Analyses Forex
BCE : un ton légèrement moins accommodant
Statu quo sur les taux directeurs
Après la réunion d’avril, la BCE a décidé de garder ses taux directeurs inchangés. Le taux refi reste à son plus bas historique de 1 %, niveau auquel il devrait se maintenir un certain temps.
Légèrement plus optimiste pour l’activité...
Selon l’institution monétaire de Francfort, l’activité reste faible, mais elle devrait s’améliorer quelque peu au second semestre. Les mesures de prêt non conventionnelles particulièrement audacieuses, adoptées en décembre 2011 et en février 2012, ont sensiblement réduit les risques extrêmes et les tensions sur les
marchés financiers. Le rendement des titres de la dette s’est replié, et les tensions sur le marché monétaire ont diminué.
Grâce à ces mesures, la BCE, conformément à sa mission de promotion du bon fonctionnement des systèmes de paiement, a manifestement épargné à l’économie une crise du crédit.
Mais tout n’est pas réglé pour autant. La croissance du crédit aux ménages et aux sociétés non financières reste extrêmement faible. Les difficultés de financement des établissements bancaires limitaient l’offre de crédit au secteur privé. Aujourd’hui, les banques restent confrontées à la faiblesse de la demande. Les mesures d’austérité, nécessaires à la restauration de la confiance et de la crédibilité, vont peser sur l’activité à court terme. La BCE peut en atténuer l’impact en maintenant une politique monétaire accommodante, encourageant ainsi l’investissement et la consommation. Mario Draghi, Président de la BCE, a souligné qu’il était trop tôt pour commencer à évoquer une stratégie de sortie des mesures exceptionnelles mises en place contre la crise de la dette. Les effets de la deuxième opération de refinancement à 3 ans, menée il y a un mois à peine, ne se sont pas encore fait sentir sur l’économie. Enfin, M. Draghi a appelé les autorités nationales à adopter des réformes structurelles, en particulier pour ce qui concerne le marché du travail, afin de soutenir les perspectives de croissance et la confiance à long terme.
Dans l’ensemble, malgré une certaine amélioration, il ne faut pas s’attendre à une croissance de l’activité particulièrement dynamique dans les trimestres à venir. Comme toujours après une récession due à une crise financière, la reprise est lente. Sur l’ensemble de l’année, nous prévoyons une croissance étale du PIB. Pour peu que les tensions budgétaires s’aggravent de nouveau et que les cours du brut continuent de grimper, les perspectives pourraient rapidement s’assombrir dans la zone euro. ... mais aussi un peu plus préoccupée par l’inflation.
Le Conseil des gouverneurs semble légèrement plus inquiet quant à l’évolution de l’inflation. Celle-ci a été révisée à la hausse sous l’effet d’une augmentation plus forte que prévu du prix du baril. Selon les prévisions de la BCE, l’inflation devrait rester assez élevée à court terme et se maintenir au-dessus du plafondcible fixé à 2 % pour la stabilité des prix jusqu’à la fin de l’année pour repasser en dessous de 2 % l’année prochaine.

Pour autant et toujours d’après la BCE, les hausses récentes des prix des matières premières n’entraînent pas un relèvement des anticipations d’inflation. La Banque centrale européenne a, néanmoins, réintroduit ce passage dans son communiqué de presse : le Conseil des gouverneurs « accordera une attention particulière aux moindres signes de répercussion de la hausse des coûts de l’énergie sur les salaires, les bénéfices et la fixation des prix en général ».
Pour le moment, cependant, les risques d’effets de second tour sont très faibles, sinon inexistants. Le taux de chômage est élevé (et devrait encore progresser, selon les prévisions), de quoi limiter toute hausse des salaires. De plus, les résultats des enquêtes montrent que, en dépit de l’augmentation du coût des intrants, les prix à la production ne cessent de baisser, signe indiquant que les entreprises doivent consentir des réductions pour stimuler la demande.
Dans l’ensemble, le choc actuel des prix de l’énergie renforce quelque peu la volatilité des chiffres relatifs à l’inflation, mais il ne devrait pas avoir d’impact durable sur les salaires, les coûts et les prix susceptible d’entraîner un désancrage des anticipations d’inflation à moyen terme. L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles de l’IPCH, comme l’énergie ou l’alimentation, et qui résulte pour l’essentiel de facteurs domestiques comme les salaires, va probablement reculer dans les prochains mois.
Dans un contexte de reprise fragile et d’inflation élevée à court terme mais toujours orientée à la baisse, selon les prévisions, le scénario le plus probable est celui du maintien du statu quo sur les taux par la BCE pendant une assez longue période.
Auteur : Clemente De Lucia
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