L'indécision des dirigeants européens sur le dossier grec pèse sur le moral des investisseurs
Marchés actions :
Cette semaine, la crise de la dette des pays périphériques au sein de la zone euro a pris le dessus sur l'actualité économique et financière. Alors que la semaine dernière, un accord avait été trouvé entre les représentants de la Troïka (Union Européenne, Fond Monétaire International et Banque Centrale Européenne) pour un deuxième plan d'aide à la Grèce, les divergences entre les dirigeants européens ont contribué à l'actuelle morosité sur l'ensemble des marchés financiers.
En effet, les indices ont déjà été fortement impactés depuis un mois par les publications économiques désastreuses Outre-Atlantique faisant craindre un ralentissement de la reprise économique américaine. Les faits se sont retrouvés en particulier sur le front de l'emploi, où les chiffres mensuels US avaient nettement surpris les investisseurs en ressortant à 54 000 créations d'emplois, soit trois fois moins qu'attendu. De plus, l'état du marché immobilier, véritable talon d'Achille de l'économie américaine, souligne des interrogations sur la vigueur de la reprise américaine et d'un retour du risque d'un « double dip » (deuxième récession). La question est de savoir si les annonces récentes sont seulement un passage à vide ou si celles-ci vont continuer à hanter les marchés et remettre en cause la reprise. Ainsi, les investisseurs sont à la recherche de nouveaux catalyseurs positifs pouvant insuffler un vent d'optimisme sur les marchés.
Cette semaine, les annonces macroéconomiques sont ressorties mitigées et les investisseurs ont été très hésitants dans les échanges boursiers. L'inflation sous-jacente est ressortie en légère hausse de 0,3% au mois de mai contre 0,2% et les ventes aux détails hors automobiles sont restées stables à 0,3% en mai comme le prévoyait le consensus. Des chiffres insuffisants pour soutenir les marchés. Par ailleurs, le secteur industriel montre des signes alarmants à l'image de l'Indice Empire State Manufacturing qui est ressorti contre toute attente en zone négative à -7,80 points contre 13 points attendu. Un niveau en dessous de zéro indique une aggravation de la situation manufacturière. Ainsi la morosité sur les marchés reste de mise et les investisseurs sont de plus en plus inquiets sur la reprise économique alors que les munitions monétaires et budgétaires ont été largement épuisées pour surmonter les crises récentes. Dans ce contexte, le Dow Jones n'a pas réussi à préserver les 12 000 points revenant sur les 11 837 points, un plus bas en semaine. En rythme hebdomadaire, le S&P500 perd 0,5% évoluant aux alentours des 1270 points alors que le Nasdaq cède 1,32% à 2200 points. Jeudi, les bons chiffres sur l'immobilier américain soutenaient les indices actions, les mises en chantier et les permis de construire ressortaient en hausse de 3,5% en mai et de 8,7% sur la même période, les inquiétudes sur le dossier grec ont très vite repris le dessus.
En Europe, les indices actions sont restés suspendus aux problèmes budgétaires de la Grèce. Les investisseurs se sont montrés inquiets après la décision de l'agence de notation Moody's de mettre sous surveillance négative trois banques françaises du fait de leur exposition à la dette grecque. En effet une restructuration de la dette héllénique pourrait avoir un impact de plusieurs milliards d'euros sur les finances des banques européennes. Ce jeudi, le compartiment bancaire de l'indice européen Stoxx600 a touché son plus bas de 52 semaines en repli de 10,5% sur un an et de 21% en février. Les divergences persistantes entre les dirigeants européens sur la participation du secteur privé au second plan d'aide de la Grèce pèsent nettement sur le moral des investisseurs qui commencent à prendre de plus en plus conscience des effets systémiques que pourrait entrainer un défaut de paiement de l'Etat Grec. Sur la semaine le CAC 40 perd 0,78% et se maintient sous les 3800 points. Même tendance pour l'EuroStoxx50 qui cède 0,50% sur ces cinq derniers jours et s'échange autour des 2700 points. Seul, l'indice allemand est resté stable cette semaine.
Forex :
Sur le marché des devises, la semaine a été animée par l'actualité entourant la crise de la dette des pays périphériques de la Zone Euro. La montée de l'aversion au risque sur les marchés a profité aux devises refuges telles que le franc suisse, le yen ou encore le dollar. Les monnaies dites risquées ont été délaissées à l'image de l'euro et de la livre sterling.
En Zone Euro, le dossier de la dette grecque continue de peser sur l'évolution de la monnaie unique. Les divergences des membres de l'Union Européenne au sujet de la participation de secteur privé dans le deuxième plan d'aide accordé à la Grèce ont fragilisé la monnaie européenne. De plus, l'incertitude s'est accrue à la suite de la nouvelle dégradation de la note souveraine de la Grèce par Standard&Poor's. L'agence de notation financière a abaissé de trois crans la note de la dette hellénique en passant de B à CCC avec une perspective négative. Cette nouvelle dégradation a fait bondir les taux grecs à 10 ans jusqu'à 18,50% ce jeudi. Les investisseurs ont surtout pris conscience du risque systémique de plus en plus menaçant. Sur la seule journée de mercredi, l'euro a chuté brutalement de 1,93% face au billet vert passant de 1,4441 dollar à 1,4156 dollar, son plus haut et son plus bas en séance. Face aux atermoiements des décideurs européens, la monnaie unique est venue à plusieurs reprises buter sur son support des 1,4070 dollar. Dans ce contexte, la devise des dix-sept s'est dépréciée face l'ensemble de ses principales contreparties dont la devise nippone et le franc suisse. La monnaie helvétique a ainsi touché un plus haut historique à 1,1982 franc suisse pour un euro, les investisseurs étant à la recherche de devises refuges. De son coté, la devise nippone a atteint les 113,46 yens pour un euro, soit un plus haut depuis le 18 mars dernier. En cette fin de semaine, l'euro se maintient face au billet vert autour des 1,42 dollar, les investisseurs étant dans l'attente des résultats de la réunion franco-allemande prévue ce vendredi.
Le Dollar Index, qui montre l'évolution du billet vert face à ses principales contreparties, revient au-dessus des 74,50 points contre 73,40 vendredi dernier. Hormis, son appréciation face à la monnaie unique, le billet vert a gagné du terrain face à la livre sterling et s'échange autour des 1,6160 dollar ce vendredi matin contre 1,6375 dollar lundi dernier. En effet, la monnaie de Sa Majesté est déstabilisée par la situation désastreuse de l'économie britannique qui montre des signes alarmants de stagflation. Entre une inflation annuelle ancrée à 4,5%, un niveau de chômage qui s'établit à 7,70% et une consommation qui ne redémarre pas (les ventes aux détails ont baissé de 1,40% en mai contre une progression de 1,1% en avril), les investisseurs sont inquiets quant aux perspectives de l'économie du Royaume-Uni. Enfin, la monnaie américaine est restée stable face à la devise américaine autour des 80,50 yens mais a gagné du terrain face à la monnaie helvétique s'échangeant autour des 0,85 franc suisse pour un dollar.
Sur le front des matières premières, les métaux précieux ont joué leurs rôles de valeurs refuges. Le métal jaune s'est légèrement apprécié gagnant environ 15 dollars sur la semaine pour venir s'échanger aux encablures des 1525 dollars l'once. De son côté, l'argent est resté stable en se maintenant au-dessus des 35 dollars. Enfin, le pétrole s'est nettement déprécié sous l'effet d'un risque de ralentissement de l'économie mondiale pesant sur la consommation globale. A New York, le baril de qualité light sweet crude d'échéance août 2011 a chuté de plus de 6,50% à 93,70 dollars et à Londres, le Brent de la Mer du Nord de même échéance a lâché un peu plus de 6% s'échangeant autour des 113,10 dollars.
Heure
Pays
STATISTIQUES / EVENEMENTS
Indicateur
Période
Prévision
Précédent
Pertinence
Lundi 20 juin
8:00
Prix Production (GM)
Mai
0.0%
1.0%
10:00
Compte courant Eurozone
Avril
*
-3.8B
Mardi 21 juin
10:30
Emprunts nets Secteur Public
Mai
16.9B
7.7B
11:00
Sondage ZEW (situation actuelle)
Juin
88.5
91.5
12:00
CBI Trends Total Orders
Juin
-5
-2
14:30
Commerce de détail hors autos (GM)
Avril
0.5%
-0.1%
16:00
Ventes de logements existants (GM)
Mai
-4.0%
-0.8%
Mercredi 22 juin
10:30
Minutes de la Banque d'Angleterre
*
*
*
11:00
Nouvelles commandes industrielles (GM)
Avril
1.3%
-1.6%
16:00
Confiance des consommateurs
Juin
-10.0
-9.8
16:00
Indice des prix maisons (GM)
Avril
-0.2%
-0.3%
18:30
Annonce des taux de la FED
22 Juin
0.25%
0.25%
Jeudi 23 juin
9:00
Indice PMI Manufacturier
Juin
*
54.9
9:00
Indice PMI des Services
Juin
*
62.5
9:30
Indice PMI Manufacturier
Juin
57
57.7
9:30
Indice PMI des Services
Juin
55.8
56.1
10:00
Indice PMI Composite
Juin
55.2
55.8
12:00
CBI Reported Sales
Juin
12
18
14:30
Indice d'activité nationale de la Fed de Chicago
Mai
*
-0.45
14:30
Nouvelles demandes d'allocations-chômage
Juin
*
*
16:00
Ventes de Logements neufs (GM)
Mai
-4.0%
7.3%
Vendredi 24 juin
10:00
Indice IFO - Climat dans les affaires
Juin
113.5
114.2
14:30
Commandes de biens durables
Mai
1.6%
-3.6%
14:30
PIB (GT)
1er Trimestre
1.9%
1.8%
14:30
Consommation personnelle
1er Trimestre
2.2%
2.2%
14:30
Consommation de base des ménages (GT)
1er Trimestre
1.4%
1.4%
Degré de pertinence pour les marchés : Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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