Le déclassement par Moody's met en évidence les risques persistants en Europe




Il semble que le déclassement de la note du Portugal hier par Moody's a finalement rattrapé l'appétit du risque. Après des séances très clames aux États-Unis et en Asie, nous commençons à assister à une vente massive dans les trades liés au risque. La peur que les Portugais pourraient avoir besoin d'un autre plan de sauvetage et peut-être même les Irlandais et les craintes que l'Espagne et l'Italie - des morceaux plus gros que les trois ayant déjà reçu un plan de sauvetage - pourraient être emportés dans le tourbillon ont pesé sur le risque de ce matin. L'EUR/USD a chuté, remonté puis est ensuite retombé à 1,4402 tandis que l'EUR/CHF, notre baromètre de la crise européenne, a chuté à 1,2101. Les indices régionaux asiatiques étaient dans le rouge et le sentiment négatif s'est propagé dans la séance européenne. Moody's a largement déclassé la note souveraine du Portugal de 4 crans, à Ba2, avec une perspective négative, rejetant la dette souveraine dans la catégorie des investissements spéculatifs. Moody's a déclaré que la raison d'un tel déclassement était « le risque que le Portugal ait besoin d'un second plan d'assistance financière » et « la possibilité croissante qu'un financement privé serait nécessaire pour pouvoir emprunter sur les marchés financiers ». Alors que S&P et Fitch classent la note Portugal deux crans plus haut à BBB, ce n'est pas de bon augure pour calmer les inquiétudes autour du défaut de crédit.

Ce nouveau déclassement a remis le doute sur la longévité de la crise grecque actuelle et a mis à mal la confiance des marchés et avec elle les trades liés au risque. Il est important de noter que chaque solution que l'UE a apporté à la Grèce a diminué à chaque fois le délai de paiement et l'augmentation du risque. Des récents commentaires de la part de responsables européens indiquent qu'ils tenteraient de temporiser jusqu'à l'automne avant de décider de l'implication des secteurs privés et du schéma du nouveau plan de sauvetage. Le Ministre grec des Finances Venizelos a déclaré que les détails pourraient être disponibles avant la mi-Septembre, tandis que le Ministère allemand des Finances a indiqué qu'un nouveau plan d'aide pourrait être finalisé d'ici l'automne. À en juger par la réaction des marchés, cette solution ne paraît pas acceptable. L'EUR/USD a continué à chuter de son plus haut à 1,4578, tandis que les écarts de rendement des périphériques de l'UE ont commencé à se creuser de nouveau. Même notre baromètre pour les craintes concernant la dette européenne, l'EUR/CHF, a commencé à chuter hier. Ça ne va pas du tout.

La raison a été la menace qu'une ou plusieurs agences de notation considéreraient toute stratégie française de roulement comme un défaut. Si cette avancée vers une restructuration volontaire est suffisante pour pousser l'une des quatre grandes agences (Moody's, S&P, Fitch et / ou DBRS) à déclarer un «événement de crédit», y a t-il une solution? La BCE a tenté de calmer les marchés en suggérant qu'ils pourraient continuer d'accepter la dette grecque comme garantie à la condition qu'une des quatre agences de crédit ne considère pas le roulement comme un «défaut sélectif». Dans une réaction typiquement européenne, Mme Merkel a déclaré que "Concernant les agences de notation, je crois qu'il est important ... que nous gardions notre propre jugement". C'est bien beau mais ça arrive un peu tard, non? Je suppose qu'il doit y avoir des alternatives intelligentes, si les agences arrêtaient un peu de déclarer tout et n'importe quoi comme déclencheur de crédit, cependant si l'Europe souhaite se battre contre les marchés, elle est sûre de perdre. D'un autre côté, l'indice PMI composite de la zone euro a créé la surprise en baissant à 53,3, tandis que le PMI des services est tombé à 53,7. Le retour de la morosité en Europe ne fera qu'aggraver une situation déjà difficile et amplifier les problèmes de croissance des nations périphériques.

La livre sterling a été la grande gagnante du concours de sieste d'hier grâce à un indice PMI des services meilleur que prévu, puisqu'il s'est inscrit à 53,9 contre les 53,5 attendus et les 53,8 atteints précédemment. Ce chiffre a laissé momentanément espérer que la détérioration de l'économie britannique n'était pas aussi grave qu'on le craignait. Cependant, les estimations sous-jacentes sont nettement moins encourageantes et selon nous, les cambistes pourraient bien jouer contre le marché. Aucun changement de la BOE n'étant attendu jeudi, il faudra patienter deux semaines pour évaluer les conclusions du MPC. En attendant, les rumeurs se concentreront probablement sur un nouveau QE, ce qui pourrait nuire au câble.

Le calendrier nous réserve aujourd'hui des statistiques intéressantes sur l'ISM non manufacturier et les commandes industrielles allemandes. Les traders attendront sans doute la réunion cruciale de la BCE de demain avant de mettre leurs positions en place. Un calme estival devrait de nouveau régner sur les marchés.




A suivre aujourd’hui (heure en GMT):

00:00 PLN Polish Interest rate announcement Prior 4.50 Exp 4.50
09:00 EUR Publication of MFI Interest rate statistics
09:00 EUR Final GDP prior 0.8 Q/Q Exp 0.9 Q/Q
11:00 EUR German Factory orders Prior 2.8 M/M 10.5 Y/Y Exp -1.3 M/M 8.7 Y/Y
15:00 USD ISM Non Manufacturing Prior 54.6 Exp 54.5


Le risque aujourd’hui:

EurUsd La chute se poursuit dans le sillage de la dégradation du Portugal par Moody's. Passée brutalement sous les 1,4484 (plancher de la tendance baissière) après son pic à 1,4578, la paire a effacé le sentiment haussier qui la portait récemment. Le premier support se situe à 1,4437 (plus bas du 1er juillet), suivi de 1,4333 (plus bas du 29 juin) et 1,4103 (plus bas du 27 juin). Les résistances suivantes devraient entrer en jeu à 1,4578 (plus haut du 4 juillet) et 1,4697 (plus haut du 7 juin), dont la cassure pourrait ouvrir la voie à un mouvement plus large vers 1,4940 (plus haut du 4 mai).

GbpUsd Les cambistes ont eu fort à faire pour rester au diapason des échanges agités. Le câble s'est offert un envol à la faveur de l'excellent indice PMI des services, mais la demande s'est rapidement tarie. La première résistance s'établit à 1,6091 (plus haut intraday), suivie de 1,6141 (plus haut du 4 juillet) et 1,6229 (Fibonacci de 38,2 %, de 1,6747 à 1,5909). Le support initial est attendu à 1,5991 (plus bas du 5 juin), suivi d'un soutien mineur à 1,5911 (plus bas du 28 juin), 1,5822 (plus bas du 31 jan) et 1,5752 (plus bas du 2 jan).

UsdJpy Nous approchons rapidement du haut de notre fourchette 79,70 – 81,30 et nous n'allons pas tarder à nous recharger une fois de plus en short. Le franchissement des 80,98 (base du nuage journalier) intervenu la semaine dernière n'a pas tenu et le cours a rapidement glissé vers les 80,31. Le recul de l'aversion au risque et les rendements américains ont été les principaux moteurs du rebond, mais en ce qui concerne les rendements tout au moins, nous ne nous attendons pas à une nouvelle remontée à court terme. Une éventuelle hausse devrait se heurter à des résistances à 81,31 (plus haut du 2 juin) et 81,77 (plus haut du 31 mai). Le premier support se situe à 80,50 (plus bas du 1er juillet), suivi de 80,01 (plus bas du 8 juin et niveau psychologique), 79,70 (plus bas du 8 juin) et 79,57 (plus bas du 5 mai).

UsdChf Le mouvement de vente brutal intervenu la semaine dernière s'est calmé et nous assistons à présent à un retour de la demande. En deçà de 0,8550/54 (plus haut du 16 juin et plafond de la tendance baissière), nous restons baissiers sur l'USDCHF. Les premiers supports s'établissent désormais à 0,8384 (plus bas du 5 juil), 0,8368 (plus haut du 29 juin), 0,8297 (plus bas du 29 juin) et enfin 0,8276 (plus bas historique). Les résistances se situent à 0,8507 (plus haut du 5 juil), 0,8551/53 (plus haut des 15 et 16 juin) et 0,8695 (plafond de la tendance baissière à long terme).




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