La force de l'euro inquiète Airbus
23/11/2007
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La monnaie européenne a frôlé ce matin la barre symbolique de 1,50 dollar. Un niveau historique qui inquiète les entreprises européennes. Pour Tom Enders, le président de l'avionneur européen, l'euro a dépassé «la limite du supportable».
« La baisse du dollar est une menace pour la survie ». Le propos de Thomas Enders, le président d'Airbus, est alarmiste. Reflet du renouveau d'inquiétudes provoquées par la monnaie européenne, qui s'approche dangereusement du seuil psychologique de 1,50 dollar.
Ce matin, l'euro caracolait à 1,4968 dollar, son plus haut niveau historique depuis sa création en 1999. Les inquiétudes sur la croissance économique aux Etats-Unis ont alimenté cette chute du billet vert. Cette semaine, la Réserve fédérale américaine a revu à la baisse ses prévisions pour 2008 et les analystes s'attendent à une nouvelle diminution de ses taux directeurs à la mi-décembre.
Un nouveau plus haut qui pénalise les exportations des entreprises européennes dans les zones dollars et yen. Selon EADS, Airbus qui vend ses avions en dollars perdrait ainsi un million d'euros à chaque augmentation de 0,10 dollar du taux de change.
Nouvelles menaces de réorganisation
Devant les comités d'entreprises de l'avionneur européen à Hambourg, Tom Enders a agité hier la menace d'une nouvelle réorganisation de l'entreprise pour faire face à ces « pertes énormes ». « Nous devons revoir notre modèle industriel. Tel qu'il est, il n'est plus assez résistant », a affirmé hier Tom Enders, qui juge que l'euro a « dépassé la limite du supportable ».
Le groupe, engagé dans le plan de réorganisation Power 8, avait annoncé cet été envisager de nouvelles mesures de restructure. Le plan 8 avait été élaboré sur une parité de 1,35 dollar.
Traditionnellement partisane d'un euro fort, la chancelière allemande a pourtant emboîté le pas de l'entreprise européenne, reconnaissant que la valeur de l'euro posait « naturellement problème » à l'économie allemande. L'association allemande des industries de construction mécanique (VDMA), a de son côté mis en garde contre un tassement des commandes et des prévisions de bénéfices dans les mois à venir.
De son côté, le directeur de la BCE, Jean-Claude Trichet, a critiqué « les mouvements brutaux » des changes, les jugeant « pas favorables à la croissance mondiale ».
Solène Davesne
Source: Usine Nouvelle.com
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