Enfin une journée riche en événements et en données économiques !
L'agenda du jour est chargé, le Royaume-Uni publie les chiffres de la fabrication et de la production industrielle, suivis par la décision de la BOE sur les taux, l'Allemagne publie les données sur la production industrielle, la décision de la BCE sur les taux retiendra toute l'attention aujourd'hui avec des spéculations de hausse des taux. Les États-Unis publient les données sur l'emploi ADP avant les données des salaires non agricoles demain, ce qui pourrait construire les prévisions sur les chiffres de l'emploi aux États-Unis, suivies par les demandes initiales d'allocations chômage et les stocks de pétrole. Demain vendredi, c'est le jour des salaires. En ce qui concerne l'Euro, le stress a continué à s’immiscer dans les marchés de la dette européenne hier, alors que les traders avaient parié sur un déclassement de la note du du Portugal. L'EUR a connu une certaine pression à la vente, l'EUR/USD a chuté à 1,4227 et l'EUR/CHF à 1,1976 . Les écarts de rendement des périphériques européens se sont encore creusés, les rendements portugais à 10 ans ont augmenté de 180bp. Il est clair que les politiques de l'UE ne comprennent pas complètement les risques des marchés alors qu'ils ne fournissent pas de second plan de sauvetage - un autre signe inquiétant est leur lutte constante avec les agences de notation. Personnellement, ça me rappelle le film de Pixar "Les Indestructibles" quand le méchant dit "oh, je suis encore en plein monologue". Une méthode de méchants trop confiants qui permet au héros / à l'héroïne de s'échapper. Au lieu d'apporter une solution à court terme après les votes d'austérité la semaine dernière au parlement grec, l'UE a préféré se battre sur le rôle de l'implication du secteur privé et a publié des déclarations qui nous font penser qu'il n'y aura pas de plan avant l'automne. L'occasion est maintenant ratée et les marchés ont peur que les fonctionnaires de Bruxelles ne comprennent pas réellement l'enjeu. Rappelez-vous, l'Union européenne a été créée par des chefs d'entreprise et des théoriciens, puis vendue à des politiciens, il n'y a donc aucune raison d'attendre d'eux qu'ils comprennent réellement ce qui est nécessaire pour maintenir l'union. Alors que le risque se développe en Europe, il existe d'autres signes montrant que l'activité mondiale ralentit. En ce qui concerne le CHF, les données sur l'inflation suisse ont été publiées aujourd'hui. Elles ont attiré l'attention des marchés - en particulier la hausse à 0,6 contre 0,4% à la dernière lecture. Toutefois, lorsque le calme sera revenu, les traders se rendront compte que ce chiffre est relativement faible étant donnée la longévité de la puissante économie suisse ( le secteur immobilier est en plein essor). Je pense que la BNS en particulier va pousser un soupir de soulagement en sachant que l'inflation n'a pas grimpé plus haut. Une preuve que les pressions inflationnistes échappent à tout contrôle exigerait une réponse de la banque centrale. Le resserrement, par le biais de taux d'intérêt plus élevés, est exactement ce que le secteur des exportations suisses n'a pas besoin. Augmenter les taux d'intérêt avec un CHF déjà fort serait comme jeter de l'huile sur le feu, avec les demandeurs de différentiel de taux d'intérêt et de monnaie refuge qui feraient leur retour dans le CHF. La BNS sera rassurée de voir que la baisse récente dans les données économiques et un fort CHF juguleront naturellement l'inflation et que des taux plus élevés ne seront pas nécessaires. Compte-tenu des chiffres d'aujourd'hui, nous n'attendons rien de la part de la BNS avant le 1er trimestre 2012. En ce qui concerne le Royaume-Uni, la BoE tiendra sa réunion de politique monétaire aujourd'hui, mais il est presque sûr que ce sera un non-événement. Les marchés misent sur un maintien des taux d'intérêt à 0,50% et sur un objectif d'achat d'actifs maintenu à 200 milliards de livres. Même si l'IPC global a encore augmenté en avril pour atteindre 4,5% y/y (plus du double de l'objectif de 2,0%) , le MPC a été très réticent à agir sur les anticipations d'inflation dans un environnement de croissance de plus en plus instable (voir les PMI de cette semaine et les données industrielles et de production). En conséquence, on s'attend à ce que le GBP s'affaiblisse davantage à mesure que les prévisions du marché au sujet d'un nouveau QE augmentent. Le compte-rendu du MPC sera important alors que les investisseurs observent le texte à la loupe pour y trouver de nouveaux signes de pacifisme de la part de ses membres, cependant les marchés n'auront aucune information avant le 20 Juillet. En ce qui concerne l'euro, c'est la Banque Centrale Européenne, et non la Grèce, qui sera sous les projecteurs aujourd'hui. Les marchés tablent sur une hausse des taux directeurs de la BCE de 25 pb, ce qui les porterait à 1,5 %. L'utilisation par Trichet des termes "grande vigilance" lors de la dernière réunion laissait entrevoir un relèvement en juillet. Nous ne nous attendons pas à un tel signal cette fois, l'inflation se faisant un peu moins certaine. Reste à savoir si Trichet pourra conserver sa position au regard des événements dans les pays périphériques de la zone euro et de la "rustine" économique. Nous pensons qu'il préviendra les marchés qu'une inflation de second tour ne sera pas tolérée. Compte tenu de l'affaiblissement de la demande mondiale et de la situation grecque, les marchés ont mis du temps à intégrer les futurs resserrements. Toute indication d'un biais haussier sera, bien sûr, favorable à l'euro. Si en revanche, Trichet se montrait modéré, attendez-vous à une liquidation des positions longues spéculatives. Les nouvelles économiques peu encourageantes de ces derniers temps (mis à part aux Etats-Unis), conjuguées à la menace d'une hausse des taux en Chine, s'ajouteront à la pression pesant sur échanges liés aux risques. Restez à l'écoute des statistiques du jour, car elles pourraient changer les orientations et les attentes estivales des marchés.
A suivre aujourd’hui (heure en GMT):
08:15 CHF CPI
09:00 NOK Industrial / manufacturing Production
09:30 GBP Industrial output
09:30 GBP Manufacturing Production
11:00 EUR German Industrial production
12:00 GBP MPC Interest rate decision Last 0.5 Exp 0.5
12:00 GBP Asset purchase decision Last 200 mio Exp 200 mio
12:45 EUR ECB Interest rate decision Last 1.25 Exp 1.50
13:15 USD ADP Employment Last 38K Exp 60K
13:30 EUR ECB Press conference Trichet speaking
13:30 USD Initial Claims Last 429K Exp 425K
17:30 USD Hoenig (FOMC Non-voter) Speaking
Le risque aujourd’hui:
EurUsd La forte pression à la vente se poursuit dans le sillage de la dégradation du Portugal par Moody's et du regain des craintes de contagion. Passée brutalement sous les 1,4484 (plancher de la tendance baissière) après son pic à 1,4578, cette paire a pris une nette tonalité baissière. L'effondrement des supports à court terme place les soutiens suivants à 1,4277 (plus bas intraday), 1,4103 (plus bas du 27 juin) et 1,4074 (plus bas du 16 juin). Si les commentaires de Trichet déclenchent une hausse, les résistances devraient entrer en jeu à 1,4348 (plus haut intraday), 1,4467 (plus haut du 6 juil), 1,4578 (plus haut du 4 juil), et 1,4697 (plus haut du 7 juin), dont la cassure ouvrirait la voie à un mouvement plus large vers 1,4940 (plus haut du 4 mai).
GbpUsd Les cambistes ont eu fort à faire pour rester au diapason des fluctuations entre 1,5944 et 1,6018. Le câble s'est offert un envol à la faveur de l'excellent indice PMI des services, mais la demande s'est rapidement tarie. La première résistance s'établit à 1,6018 (plus haut intraday), suivie de 1,6091 (plus haut du 6 juillet), 1,6141 (plus haut du 4 juil) et 1,6229 (Fibonacci de 38,2, de 1,6747 à 1,5909). Le support initial est attendu à 1,5944 (plus bas du 7 juin), suivi d'un soutien mineur à 1,5911 (plus bas du 28 juin), 1,5822 (plus bas du 31 jan) et 1,5752 (plus bas du 2 jan).
UsdJpy Les échanges "risque on – risque off" maintiennent la paire dans la fourchette 79,70 – 81,30. Le franchissement des 80,98 (base du nuage journalier) intervenu la semaine dernière n'a pas tenu et le cours a rapidement glissé vers les 80,31. Le recul de l'aversion au risque et les rendements américains ont été les principaux moteurs du rebond, mais en ce qui concerne les rendements tout au moins, nous ne nous attendons pas à une nouvelle remontée à court terme. Une éventuelle hausse devrait se heurter à des résistances à 81,31 (plus haut du 2 juin) et 81,77 (plus haut du 31 mai). Le premier support se situe à 80,50 (plus bas du 1er juillet), suivi de 80,01 (plus bas du 8 juin et niveau psychologique), 79,70 (plus bas du 8 juin) et 79,57 (plus bas du 5 mai).
UsdChf Le mouvement de vente brutal intervenu la semaine dernière s'est calmé et nous assistons à présent à un retour de la demande. En deçà de 0,8550/54 (plus haut du 16 juin et plafond de la tendance baissière), nous restons baissiers sur l'USDCHF. Les premiers supports s'établissent désormais à 0,8364 (plus haut du 29 juin et plus bas du 6 juil), 0,8297 (plus bas du 29 juin) et enfin 0,8276 (plus bas historique). Les résistances se situent à 0,4443 (plus haut intraday), 0,8507 (plus haut du 5 juil), 0,8551/53 (plus haut des 15 et 16 juin) et 0,8695 (plafond de la tendance baissière à long terme).
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