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Analyses Forex

Semaine agitée sur les marchés actions mondiaux, la Grèce vient une nouvelle fois jouer les troubles fête…

 

 

La semaine avait pourtant bien commencé, même si les marchés européens étaient fermés lundi. De bonnes statistiques économiques américaines sont venues animer la journée de lundi, le chiffre le plus attendu étant l’indice ISM des produits non manufacturés. Le chiffre est ressorti à 55.4 alors que le consensus tablait sur un chiffre de 54.1. Même tendance pour le chiffre des ventes de logements existants annoncé en hausse de 8.2% alors que les économistes attendaient un chiffre révisé en baisse de 0.5%. Ces excellentes statistiques faisaient échos aux chiffres de la semaine précédente concernant les créations d’emplois non agricoles, ils ont permis au Dow Jones de commencer la semaine sur une tendance positive, ce dernier avoisinant les 11 000 points sans toutefois parvenir à les franchir.

Les choses ont commencé à se gâter à partir de mardi. Dans une journée pauvre en annonces macro-économiques, les opérateurs de marché ont surtout prêté attention aux déclarations des institutionnels et des politiques. L’événement de la journée aura une nouvelle fois été américain avec la réunion du comité de politique monétaire de la FED (FOMC). Les autorités monétaires américaines ont clairement annoncé un statut quo au niveau des taux d’intérêt, laissant entendre que ces derniers pourraient rester à un niveau historiquement bas encore quelques temps en raison de la faiblesse persistante de l’inflation, même si les indices de prix commencent à se redresser légèrement. Les marchés ont salué cette décision mais la fête aura été de courte durée en raison du regain d’inquiétude concernant la dette grecque et le possible risque de contagion à d’autres états de la zone euro.

Mercredi et jeudi, les marchés ont totalement décroché en raison de rumeurs persistantes sur le Grèce. La journée de mercredi a mal démarré avec l’annonce du PIB en zone euro. Le consensus tablait sur un chiffre en légère hausse de 0.1% alors que le chiffre publié est ressorti inchangé ; preuve s‘il en fallait que la reprise économique est quasi inexistante en Europe. Le PIB a reculé de 2.2% sur un an. Il ne fallait pas attendre de bonne statistique pour les Etats-Unis où les stocks de pétrole brut sont également ressortis en hausse de 2 millions de barils alors que les analystes tablaient sur un chiffre moitié moins élevé. La Grèce a fini par enfoncer le clou puisque des rumeurs ont circulé dès mercredi faisant état que cette dernière chercherait à se passer de l’aide financière du FMI en raison des contraintes trop importantes que le plan d’aide impose. La Grèce se serait, toujours selon des rumeurs parues dans la presse, tournée vers les marchés financiers américains pour chercher des financements moins coûteux… D’autres rumeurs parues dans la presse font également état que le déficit public de la Grèce en 2009 allait être revu en hausse à 13.5%, voire 14.3% selon un scenario plus pessimiste. La méfiance des investisseurs vis-à-vis de la Grèce a été poussée à son paroxysme cette semaine puisque le rendement des obligations grecques à 10 ans à atteint le niveau record de 7.43%, soit un niveau jamais atteint depuis l’adoption de l’euro par ce pays en 2001. L’écart entre les emprunts d’Etat grecs et les obligations souveraines allemandes (qui font référence en Europe) a atteint 456 points de base, soit 4.56% ! En somme, cela revient à dire que la Grèce emprunte sur les marchés à un prix deux fois plus élevé que l’Allemagne. L’équation pour la Grèce se complique chaque jour davantage puisque si cette dernière doit emprunter l’argent plus cher sur les marchés, cela ruine un peu plus les efforts de rigueur budgétaire entrepris depuis plusieurs mois, le poids de la dette et surtout du coût de cette dernière devenant intenable. Si la tendance se poursuit, la Grèce sera contrainte de revoir son plan de financement et de se tourner vers le FMI ainsi que vers ses partenaires européens qui l’ont assuré de leur soutien.

Sur les marchés actions, le secteur bancaire grec subit de plein fouet cette nouvelle escalade de tension autour de la dette. Hier, l’indice bancaire grec a chuté de 6% alors que la bourse d’Athènes terminait en forte baisse de 3.11%. La contagion s’est propagée au reste de l’Europe et surtout aux valeurs bancaires françaises qui sont les plus exposées en Europe à la dette grecque. A Paris, le CAC 40 a terminé en forte baisse de 1.20% après avoir perdu près de 2% en séance. Si la situation s’accélère, nous pourrions assister, à moindre échelle qu’en 2008, à une nouvelle mini-crise de liquidité dans le secteur bancaire européen, la défiance des investisseurs se propageant à toute allure à d’autres pays en difficulté comme le Portugal ou l’Espagne. Le principal indicateur de cette défiance reste bien entendu le spread, c\'est-à-dire l’écart entre le rendement des emprunts d’Etats de ces pays et celui de l’Allemagne. Un recours de la Grèce au FMI et à ses partenaires européens pourrait avoir comme conséquence une baisse rapide de la tension sur les taux d’emprunt, les investisseurs testant actuellement le seuil de tolérance de la Grèce sur les marchés… Lors de ce « jeudi noir » sur les marchés européens, les Etats-Unis ont apporté leur pierre à l’édifice, annonçant que les demandes d’emplois hebdomadaires avaient bondi à 460 000 alors que le consensus attendait un chiffre nettement inférieur, à 435 000. Les indices américains ont toutefois terminé en hausse après avoir ouvert dans le rouge grâce aux ventes des chaînes de magasins US en forte hausse (9% sur le mois de mars contre 3.7% en février) : le Dow Jones s’est apprécié de 0.27% à 10927 points et le Nasdaq de 0.23% à 2436 points.

Pour l’instant sur la semaine, le bilan des indices américains est neutre. Le Dow Jones a consolidé entre 10800 et 11 000 points alors que le Nasdaq gagne seulement 0.30% sur 4 jours. La tendance est même négative pour le CAC40 qui, à quelques heures de la clôture, perd 0.50% sur la semaine. Cependant, le rebond des indices européens ce vendredi est une bonne surprise, il démontre, si la tendance reste similaire jusqu’à ce soir, que les investisseurs ont déjà intégré dans les cours toutes les informations négatives envoyées par la Grèce. Dans ce contexte, cela signifie que le marché est plus guidé par des facteurs techniques que par des facteurs fondamentaux et un nouveau test des plus hauts annuels sur le CAC40 n’est pas à exclure dans les jours qui viennent…

Sur le marché du Forex, la semaine a été marquée par le statu quo des taux directeurs des Banques Centrales européenne (BCE) et anglaise (BoE) et par la situation budgétaire de la Grèce qui reste toujours très préoccupante. Du côté des annonces macroéconomiques, celles-ci ont eu un impact relativement peu important en raison de la faiblesse de leur pertinence.

Après le week-end pascal, on a assisté à une dépréciation de l’euro face au dollar dans un climat de méfiance à l’égard des monnaies dites risquées. Les opérateurs ont été refroidis dans leur appétit pour le risque en raison de la crainte de plus en plus prononcée qu’aura la Grèce à lever des fonds suffisamment significatifs pour payer sa dette. C’est pourquoi le cours de l’euro-dollar a chuté en début de semaine jusqu’à l’intervention du président de la BCE (jeudi). La monnaie unique a perdu près de 220 pips passant d’une cotation de 1.3500$ à 1.3282$ jeudi à 10h (plus bas de la semaine). Toutefois, le discours du président de la BCE a été fortement suivi par les investisseurs hier. M. Trichet a déclaré poursuivre la politique des taux bas soit 1.00% dans la zone Euro pour relancer la croissance et résorber au plus vite le chômage en Europe. D’autre part le fait marquant fut ses propos sur le plan d’aide à Athènes. Il a affirmé que « la Grèce était capable de réduire son déficit » et qu’elle avait déjà commencé à employer les mesures fortes. Ainsi, après cette annonce, l’euro a rebondi face au dollar pour se diriger actuellement (vendredi 09/04 à 11h) à 1.3410$. La monnaie unique se reprend donc face au billet vert mais reste sous le feu de la situation budgétaire de la Grèce. En effet, tous les détails du plan d’aide n’ont pas été clairement mis en exergue. Les analystes se demandent dans quelles mesures le plan d’aide sera mis en place et à quel taux d’intérêt.

Côté nippon, l’euro a suivi le même trend hebdomadaire face au yen. La monnaie unique a entamé une baisse de plus de 400 pips par rapport au yen. Lundi, l’EUR/JPY cotait à 127.70 pour toucher un plus bas à 123.40 yens. Mais dès l’intervention de Trichet hier l’euro s’est renforcé pour revenir à 125.60 yens.

Outre-manche, la BoE a également laissé inchangé les taux directeurs à 0.50% en indiquant que ce n’était pas le moment de procéder à un redressement des taux. Côté monétaire, la livre a cependant mieux résisté que l’euro face au dollar. A l’instar des chiffres macroéconomiques anglais ressortis cette semaine (PIB à 0.4%, et production manufacturière en hausse de 1.3%) la livre a évolué dans un range compris entre 1.5130$ et 1.5320$. Aujourd’hui, le câble parvient même à casser ce canal en se traitant en ce moment en hausse à 1.5365$. Face au yen, la livre refait son retard et retrouve quasiment son niveau de lundi à 144.10 yens.

Sur le marché des matières premières, on assiste actuellement à la montée des matières premières de manière générale. L’or continue de s’apprécier fortement à 1155$ l’once. Le cours devrait très certainement retrouvé la semaine prochaine son niveau de mi-janvier à 1161$. Concernant le pétrole, le prix du baril se traite à 86.15$ après avoir consolidé autour des 87$. Les réserves de pétrole dévoilées mercredi dernier à 2 millions de barils ont été supérieures au consensus établi à 1 million. Le cours de baril pourrait avoir testé son plus haut sur le premier semestre 2010.

La semaine prochaine nous surveillerons les chiffres macroéconomiques de premier ordre à l’image de la balance commerciale aux Etats-Unis attendue mardi, les ventes de détail US et le discours de Bernanke mercredi. Jeudi, nous connaîtrons le PIB chinois et le niveau de l’emploi US. Enfin, nous terminerons la semaine par le sentiment de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan.

Trade de la semaine : Long AUD/JPY (suite)

On reprend ici le trade proposé la semaine dernière. Entre temps, la banque d’Australie a bien augmenté son principal taux directeur de 0.25 point et les chiffres sur l’emploi australien se sont avérés très rassurants, proche d’une situation de plein emploi. Par ailleurs, les indices se reprennent bien depuis hier ce qui contribue à la dépréciation du yen contre les devises plus rémunératrices. Rappel : Achat sur repli à 86.00. On remonte le stop de 50 pips à 85.20. Objectif à 90.00. A noter que la hausse rapide de 150 pips pourrait donner lieu à un léger repli technique (voir RSI sur le graphique) avant que le trend haussier ne prenne le dessus.

Cours de l’AUD/JPY sur une semaine

graphique

Source: Saxo Banque

Agenda économique : semaine du 12 Avril 2010

HEURE PAYS STATISTIQUES / EVENEMENTS
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
LUNDI 12 AVRIL
01:50 Japon JPY - Masse Monétaire M3 Mars 2.0% 2.0% ***
14:15 Canada CAD - Mises en chantier Mars 200.0K 196.7K *****
20:00 États-Unis USA - Rapport Budget mensuel Mars -$105.0B -$191.6B ****
MARDI 13 AVRIL
08:00 [Zone Euro] EUR - Indice des Prix à la Consommation Allemagne Mars 0.5% 0.5% ***
08:45 [Zone Euro] EUR - Indice des Prix à la Consommation France Mars - 0.6% ***
10:30 Royaume Uni GBP - Solde de la balance commerciale Février -£2900 -£3768 ****
14:30 États-Unis USA - Balance Commerciale Février -$39.0B -$37.3B *****
16:00 États-Unis USA - Indice sur l'optimisme dans l'économie Etats-Unis Avril 47.5 45.4 ****
MERCREDI 14 AVRIL
11:00 [Zone Euro] EUR - Production Industrielle Zone Euro Février 0.3% 1.7% ****
14:30 États-Unis USA - Indice des Prix à la Consommation Mars 0.1% 0.0% *****
14:30 États-Unis USA - Ventes au détail hors autos Mars 0.5% 0.8% *****
16:00 États-Unis USA - Stocks des entreprises Février 0.3% 0.0% ***
20:00 États-Unis USA - Beige Book de la Fed Avril 14 - - ****
JEUDI 15 AVRIL
04:00 Chine CNY - Ventes au Détail Chine Mars 18.0% 22.1% ***
11:00 [Zone Euro] EUR - Balance Commerciale Zone Euro Février -1.4B -8.9B ***
14:30 États-Unis USA - Nouvelles demandes d'allocations chômage Avril 10 440K 460K *****
14:30 États-Unis USA - Indice manufacturier Empire State Avril 24.00 22.86 ****
15:00 États-Unis USA - Flux TIC Février - -£33.4B *****
15:15 États-Unis USA - Production Industrielle Mars 0.6% 0.1% ****
15:15 États-Unis USA - Indice sur l'utilisation des capacités Mars 73.3% 72.7% ****
16:00 États-Unis USA - Indice de la Fed de Philadelphie Avril 20.0 18.9 *****
VENDREDI 16 AVRIL
11:00 [Zone Euro] EUR - Indice des Prix à la Consommation Zone Euro Mars 0.9% 0.3% ****
14:30 États-Unis USA - Mises en chantier Mars 6.1% -5.9% *****
14:30 États-Unis USA - Permis de construire Février -2.2% -1.6% ***
15:55 États-Unis USA - Indice de Confiance Université de Michigan Avril 75.0 73.6 *****
Degré de pertinence pour les marchés: ***** Très forte **** Forte / Moyenne à Forte *** Moyenne

(Source : Forex et CFD avec Saxo Banque)

 

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