Royaume-Uni : activité plus solide qu’attendu au T3 2010 (+0,8% t/t)
- Selon son estimation préliminaire, l’activité a décéléré au troisième trimestre 2010, mais moins qu’attendu Le PIB a augmenté de 0,8% t/t au T3 2010, après 1,2% t/t au T2 2010.
- En effet, l’activité a ralenti dans la plupart des secteurs. La production manufacturière était en hausse de 1,0% t/t, après +1,6% t/t au T2 2010. L’activité dans la construction a augmenté de 4% t/t au T3, après 9,5% au trimestre précédent. Elle s’est contractée dans l’agriculture (-0,3%) tout comme dans le secteur minier (-0,7% t/t). Dans les services, elle a progressé de 0,6% t/t, comme au trimestre précédent.
- La décélération de l’activité n’est que progressive. Dans ces conditions, la Banque d’Angleterre pourrait surseoir sa décision d’augmenter son programme d’achat d’actifs financiers et attendre l’année prochaine les premiers effets du plan de rigueur sur la demande interne.
Selon son estimation préliminaire, l’activité a décéléré au troisième trimestre 2010, mais moins qu’attendu après +1,2% t/t au trimestre précédent. Le PIB a augmenté de 0,8% t/t au T3 2010. En glissement annuel, il a crû de 2,8%. Néanmoins, il demeure toujours inférieur de près de 4% à son niveau atteint avant la crise. L’acquis de croissance au T3 2010 est désormais de 1,7% pour 2010. Par conséquent, compte tenu de la poursuite anticipée de la décélération de l’activité, la croissance du PIB devrait s’établir sous 2% en 2010, avant de ralentir d’avantage en 2011, lorsque les mesures de consolidation budgétaire commenceront à peser sur la demande intérieure.
Au T3, l’activité a décéléré dans la plupart des secteurs. La production manufacturière était en hausse de 1,0% t/t, après +1,6% t/t au T2 2010, contribuant à la croissance du PIB à hauteur de 0,1pp. Elle était ainsi en hausse pour le quatrième trimestre consécutif, après 1%, 1,5% et 1,6% au T4 2009, au T1 et au T2 2010 respectivement. En glissement annuel, la production augmentait de 5,3%. Elle demeurait toutefois toujours inférieure d’environ 10% à son niveau atteint avant la crise. Par ailleurs, l’enquête CIPS manufacturier indique que la reprise de l’activité dans le secteur devrait se poursuivre au quatrième trimestre 2010, bien qu’à un rythme plus modeste. Ainsi, l’indice total a continué de reculer en septembre, se trouvant désormais plus de quatre points sous son plus haut niveau atteint en mai dernier, demeurant toutefois au-dessus de 50, pour le quatorzième mois consécutif. L’indice de production quant à lui, est resté au-dessus de 50 pour le seizième mois consécutif en septembre. Cependant, il s’est replié pour le sixième mois d’affilée, perdant au total plus de sept points depuis mars dernier où il avait atteint son niveau le plus élevé depuis juillet 1994.
Dans le secteur des services, l’activité a augmenté de 0,6%, comme au trimestre précédent, contribuant ainsi à la croissance du PIB à hauteur de 0,4pp, après 0,5pp au T2 2010. En glissement annuel, elle a progressé de 2,1%, demeurant toutefois inférieure de 2,5% au niveau atteint à la veille de la crise. La plus forte contribution à la croissance du secteur (0,2pp) provenait des services aux entreprises et de la finance dont l’activité a augmenté de +0,5% t/t, après 1% au T2 2010. L’activité a aussi crû dans le secteur de la distribution, de l’hôtellerie et de la restauration (+0,6% t/t après +0,5% au trimestre précédent). Dans les services publics, elle a augmenté de 0,6% t/t après +0,7%t/t au T2 2010 (contribution à la croissance de 0,1pp). Dans les transports, et la communication, elle a augmenté de 0,7% t/t, après un repli de 1,5% au deuxième trimestre.
Dans la construction, la production a bondi de 4%, après déjà 9,5% au trimestre précédent. Elle a ainsi contribué à la croissance du PIB à hauteur de 0,2pp au T3 2010, après 0,6pp au T2. D’une année sur l’autre, elle a augmenté de +11%.
Dans l’agriculture, la production s’est contractée (-0,3% t/t après +2,7% au T2 2010). Dans le secteur de l’électricité, du gaz et de l’eau, elle est restée quasiment inchangée, en hausse de 0,3% après +2,7% au T2 2010. Enfin, dans le secteur minier, elle a baissé de 0,7%.
Somme toute, la décélération de l’activité est plus progressive qu’anticipé. Dans ces conditions, la Banque d’Angleterre pourrait surseoir sa décision d’augmenter son programme d’achat d’actifs financiers. Elle attendra probablement l’année prochaine et les premiers effets du plan de rigueur (qui représente, pour 2011, plus de 2% du PIB) sur la demande interne et, en particulier, la consommation des ménages. En effet, le PIB pourrait se contracter, temporairement, au premier semestre 2011, et sa croissance demeurerait inférieure au potentiel les trimestres suivants.
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