Malgré un climat incertain et une forte volatilité, les marchés se maintiennent
Marchés actions:
L'hésitation était de rigueur sur les places boursières internationales en cette semaine marquée par la démission du directeur général du Fond Monétaire International.
L'inculpation de Dominique Strauss-Kahn, dirigeant du FMI, pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration est venue renforcer les inquiétudes des investisseurs alors qu'une réunion à Bruxelles devait se tenir en sa présence en début de semaine pour étudier la situation budgétaire de la Grèce. Le dossier des dettes souveraines européennes reste épineux et pèse toujours sur les marchés. Les chiffres dévoilés dernièrement sur la croissance européenne n'ont pas réussi à redonner pleinement confiance aux investisseurs. Les valeurs bancaires exposées à la dette grecque ont notamment plombées les indices en début de semaine. Crédit Agricole a perdu 1,56% sur la séance de mardi, tandis qu'Axa et Société Générale reculaient respectivement de 1,58% et 0,42%. Par ailleurs, l'inflation continue de progresser et se maintient au dessus du niveau cible décidé par les autorités européennes à 2% sur l'année. Le taux d'inflation annuel dans la zone euro est passé à 2,80% et augmente ainsi de 0,1 point sur le mois d'avril. L'indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie, est quant à lui en hausse de 1,60% au dessus des attentes du marché qui prévoyait une progression de 1,50%. Alors que l'inflation risque de freiner la consommation des ménages, le sentiment des analystes et investisseurs allemands est ressorti en baisse sur le mois de mai pour la troisième fois consécutive à son plus bas depuis novembre 2010 d'après l'indice de l'institut ZEW. Enfin, outre-manche, les résultats sont guères plus satisfaisants à l'image du nombre de bénéficiaires d'allocations-chômage qui a augmenté de 12 400 atteignant ainsi 1,47 million pour le mois d'avril.
Dans ce contexte, les indices européens ont entamé la semaine sur une note négative. Le CAC 40 a enregistré quatre séances de baisses consécutives pour atteindre son plus bas depuis quatre semaines à 3 941,58 points mardi. Le Footsie a pour sa part perdu 1,06% sur la même séance pour clôturer à 5 861 points tandis que l'indice de Francfort abandonnait 1,77% à 7 256,65 points.
Les indicateurs économiques en provenance des Etats-Unis n'ont pas permis de redynamiser les marchés. L'indice Empire State est ressorti à 11,9 ce mois contre un consensus de 20 lorsqu'il atteignait 21,7 en avril. Parallèlement, la production industrielle n'a pas avancé le mois dernier et les mises en chantier ont chuté de 10,6% à 523 000 là où les prévisions attendaient 570 000 mises en chantier. Les permis de construire ont pour leur part baissé de 4% sur la même période. Cette semaine a également été marquée mercredi par les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine. La poursuite ou non de la politique monétaire accommodante des Etats-Unis était au coeur des débats, alors qu'aucune action immédiate ni de date précise pour un relèvement de taux, n'a été fixée.
Il a fallu attendre la publication des résultats de Dell et le soutien du rebond des prix des matières premières pour voir repartir à la hausse les indices. Le troisième plus grand constructeur d'ordinateurs au monde a en effet présenté des résultats satisfaisants. Le bénéfice net du groupe s'est envolé de 177% à 945 millions de dollars sur le premier trimestre de l'année tandis que le chiffre d'affaires avance de 1% à 15,17 milliards de dollars. Les valeurs liées aux matières premières voyaient également leurs cours partir à la hausse, à l'image du pétrolier Chevron qui a enregistré la plus forte progression du Dow Jones en hausse de 2,44% sur la séance de mercredi. L'entrée du réseau social pour les professionnels, LinkedIn, à la bourse de New York a également été un temps fort cette semaine. Le titre a bondi de près de 110% jeudi. Ainsi, les indices ont continué leur progression malgré la publication d'indicateurs macro économiques toujours décevants. L'activité industrielle de la région de Philadelphie a chuté à son plus bas depuis octobre dernier à 3,9 ce mois-ci alors qu'il s'élevait à 18,5 en avril et l'indicateur composite des indicateurs avancés a reculé de 0,3% le mois dernier. Par ailleurs, les ventes de logements existants ont perdu 0,8%. En fin de semaine, le Dow Jones reste quasi stable sur les cinq dernières séances à 12 605,32 points, le Nasdaq recule de 0,18% à 2 823,31 points tandis que le S&P 500 gagne 0,44% sur la même période et s'affiche à 1 343,60 points avant la dernière séance de la semaine.
Du coté des marchés asiatiques. La Banque du Japon (BoJ) a décidé de maintenir son taux directeur dans une fourchette comprise entre 0% et 0,1% alors que le pays est officiellement rentré en récession jeudi. Son Produit Intérieur Brut s'est contracté de 0,9% au premier trimestre 2011, victime des catastrophes naturelles survenues en mars dernier. Coté valeurs, ont retiendra la perte de 11 milliards d'euros de Tepco, l'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima et plus grand producteur privé mondial d'électricité. Le Nikkei perd 0,14% sur la dernière séance de la semaine soit une baisse de 13,74 points et finit à 9 607,08 points tandis que l'indice élargi Topix recule de 0,50% (4,12 points) et cote 827,77 points à la clôture. Ailleurs, en Asie, le Hang Seng de Hong Kong avance de 0,10% à 23 187,10 points et le CSI 300 gagne 0,18% pour atteindre 3 126,35 points.
Forex :
Sur le marché des devises, la semaine a été chargée en annonces économiques outre-Atlantique, outre-manche et au Japon. En zone euro, les inquiétudes se sont portées une nouvelle fois du côté des dettes souveraines des pays périphériques. Le dollar perd du terrain face à ses principales contreparties alors que le dollar index revenait proche des 75 points après avoir atteint les 76,20 points lundi 16 mai grimpant de plus de 4,5% depuis le 4 mai à 72,85 points, un plus bas depuis l'été 2008. Les indicateurs sur le marché immobilier américain étaient très attendus par les investisseurs. Ceux-ci sont ressortis décevants attestant d'un marché immobilier, principale origine de la crise des subprimes de 2008, encore poussif. En effet, les mises en chantier et les permis de construire ont nettement chuté avec respectivement une baisse de 10,6 % et 4% en avril. Les ventes de logements existants sont ressorties en baisse de 0,8% en avril contre une progression de 3,7% en mars. Ainsi, ces éléments sont défavorables pour le billet vert dans la mesure où la grande crainte du marché est celle d'un ralentissement économique américain plus fort que prévu.
En zone euro, la monnaie unique se reprend face au dollar et s'échange aux alentours des 1,4320 dollar vendredi 20 mai après avoir testé les 1,4050 dollar, en début de semaine. Depuis le début du mois de mai, la devise des dix-sept a fortement corrigé d'environ 6% lors de son plus haut le 4 mai dernier à 1,4945 dollar. Dans un premier temps, le ton un peu plus accommodant de Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, a entrainé un débouclage des positions longues d'euro des comptes spéculatifs. En effet, alors que la hausse de l'euro était alimentée par les attentes de hausse des taux de la BCE, le discours plus prudent que prévu au sujet du rythme du relèvement des taux a rendu la poursuite de la hausse de la monnaie européenne plus difficile. De plus, les rumeurs autour d'une possible restructuration de la dette grecque ont déstabilisé l'euro poursuivant son mouvement de repli touchant les 1,4038 dollar lundi 16 mai, un plus bas depuis la fin mars. En début de semaine, la confirmation de l'accélération de l'inflation annuelle ressortie à 2,8% pour le mois d'avril un plus haut depuis 30 mois, faisait monter l'euro jusqu'à 1,4220 dollar. Cette confirmation a alimenté les attentes de hausse des taux de la part des investisseurs procurant un meilleur rendement pour la monnaie européenne par rapport à la devise américaine. Cependant, le rebond de l'euro était freiné par les discussions concernant le financement de la dette grecque. Les négociations entre les membres de la zone euro pourraient durer longtemps selon les analystes, augmentant ainsi les incertitudes entourant le dossier de la dette grecque. Dans ce contexte, l'euro se stabilisait mardi autour des 1,4150 dollar. Puis, la monnaie unique profitait des publications décevantes des chiffres sur l'immobilier américain et de l'annonce du dépassement de la dette américaine de son plancher légal ravivant les inquiétudes sur les difficultés financières des Etats-Unis permettant à la monnaie unique de revenir au-dessus des 1,42 dollar. Par ailleurs, le compte rendu de la réunion du FOMC de mercredi soir, a montré que les discussions ont davantage porté sur l'étude de solutions de sortie de la politique monétaire ultra-accommodante que sur une poursuite des mesures additionnelles mais d'un manque évident d'agir réellement. Ainsi, l'écart entre les anticipations de hausse des taux entre la FED et la BCE, qui a déjà relevé ses taux en avril, reste élevé et en faveur de la devise des dix-sept. De plus les mauvais chiffres macroéconomiques outre-Atlantique à l'instar de l'indice des indicateurs avancés préfigurant la tendance générale de l'économie américaine pour les mois à venir, a reculé de 0,3% en avril, une première depuis juin 2010, ont permis à l'euro de se hisser au-dessus de 1,43 dollar. Ainsi, un rebond vers les 1,45 dollar est toujours envisageable. Cependant, les investisseurs restent prudents tant qu'un accord sur la Grèce n'est pas validé et guetteront au cours des prochains mois le discours de la FED qui pourrait durcir le ton cet été pour préparer à un resserrement monétaire à partir de janvier 2012.
De son côté, la devise britannique était aussi sous les feux de l'actualité et a connu une semaine volatile après plusieurs annonces économiques et notamment à la suite des Minutes de la Banque d'Angleterre. Mardi, la livre sterling rebondissait face au billet vert à 1,6301 dollar après la publication de l'inflation au Royaume-Uni, qui est ressortie au-delà des attentes à 4,5% sur un an en Avril contre 4% en mars. Puis, le cable est venu tester les 1,6086 dollar mercredi. Les minutes du Comité de Politique Monétaire (CPM) n'ont rien dévoilé de surprenant et les résultats sont restés à 6 voix contre 3 en faveur du maintient de la politique monétaire actuelle. Cependant, les avis continuent de diverger entre le fait de voir les risques inflationnistes se renforcer et la situation de l'emploi s'affaiblir. En effet, l'environnement inflationniste à court-terme est très mauvais et pourrait atteindre 5% au cours des prochains. Les données britanniques d'emploi continuent d'être confuses. Bien que le taux de chômage soit ressorti en baisse en avril à 7,7% contre 7,8% en mars, 12 400 nouvelles demandes d'allocations-chômage ont été recensées passant de 4,5 à 4,6% et laissent les investisseurs dans l'expectative face à ces deux chiffres. Dans cet environnement délicat pour l'économie du Royaume-Uni, la monnaie de Sa Majesté se stabilise aux alentours des 1,6250 dollar en cette fin de semaine.
Enfin, on notera la baisse du yen face au dollar après avoir été affecté par les résultats du PIB japonais qui s'est replié de 0,9% au premier trimestre faisant retomber l'archipel officiellement en récession. La devise nippone s'échangeait autour des 82 yens pour un dollar à la suite de cette annonce, jeudi 19 mai. Cependant, les pressions acheteuses restent fortes sur la devise japonaise et dans ce cadre, la banque du Japon a confirmé ce vendredi 20 mai, le maintient de ses taux d'intérêt à des niveaux exceptionnellement bas dans une fourchette comprise entre 0 et 0,1%. Ce qui permet au yen de se stabiliser autour des 81,60 yens pour un dollar.
Matières Premières :
Au chapitre des matières premières, les cours de l'or noir ont évolué quasiment à l'équilibre cette semaine, confirmant ainsi la stabilisation des cours deux semaines après la descente aux enfers des prix du Crude américain et du Brent de la Mer du Nord. En effet, malgré l'appréciation marquée du dollar américain par rapport à ses principales devises de contrepartie, ce qui aurait pu, comme la semaine passée, confirmer la tendance baissière récente des prix du pétrole, d'autres facteurs ont réussi à soutenir ces derniers et ce, malgré la crue du Mississipi aux Etats-Unis qui menace actuellement les raffineries pétrolières riveraines du fleuve. En outre, l'Agence américaine de l'information sur l'énergie (EIA) a publié mercredi les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis, restés stables (- 15 000 barils seulement) après une hausse de 3,78 millions de barils la semaine précédente. Ce très léger recul maintient ainsi le niveau de ces stocks à des niveaux qui n'avaient plus été atteints depuis mai 2009. Parallèlement à cela, les stocks d'essence ont augmenté de 119 000 barils tandis que les stocks de produits distillés ont encore diminué de 1,16 millions de barils, signe plutôt encourageant pour la demande à l'approche de la « driving season » aux Etats-Unis. En fin de semaine, l'appel pressant de l'Agence internationale de l'Energie à augmenter la production d'or noir aurait pu avoir de lourdes conséquentes sur les cours de ce dernier. Les analystes s'accordent à penser qu'il n'est clairement pas dans l'intérêt des producteurs ni des consommateurs de subir une nouvelle hausse des prix et il devient donc urgent qu'un dialogue poussé entre les deux parties soit mis en place afin de trouver des solutions viables, notamment à long terme. Nous surveillerons donc de près l'évolution des cours du pétrole dans les semaines à venir suite à cette déclaration jugée inquiétante par les marchés. Sur l'ensemble de la semaine, le baril de qualité light Sweet Crude à échéance Juillet 2011, coté sur le New York Mercantile Exchange, a ainsi enregistré une baisse de 0,89%, se traitant actuellement aux encablures des 98,93 dollars le baril. A Londres, la baril du Brent à même échéance a suivi globalement la même tendance, abandonnant ainsi 1,34% à 111,48 dollars le baril.
Après avoir atteint un plus haut historique à 1576.35 USD, l'once d'or a corrigé à la baisse et oscille maintenant autour d'un pivot à 1500 USD. Ce mouvement de hausse est commun à toutes les matières premières depuis plusieurs mois et à ce stade rien n'indique que la hausse du métal jaune s'arrête. Sur un graphique en hebdomadaire qui nous permet de suivre l'évolution sur plusieurs années, les cours se trouvent bien au dessus des moyennes mobiles 50 et 100 et s'inscrivent dans un mouvement de hausse exponentiel, dont la phase d'accélération finale n'a pas encore commencé.
Le MACD, est en territoire positif, les stochastiques lentes et le RSI 14 sortent également de la zone de sur-achat indiquant que le momentum haussier actuel est toujours fort. A plus court terme, après la correction entamée début du mois de mai, les cours ont trouvé un support sur la zone des 1480 USD. Sans un retour rapide sous cette zone de prix un nouveau test de la résistance de court terme à 1516 USD puis 1526 USD est probable avec à moyen terme un nouveau test des plus hauts historiques. Le cours consolident depuis quelques jours dans une configuration en triangle horizontal, une sortie par le bas de ce triangle aurait, à court terme, une implication baissière avec comme premier objectif le support d'avril à 1450 USD.
Heure Pays STATISTIQUES / EVENEMENTS Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence Lundi 23 mai 4:30 Indice PMI Manufacturier HSBC Mai * 51,8 9:30 Indice PMI Manufacturier allemand Mai 61,0 62,0 9:30 Indice PMI des services allemand Mai 57,0 56,8 10:00 Indice PMI Manufacturier Zone Euro Mai 57,5 58,0 10:00 Indice PMI des services Zone Euro Mai 56,5 56,7 Mardi 24 mai 10:00 Sondage IFO allemand - Climat dans les affaires Mai 113,7 114,2 11:00 Nouvelles commandes industrielles (GM) Mars -1,2% 0,9% 16:00 Ventes logements neufs (GM) Avril 1,7% 11,1% 16:00 Indice Manufacturier de la FED de Richmond Mai 10 10 Mercredi 25 mai 1:50 Balance commerciale Avril -703,7B 196,5B 10:30 PIB (GT) Q1 0,5% 0,5% 14:30 Commandes de biens durables hors transport Avril 0,6% 1,3% 16:00 Indice Prix Maisons (GM) Mars -0,6% -1,6% Jeudi 26 mai 8:00 Balance commerciale Avril * 1,09B 14:30 Consommation de base des ménages (GT) Q1 1,5% 1,5% 14:30 Nouvelles demandes d'allocations-chômage Mai * 409K 14:30 PIB annualisé (GT) Q1 2,2% 1,8% Vendredi 27 mai 1:30 Indice des prix à la consommation sauf alimentation de Tokyo Mai 0,2% 0,2% 1:50 Commerce au détail (GM) Avril 2,6% -7,8% 10:00 Masse monétaire M3 Zone Euro Avril 2,3% 2,3% 11:30 Indicateur avancé KOF Mai * 2,29 14:30 Revenu personnel Avril 0,4% 0,5% 14:30 Consommation des ménages Avril 0,4% 0,6% 15:55 Indice de confiance de l'Université du Michigan Mai 72,4 72,4 16:00 Reventes de logements en cours (GM) Avril -1,0% 5,1% Degré de pertinence pour les marchés : Très forte
Forte/Moyenne à Forte
Moyenne
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