La semaine à venir coté fondamental by Markets




La moyenne industrielle de Dow Jones (DJIA) a chuté pour la 6e semaine consécutive (ça aurait même pu être la 7e, si elle avait fermé en-dessous de 11.950 vendredi... heureusement, ça n'a PAS été le cas!). Il s'agit de la baisse la plus longue depuis septembre/octobre 2002. La plupart des autres indices ont également baissé, le Bovespa brésilien en tête avec -4,0% cette semaine et un retour à 60.489, son niveau de juillet. De même, l'indice australien S&P/ASX est descendu à 4.465, soit son niveau le plus bas depuis septembre, perdant 10,25% depuis mi-avril. Le Shanghaï Composite suit la même direction et retrouve son niveau d'octobre : 2.641. Le dollar américain, lui, s'est un peu renforcé contre la plupart des devises, tandis que certains continuent de penser qu'il constitue une "valeur sûre" en situation d'"évitement du risque" - comme c'est le cas en ce moment. Le plus grand perdant de cette semaine a été la paire EUR/SEK, qui a atteint 9,2200 (son niveau le plus bas depuis novembre). L'euro a est tombé à 1,4073 $. Les difficultés de la dette souveraine périphérique ont une fois de plus escaladé. Les bons du Trésor grecs à 10 ans ont enregistré une poussée record de 1550 bps au-dessus du Bunds. Même tendance en Irlande avec 934 de plus, et au Portugal avec 811 de plus, ainsi qu'en Espagne et en Italie, avec respectivement 272 et 194 bps sur le Bunds.

Remarque: depuis janvier 2010, les banques grecques ont souffert d'un décaissement net de 40 milliards d'euros, soit 17% de la base de dépôts. Les rendements des bons du Trésor dans les autres pays G-7 ont continué de baisser. Les futures Euribor sont remontées, de leur côté, retraçant parfois 61% des déclins qui ont débuté en septembre, alors que nous réévaluons le chemin des taux d'intérêt. Les taux d'intérêt des futures short Sterling et EuroSwiss s'accrochent à des sommets-records, tout comme la plupart des contrats eurodollars bien que les deux premiers aient été 'déstabilisés' cette semaine en raison d'inquiétudes concernant la manière dont les banques européennes financent leurs caisses USD.

Des chiffres faiblards sur les ventes au détail du mois de mai aux Etats-Unis (-0,2% m/m) et en Grande-Bretagne (-1.6% m/m ex-auto/carburant), tandis que l'inflation américaine monte (CPI +3,6% y/y, PPI +7,3%) et que l'indice 'équivalent loyer des propriétaires' est entré dans l'équation. Les chiffres britanniques étaient quelque peu déformés en avril à cause de fêtes de Pâques tardives, DU mariage royal et d'un climat agréable. Quoi qu'il en soit, les ventes de supermarché ont enregistré une chute record de -3,2%, en valeur, et de –3,7%, en volume, puisque la hausse des prix a encouragé les gens à réduire leurs dépenses. Les problèmes auxquels sont confrontées les rues commerciales britanniques ont été soulignés dans une étude conduite par l'agence Colliers. Sur les 364 localités observées, 83 ont été classées 'en échec' et 42 'en dégénération'. Plus de 35% subissent une spirale de magasins vides et 25% perdent leurs loyers. Dans un pays de plus en plus polarisé, les loyers de premier ordre à Londres étaient à +6,0%, et ceux des périphéries à +1,0%. Ceux d'Oxford Street ont bondi de 24,0%, alors que les détaillants recourent de plus en plus à des emplacements huppés comme moyens de marketing. L'indice de l'Association nationale américaine des Constructeurs de Maisons a étonnamment dégringolé à 13, son niveau le plus bas depuis septembre. Son indice des ventes sur 6 mois était le même qu'en mars 2009 (résultat d'une baisse record), sur fond d'affaiblissement des ventes de maisons et de la montée des coûts des matériaux de construction. Les saisies immobilières et les problèmes d'approvisionnement se traduisent par une baisse des prix. Mais les loyers remontent puisque beaucoup n'ont pas les moyens d'acheter. La Banque de Réserve d'Inde a relevé son taux directeur de 25 bps, pour atteindre 7,50%, étant donné que l'inflation reste obstinément élevée.

Un groupe varié et inattendu de candidats se sont déclarés pour représenter le camp républicain aux prochaines présidentielles américaines. Le président Obama est passé en mode campagne et 'renforce' ses efforts en vue de décrocher un second mandat en novembre 2012 (pour votre information... seulement deux présidents américains en exercice n'ont PAS été réélus depuis 1945 : Jimmy Carter en 1980 et George Bush-père en 1992 - face au succès du thème Clinton : 'c'est l'économie, idiot'. AUCUN président n'a été réélu avec un taux de chômage supérieur à 8,0%!!). La presse américaine, les collecteurs de fonds et les hommes politiques se concentrent uniquement sur les campagnes. Aucun progrès ne semble avoir été fait sur les manières de réduire le déficit budgétaire de 14,3 mille milliards de dollars, qui atteindra son plafond le 2 août lorsque le Trésor ne pourra plus payer ses factures. Mis à part la fin de QEII ce mois-ci, le bilan de la Réserve fédérale a atteint de nouveaux sommets à la fin de la semaine du 15 juin, à 2,811 mille milliards de dollars, dont 1,567 mille milliards de titres d'Etat. Dans les mots du ministre canadien des Finances, Flaherty, "le système international est menacé lorsque des problèmes pourrissent et sont laissés à l'abandon jusqu'au bout avant d'être résolus". Phrase qui a sans doute beaucoup plu à ses hôtes américains. Il n'y a aucun espoir de voir des solutions sérieuses répondre aux problèmes urgents, comme la guerre en Afghanistan, l'agitation au Moyen-Orient, la santé, le chômage, etc.

Bill Hubard , Chief Economist at Markets.com



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