places boursières européennes ont rebondi*soutenues parallèlement par les bons chiffres de l'emploi américain*: 157*000 nouveaux emplois ont été créés au cours du mois de juin dans le secteur privé alors que les analystes prévoyaient une hausse de seulement 60*000 nouveaux emplois. Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont enregistré une baisse significative puisque 418*000 nouvelles demandes ont été recensées la semaine dernière contre un précédent de 432*000. Avant la dernière séance de la semaine, le Dow Jones Industrial progresse de 1,09% sur les cinq dernières séances pour coter 12*719,49 points, le Nasdaq Composite signe une avancée de 2,01% sur la même période pour atteindre 2*872,66 points, tandis que le S&P* 500 gagne 1,01% à 1*353,22 points.
Forex :
Sur le marché des devises, la monnaie unique européenne a largement été pénalisée par les propos de l'agence Standard & Poor's assimilant le rollover proposé par la France comme un défaut de paiement partiel de la dette hellénique. Par ailleurs, la décision de Moody's d'abaisser de quatre crans la note à long terme du Portugal a d'autant plus fragilisé l'euro. La monnaie des dix sept n'a par ailleurs pas bénéficié d'indicateurs économiques en sa faveur*cette semaine : l'indice de production est ressorti en baisse de 0,20% dans la zone euro sur le mois de mai et de -0,30% dans l'Union Européenne. En outre, le PMI des services français chute à 56,10 en France alors qu'il était attendu stable à 56,70. Même tendance pour le PMI des services allemands qui passe à 56,70 contre un précédent à 58,30. Par ailleurs, les ventes au détail ont reculé plus fortement que prévu de 1,10% en zone euro au cours du mois de mai alors que les analystes tablaient sur un recul de 1,0%. Parmi les rares bonnes nouvelles, la production industrielle allemande s'affiche en hausse de 1,20% sur le mois de mai tandis qu'elle était ressortie en baisse de 0,8% en avril.
Les cambistes ont également réagi négativement à la hausse des taux d'intérêt en Chine craignant un ralentissement sur l'activité économique du pays et plus largement sur l'économie mondiale. La Banque populaire de Chine a relevé ses taux pour la troisième fois cette année plaçant ainsi la maîtrise de l'inflation comme sa principale priorité. Le taux de prêt à un an s'élève maintenant à 6,56% (+0,25 points de base) tandis que le taux de dépôts à un an progresse également de 25 points de base pour atteindre 3,5%. Dans ce contexte, l'euro s'échange pour 1,4260 dollar alors qu'il atteignait 1,4567 dollar en début de semaine. Les cambistes restent prudents en attendant le rapport officiel sur l'emploi et le chômage aux Etats-Unis vendredi après-midi. Tendance baissière face à la devise japonaise et à la devise helvétique contre lesquelles un euro se traite respectivement*pour 116,05 yen et 1,2093 franc suisse.
Au Royaume-Uni, la production industrielle est ressortie en forte hausse de 1,80% alors que les analystes tablaient sur une hausse plus modeste de 1%. En outre, la Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu son taux de référence à 0,5%, un niveau inchangé depuis mars 2009.
Dans ce contexte, la livre sterling avance face à la monnaie unique pour se négocier aux environs de 0,8933 pence mais recule face au billet vert pour se traiter à 1,5948 dollar.
Le dollar américain a notamment profité de bons chiffres sur l'emploi américain puisque seulement 418*000 inscriptions hebdomadaires au chômage ont été enregistrées et le secteur privé a créé 157*000 emplois sur le mois de juin. Le billet vert gagne ainsi du terrain face à ses principales contreparties dans l'attente, vendredi après midi, du rapport officiel sur l'emploi et le chômage aux Etats-Unis. La devise nippone recule face au billet vert pour se négocier à 81,35 yens tandis que le franc suisse se traite pour 0,8478 franc suisse pour un dollar.**
Au chapitre des matières premières, l'instabilité économique du moment liée aux dettes souveraines a impacté à la baisse les cours du pétrole. Néanmoins, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (AIE) a fait état d'un ralentissement de la baisse des stocks de brut jeudi. Ainsi, les stocks américains de pétrole brut ont perdu 889*000 barils la semaine dernière tandis que les stocks d'essence chutent de 634*000 barils sur la même période. Dans ce contexte, le baril «*Light Sweet Crude*» recule de 0,61%, vendredi en début d'après midi, pour se négocier autour des 98,07 dollars alors que le baril de la Mer du Nord à échéance août atteint 117,80 dollars. Sur le front des métaux précieux, le métal jaune bénéficie de son statut de valeur refuge lui permettant de se stabiliser à des niveaux élevés*: l'once d'or s'échange contre 1*527 dollars tandis que l'once d'argent suit la même tendance pour se négocier à 36,15 dollars.
Heure
Pays
Statistiques/événements
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 11 juillet 2011
1H50
Masse monétaire M3 GA
JUN
2,1%
2,1%
8H45
Production Industrielle (GM)
MAY
0,5%
-0,3%
14H15
Mises en chantier
JUN
181,5K
183,6K
Mardi 12 juillet 2011
8H00
Indice des Prix à la Consommation (GM)
JUN
0,1%
0,1%
10H30
Indice des Prix à la Consommation (GM)
JUN
0,3%
0,2%
10H30
Indice Prix Détail (GM)
JUN
0,3%
0,2%
14H30
Balance commerciale
MAY
-$44,1B
-$43,7B
16H00
IBD/TIPP Optimisme dans l'économie
JUL
44,6
Mercredi 13 juillet 2011
4H00
Production industrielle (GA)
JUN
13,1%
13,3%
4H00
Ventes au Détail (GA)
JUN
17,0%
16,9%
4H00
PIB réel (GA)
2Q
9,3%
9,7%
6H30
Production industrielle (GM)
MAY
5,7%
6H30
Utilisation des capacités (GM)
May
-1,1%
10H30
Variation des demandes d'allocations-chômage
JUN
15,0K
19,6K
10H30
Taux Chômage (3 mois) BIT
MAY
7,7%
7,7%
11H00
Production Industrielle CVS (GM)
MAY
0,4%
0,2%
14H30
Indice Prix Importations (GM)
JUN
-0,8%
0,2%
Jeudi 14 juillet 2011
11H00
Indice des Prix à la Consommation (GM)
JUN
0,0%
0,0%
14H30
PPI Hors Alimentation & Energie (GM)
JUN
0,2%
0,2%
14H30
Ventes au détail hors automobiles
JUN
0,1%
0,3%
14H30
Nouvelles Demandes Allocations-Chômage
Juil-08
418k
16H00
Stocks d'entreprises
MAY
0,6%
0,8%
Vendredi 15 juillet 2011
14H30
Indice des Prix à la Consommation hors Alim & Energie (GM)
JUN
0,2%
0,3%
14H30
Empire Manufacturing
JUL
4,00
-7,79
15H15
Production industrielle
JUN
0,4%
0,1%
15H15
Utilisation des capacités
JUN
77,0%
76,7%
15H55
Confiance Université de Michigan
JUL
72,5
71,5
Degré de pertinence pour les marchés :
Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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