Zone euro : hausse de 25pb du Refi à 1,50
- Comme attendu la Banque Centrale Européenne a décidé de remonter son taux Refi de 25 points de base à 1,50% à l’issue de la réunion du Conseil des Gouverneurs.
- Le mot « forte vigilance » n’a pas été prononcé. Il signale habituellement une hausse prochaine des taux. Ceci laisse supposer que la BCE attendra le dernier trimestre pour relever ses taux de 25 pb supplémentaires.
- Par ailleurs, elle a annoncé qu’elle suspendait les seuils minima de notation de la dette du Portugal. En conséquence, et comme pour la Grèce, elle continuera à accepter les obligations souveraines portugaises en garantie dans le cadre de ses opérations de refinancement des banques de l'eurosystème.
Comme attendu, la Banque centrale européenne a annoncé, aujourd’hui, une nouvelle hausse de 25 pb qui remonte le taux Refi à 1,50%, après le premier relèvement de 25 points de base en avril dernier. Le corridor d’évolution du Refi est resté inchangé, i.e. avec 75 points de base de part et d’autre.
Par ailleurs, la BCE a annoncé qu’elle suspendait les seuils minima de notation de la dette du Portugal. En conséquence, et comme pour la Grèce, elle continuera à accepter les obligations souveraines portugaises en garantie dans le cadre de ses opérations de refinancement des banques de l'eurosystème. Cette décision suit l’abaissement de la note du Portugal par Moody’s de quatre crans, au cours de la semaine.
Dans son communiqué de presse, le mot « forte vigilance » n’a pas été prononcé. Son emploi signale habituellement une hausse des taux à la prochaine réunion. Ceci laisse supposer que la BCE ne relèvera pas ses taux le 4 août prochain. De fait, le Président Trichet a rappelé au cours de la conférence de presse qu’aucune décision en la matière n’était jouée d’avance et qu’il existe actuellement un niveau élevé d’incertitude concernant la croissance européenne et mondiale, les risques sur l’activité demeurant toutefois équilibrés.
Concernant l’inflation, les risques restent haussiers. M. Trichet a rappelé que les pressions inflationnistes étaient perceptibles dans les premières phases de la chaîne de production. Il est par conséquent extrêmement important que les effets de second tour soient maîtrisés et que l’ancrage des anticipations d’inflation demeure. De fait, l’inflation se situe actuellement au-dessus de l’objectif de stabilité de la Banque centrale (à 2,7% en juin) et pourrait même dépasser 3% avant la fin de l’année.
Le cycle de resserrement commencé en avril 2011 devrait se poursuivre à un rythme modéré, compte tenu de la décélération perceptible de la croissance dans la région et de la crise actuelle de la dette souveraine. Une troisième hausse des taux pourrait être annoncée à l’occasion de la publication des nouvelles hypothèses macro-économiques de la BCE en septembre et décidée en octobre prochain.
Outre-manche, la Banque d’Angleterre, aussi réunie aujourd’hui, a laissé son taux de base inchangé à 0,5%. Aucun commentaire n’a été fait à la sortie du Comité de Politique Monétaire. Les minutes de cette réunion seront disponibles le 20 juillet. Il est probable qu’un débat assez vif ait eu lieu entre tenants d’un relèvement de taux et les partisans du statu quo. Le niveau de l’inflation (4,5% en mai comme en avril) milite en faveur d’une hausse immédiate des taux, tandis que les données concernant l’activité s’opposent à une telle éventualité.
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