Les craintes sur les dettes souveraines profitent aux valeurs refuges




Marchés actions :


Le dossier des dettes souveraines a une nouvelle fois fait l’actualité cette semaine alors que le Fond Monétaire Internationale cherche un nouveau directeur général.


La problématique de la dette grecque semble en effet loin d’être résolue malgré les efforts du gouvernement grec pour faire face à ses obligations. Pour preuve, le ministre des finances du pays, Monsieur Papaconstantinou a demandé à Deutsche Telekom de céder des parts de l’Etat grec à hauteur de 10% dans OTE, leader des télécoms grecs. Cette opération, couplée à de nouvelles économies budgétaires, permettrait à la Grèce d’être en mesure de verser la cinquième tranche du prêt mis en place par la zone euro et le Fonds Monétaire International l’année dernière qui s’élève à 110 milliards d’euros. Néanmoins, la situation économique du pays reste très fragile et une restructuration de la dette hellénique apparait de plus en plus inévitable pour certains analystes. Pour rappel, la dette souveraine du pays atteint prés de 150% du PIB et pourrait continuer de s’aggraver au cours des prochains mois. Les avis divergent au sujet des solutions possibles pour sortir de cette crise alors que le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker s’est prononcé en faveur d’une restructuration de la dette grecque, la Banque Centrale Européenne s’y oppose fermement. Beaucoup craignent en effet une contagion au sein de la zone euro tandis que certains autres pays européens semblent également en position délicate. Le Portugal a bénéficié récemment d’une première tranche de 6,1 milliards d’euros de la part du Fonds Monétaire International au travers du plan d’aide négocié avec l’Union Européenne. Ainsi, 26 milliards d’euros devraient être versés au Portugal sur trois ans et permettre au pays de redresser ses finances publiques. Autre pays en difficulté, l’Irlande, pour qui l’Union Européenne a levé 3 milliards d’euros sur le marché obligataire.


Coté indicateurs économiques, le chômage a reculé dans l’hexagone pour le quatrième mois consécutif. En avril, 4 039 millions demandeurs d’emplois ont été recensés en France. Par ailleurs, les prévisions de croissance de la France ont été revues à la hausse cette semaine par l’OCDE. Ainsi, l’Organisation table sur une hausse de 2,20% du PIB français pour 2011 et 2,10% pour 2012. Parallèlement, elle anticipe une baisse du niveau de chômage à 9,1% cette année et une réduction du déficit public à 5,6% sur la même période. Néanmoins, l’OCDE prévient que la France devra diminuer ses dépenses et augmenter certaines taxes pour parvenir à de tels résultats. Enfin, la confiance des ménages a légèrement avancé en mai selon l’Insee pour ressortir à 84 contre 83 le mois précédent.


Dans ce contexte, l’indice parisien est repassé sous la barre des 3 900 points cette semaine à 3 877 points mercredi, un niveau que l’on n’avait pas vu depuis mi-avril. Les marchés restent plombés par la crise des dettes souveraines. Ailleurs en Europe, l’euro stoxx 50 perd 1,53% sur les cinq derniers jours et cote 2 810,43 points en fin de matinée. Le principal indice boursier allemand encaisse une baisse de 1,93% à 7 126,62 points, tandis que le Footsie recule, sur la même période, de 0,48% à 5 920,07 points.


Outre Atlantique, la semaine a été marquée par des indicateurs macroéconomiques plutôt décevants. La croissance de l’économie américaine a été confirmée en hausse de 1,8% en rythme annualisé pour le premier trimestre de cette année. Les inscriptions hebdomadaires s’élèvent quant à elles à 424 000 alors que les analystes tablaient sur 400 000. Les commandes de biens durables affichent leur plus fort recul depuis six mois en chutant de 3,6% en avril. Il a fallu attendre une hausse des cours des matières premières pour redynamiser les marchés américains alors que les bénéfices des entreprises américaines ont perdu 0,9% sur le premier trimestre, une première depuis fin 2008. Sur le NYMEX, Le baril « Light Sweet Crude » est en effet repassé au dessus de la barre des 100 dollars. En outre, certains investisseurs anticipent une possible mise en place d’un Quantitative-Easing 3 au vu des statistiques économiques moroses. Avant la dernière séance de la semaine le Dow Jones Industrials cote 12 402,76 points, en baisse de 0,87% sur les cinq derniers jours, tandis que le Nasdaq Composite et le S&P 500 cotent respectivement 2 782,92 points et 1 325,69 points.


Sur les marchés asiatiques, les répercussions des catastrophes naturelles survenues il y a quelques mois continuent de se faire ressentir. La Bourse de Tokyo a atteint un plus bas mercredi depuis deux mois tandis que la production des constructeurs automobiles japonais a nettement été réduite. Toyota voit sa production chuter de 48.1% sur un an. Idem, pour Honda, pour qui sa production recule de 52,9% par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte, l’agence de notation Fitch Ratings a abaissé sa perspective de la note de la dette à long terme du pays de « stable » à « négative » vendredi. En fin de semaine, le Nikkei 225 cote 9 521,94 points et recule de 0,89% sur la semaine. Ailleurs en Asie, on notera la chute de l’indice chinois, le SSE Composite, qui chute de 5,20% sur la même période et termine la semaine à 2 709,95 points.


Forex :


Sur le marché des devises, la semaine a été une nouvelle fois marquée par les incertitudes entourant la crise de la dette en zone euro. L’actualité autour des chiffres économiques américains a aussi rythmé les séances sur le marché des changes. Le dollar perd du terrain face à ses principales contreparties comme en atteste le Dollar Index qui revient proche des 75 points en fin de semaine après avoir atteint les 76,55 points lundi 23 mai. Outre-Atlantique, les indicateurs les plus suivis par les investisseurs ont déçu. En effet, les commandes de biens durables hors transport pour le mois d’avril sont ressorties en baisse de 3,6% contre une accélération de 1,6% au mois de mars. De plus, les nouvelles demandes d’allocations-chômage aux Etats-Unis sont ressorties en hausse de 424 000 inscrits contre 404 000 attendu et le PIB annualisé du premier trimestre a été révisé en baisse à 1,8% contre 2,2% attendu. Ainsi, ces éléments sont défavorables pour le billet vert dans la mesure où la grande crainte du marché est celle d’un ralentissement économique américain plus fort que prévu. Ces inquiétudes éloignent les perspectives d’un resserrement de la politique monétaire américaine et favorisent les anticipations sur une nouvelle mise en place d’une politique de rachat de titres du trésor américain par la FED (QE3).


En Zone Euro, la situation sur la monnaie unique a nettement changé depuis un mois. Alors que le jeudi 5 mai, lors de la dernière réunion mensuelle de la BCE, les investisseurs s’attendaient à un discours de Jean-Claude Trichet préparant les marchés à une hausse des taux en juin, le président de la BCE a laissé planer l’incertitude sur le rythme du resserrement monétaire malgré une inflation à 2,8%. Ainsi, le ton un peu plus accommodant de Jean-Claude Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne, s’est traduit par une réduction des anticipations de hausse des taux directeurs entraînant un débouclage des positions spéculatives sur la paire EUR/USD. La devise des Dix-sept a ainsi fortement corrigé d’un peu plus de 6,5% depuis son plus haut du 4 mai dernier à 1,4945 dollar et a atteint les 1,3968 dollar lundi 23 mai. De plus, le retour des craintes entourant les problèmes budgétaires des pays périphériques de la zone euro est revenu sur le devant la scène suite à la méfiance des marchés sur la capacité de la Grèce à réduire son déficit publique sur le long terme et à se refinancer d’elle-même dès 2012. L’abaissement de la note de la dette grecque par l’agence de notation financière Fitch a entrainé la monnaie unique sous les 1,40 dollar dès lundi matin. L’idée d’une restructuration de la dette grecque qui est devenue tout à fait envisageable, n’est plus écartée par le président de l’Eurogroupe Jean Claude Juncker, alors que la Banque Centrale Européenne (BCE) y est fermement opposée. De plus, les craintes d’une propagation des problèmes des dettes souveraines à l’ensemble des pays les plus fragiles de la Zone Euro s’intensifient à la suite de la baisse la note de la dette de l’Italie à « négative » contre « stable » par l’agence Standard&Poor’s. Une restructuration de la dette grecque, pourrait mettre en difficulté de nombreuses banques européennes détenant des CDS (Assurance contre le risque de défaut d’une obligation). Par ailleurs, les taux grecs à long terme se sont tendus, bondissant de plus de 50 points de base à 16,97% ainsi que ceux du Portugal de plus de 25 points de base à 9,62%. Face au risque systémique, l’euro s’est nettement déprécié face au billet vert touchant les 1,3968 dollar lundi 23 mai, soit un plus bas depuis le 17 mars dernier. De plus, les mises en garde contre une restructuration de la dette grecque ne cessent de se multiplier à l’instar des déclarations des membres de la BCE (Banque Centrale Européenne) ou encore de celle de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France affirmant que ce serait un « scénario de l’horreur ». Ces propos empêchaient la monnaie européenne d’aller de l’avant. L’euro se stabilisait autour des 1,4050 dollar, mercredi 25 mai avant de revenir aux alentours des 1,42 dollar ce jeudi 26 mai. La publication d’un document provenant de la Banque Populaire de Chine appelant le pays à investir dans la dette souveraine européenne a favorisé l’appréciation de l’euro. De plus, les taux grecs à 2 ans et à 10 ans se sont respectivement détendus à 25,18% et à 16,49%, signe d’une légère baisse des inquiétudes entourant les problèmes budgétaires grecs permettant ainsi à la monnaie unique de se reprendre au-dessus des 1,42 dollar, vendredi 27 mai.


Par ailleurs, on notera la nette appréciation de la livre sterling qui gagne plus de 2,50% depuis son plus bas atteint à 1,6053 dollar, mardi 24 mai. En début de semaine, la livre britannique a été fragilisée par l’annonce de l’agence de notation financière Moody’s de placer 14 des 18 banques britanniques « sous surveillance » en vue d’une éventuelle dévaluation. De plus, des rumeurs de marchés font état d’une possible faillite d’une banque importante. Cependant, les mauvais chiffres sur le PIB britannique qui est resté inchangé à 0,5%, n’ont pas déstabilisé la Monnaie de Sa Majesté profitant de la baisse généralisée sur le billet vert. Ainsi dans ce contexte, le cable est revenu autour des 1,64 dollar, vendredi 27 mai au matin.


Enfin, la monnaie helvétique occupait l’actualité après avoir atteint des sommets inédits. Le franc suisse, devise refuge par excellence, profite des inquiétudes entourant la dette grecque et des craintes d’un ralentissement économique aux Etats-Unis. Dans cet environnement, la devise suisse a atteint vendredi 27 mai, un sommet historique face à la monnaie américaine, touchant les 0,8530 franc suisse pour un dollar. Face à la monnaie européenne, le franc suisse ne cesse de s’apprécier atteignant un plus haut historique à 1,2159 franc suisse pour un euro. La paire EUR/CHF a perdu 8,22% depuis le 6 avril dernier et 14,73% sur un an.


Matières Premières :


Au chapitre des matières premières, la semaine a été marquée par un nouveau record historique du métal jaune face à la devise européenne. Lors de la journée de mercredi, l’once d’or a atteint 1088,01 euros soit un nouveau plus haut historique. Cette hausse s’explique par un regain d’inquiétudes des investisseurs face aux dettes souveraines de la zone euro. Les dégradations successives des notes de pays comme l’Italie ou encore la Belgique ont conduit l’once vers de nouveaux sommets. Face au dollar la tendance a été identique. L’or s’est apprécié de 12,26 dollars depuis son cours d’ouverture en début de semaine à 1514,05 dollars à son cours actuel de 1526,31 dollars. L’once a pleinement joué son rôle de valeur refuge profitant de la baisse du billet vert impacté par des chiffres macroéconomiques américains plus que mitigés, et par une crise européenne faisant craindre le pire pour l’Europe.


Les investisseurs ont délaissé les actifs plus risqués et plus rémunérateurs pour venir se renforcer sur le métal jaune via des achats sur repli. Par ailleurs, la demande sur l’or ne cesse de croître permettant de soutenir les cours. Industriels, particuliers ou encore banques centrales achètent de plus en plus d’or ce qui permet d’orienter les cours à la hausse. Sur les trois premiers mois de l’année, la demande mondiale sur l’or a atteint 981 tonnes pour une valorisation de 44 milliards de dollars alors que sur la même période en 2010 la demande avait atteint 881 tonnes. La demande des investisseurs a progressé de 26% à 310 tonnes avec une hausse de plus de 52% sur les lingots et les médailles. Sur les bijoux, la progression est de 7% sur le premier trimestre 2011 à 557 tonnes. Les banques centrales ont acheté sur les trois premiers mois de l’année 129 tonnes soit un chiffre supérieur aux trois premiers trimestres de 2010. La faiblesse persistante du dollar encourage les banques centrales à diversifier leurs actifs et donc à se tourner vers les métaux précieux. Les achats de la Chine ont même dépassé ceux de l’Inde, plus important acheteur d’or physique.


Du côté du métal blanc, le cours est revenu flirter avec les 39 dollars l’once à 38,83 dollars, un niveau inédit depuis le 11 mai dernier. En rythme hebdomadaire l’argent s’adjuge un gain de 2,42 dollars à 37,63 dollars ce matin. Ailleurs sur les autres métaux précieux, le cuivre se négocie autour de 4,15 dollars la livre sur le contrat d’échéance juin prochain, en progression de 1,71% sur la semaine. Malgré des statistiques économiques décevantes en Chine faisant craindre un ralentissement sur la demande, le cours reste néanmoins soutenu par une offre également au plus mal après des conditions climatiques désastreuses.


Au niveau du pétrole, le cours sur le Brent de la Mer du Nord d’échéance juillet prochain est en progression cette semaine pour se traiter actuellement autour de 115 dollars le baril. Outre-Atlantique le baril de qualité light sweet crude d’échéance identique a connu la même tendance, le cours est revenu au dessus des 100 dollars le baril à 101,83 dollars le plus haut. Sur la semaine la tendance a été haussière sur les cours de l’or noir en raison notamment du mouvement de dépréciation récent du billet vert face à l’euro, le dollar étant l’unique devise de négoce du pétrole. Par ailleurs, les tensions géopolitiques en Libye ont continué de peser. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a lancé la semaine dernière un appel d’urgence destiné à augmenter la production pétrolière rapidement alors que des doutes sur les réserves excédentaires de l’OPEP persistent. Au niveau des statistiques, les stocks américains de brut ont progressé de 600 000 barils à 370,9 millions de barils la semaine passée aux États-Unis alors que le consensus attendait un repli de 1,2 million de barils. Au niveau de l’essence, les stocks ont fait état d’une hausse spectaculaire de 3,8 millions de barils à 209,7 millions de barils contre une prévision baissière des analystes de 100 000 barils. Cette hausse des stocks démontre un ralentissement de la demande, demande qui a par ailleurs reculé de 5,3% sur la même période par rapport à l’année dernière à 18,5 millions de barils par jour.


A noter également cette semaine, l’introduction en bourse à Londres et à Hong Kong du géant suisse des matières premières, Glencore. Cette entreprise dirigée par Ivan Glasenberg, successeur de Marc Rich, fondateur, a été valorisée à 36,7 milliards de livres soit 41,6 milliards d’euros pour un prix de 530 pence par action.


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Heure Pays STATISTIQUES / EVENEMENTS
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 30 mai
14:30 PIB (GM) Mars 0,2% -0,2% 5
Mardi 31 mai
1:30 Taux chômage Avril 4,7% 4,6% 5
1:50 Production industrielle (GM) Avril 2,2% -15,5% 5
7:45 PIB (GT) Q1 0,6% 0,9% 4
9:55 Variation du chômage allemand Mai -30K -37K 4
9:55 Taux de chômage allemand Mai 7,0% 7,1% 4
11:00 Estimation IPC Zone Euro (GA) Mai 2,8% 2,8% 5
11:00 Taux de chômage Zone Euro Avril 9,9% 9,9% 4
15:00 Taux directeur du Canada 31 Mai 1,0% 1,0% 5
15:00 Indice S&P/CS 20 villes (GM) Mars -0,2% -0,18% 3
15:45 Indice des directeurs d'achat de Chicago Mai 63,0 67,6 4
16:00 Confiance du consommateur Mai 66,4 65,4 5
16:30 Activité manufacturière de la FED de Dallas Mai 8,5 10,5 3
Mercredi 1 juin
3:00 PMI Manufacturier Mai 51,6 52,9 4
9:15 Ventes au détail (GA) Avril * -0,2% 4
10:00 PMI Manufacturier Mai 54,8 54,8 4
10:30 PMI Manufacturier Mai 54,0 54,6 4
14:15 Enquête ADP Variation de l'emploi Mai 178K 179K 5
16:00 Dépenses de construction (GM) Avril 0,4% 1,4% 3
16:00 Indice ISM Manufacturier Mai 58,0 60,4 5
Jeudi 2 juin
1:50 Dépenses d'investissement Q1 3,0% 3,8% 4
10:30 Indice PMI des directeurs d'achat construction Mai 53,5 53,3 4
14:30 Nouvelles demandes d'allocations-chômage 28 Mai * 424K 5
16:00 Commandes industrielles Avril -0,8% 3,0% 5
Vendredi 3 juin
10:00 Indice PMI Composite Mai 55,4 55,4 4
10:30 Indice PMI des services Mai 54,2 54,3 4
14:30 Variation des emplois non agricoles Mai 195K 244K 5
14:30 Taux de chômage Mai 8,9% 9,0% 5
16:00 Indice ISM non Manufacturier composite Mai 54,3 52,8 4
Degré de pertinence pour les marchés : Très forte Forte/Moyenne à Forte Moyenne







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